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RAISON DE L'ERREUR COLLECTIVISTE

doive disparaître dans l'ordre vrai, ceux-là seuls peuvent l'avancer qui sont restés étrangers à la conception morale de notre existence. Tarir les sources permanentes du paupérisme est le but supérieur d'une libéralité bien comprise ; mais prétendre assurer le bien-être de tous par la contrainte serait un but condamnable, même s'il pouvait être atteint, car un tel succès condamnerait à l'atrophie ce qui reste de meilleur en nous.

Le collectivisme dans la production matérielle est le juste pendant, l'aboutissement logique de l'Etat providence, de l'Eglise infaillible, du compeUe intrare de Rome et d'ailleurs, de tous les systèmes qui pensent asseoir l'ordre autrement que sur la liberté; c'est l'expression, économique d'une idée étroite qui a dégradé la vie intellectuelle, morale et religieuse, et qu'on n'aurait pas essayé d'appliquer au domaine économique si elle n'avait pas atteint préalablement la cons-

cience: l'idée que la fin sanctifie les moyens, plus précisément que le résultat extérieur, matériel est la principale affaire, et les mobiles de l'action, la condition morale des agents un objet accessoire, pour ne pas dire indifférent. Le contraire est la vérité : la valeur intrinsèque des individus est ce qui importe avant tout. Les hommes sont solidaires, le genre humain tend à l'unité ; mais l'unité de l'être moral ne peut être obtenue que par la liberté des éléments qui le constituent. Le collectivisme, lui aussi, fait sans doute à sa manière la part de la personne et la part de la communauté. Il ne fait pas absolument fi des dispositions intérieures, mais il suppose arbitrairement qu'un changement d'organisation suffira pour les réformer; il nous paraît bien plus probable que l'égoïsme persistant rendrait l'organisation collective impossible ou désastreuse, tandis que la guérison des volontés produirait d'elle-même la santé du corps social.

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