‹ Les droits de l'humanitéChapitre 38 sur 74 · LA LOI ET LES MŒURS · texte numérisé non relu

LA LOI ET LES MŒURS

sévères envers leurs pénitents? car sur ce sujet des mœurs il ne semble pas que les gentilshommes du parti catholique se distinguent bien profondément des bourgeois libres-penseurs.

Le contre-coup des abus sexuels sur les mœurs financières et politiques n'est pas difficile à discerner. La maîtresse est une conseillère dangereuse aussi bien qu*un luxe ruineux. Il y a là des causes profondes de déchéance et de prostration. Tant que les lois d'un grand pays ne respecteront pas les droits de la femme et ne reconnaîtront pas les devoirs de la paternité, tant qu'elles sacrifieront la justice aux intérêts de la luxure et prêteront leurs fictions à lui servir de rideau, le relèvement de ce pays et sa force de résistance resteront bien équivoques, et les plus éclatantes merveilles de l'industrie n'abuseront pas les esprits réfléchis sur la gangrène dont il est miné.

14i DROIT DE FAMILLE

Nous n'oublions point qu'entre les classes où le mariage légal n'existe plus et celles où le mariage n'est qu'un manteau, il en est une, bien assise et fort importante, où il est généralement respecté et où la mère de famille est vraiment maîtresse dans sa maison. Dans la vieille bourgeoisie lettrée et commerçante, la vie conjugale est d'autant plus décente et plus régulière que les hommes sont plus libres de s'en tenir éloignés et qu'ils n'y entrent généralement qu'après avoir jeté leur gourme et s'être fait une raison. La politesse acquise, la bienveillance naturelle, l'esprit et le bon sens de la femme française font le reste; et telle union débattue entre notaires comme un marché, pourrait servir d'exemple à maint pays où les futurs époux ont plus de facilités pour se bien connaître et où les sentiments tiennent plus de place dans leurs déterminations. En dépit des mauvais spectacles, des mauvais journaux, des mauvais livres

Page 1