‹ Les droits de l'humanitéChapitre 47 sur 74 · L'HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

L'HÉRÉDITÉ

La propriété personnelle est inséparable de la liberté, dont elle forme un élément. Si je suis libre de faire, je suis maître de ce que j'ai fait. Ceux qui demandent l'abolition de la propriété privée sous prétexte qu'elle va permettre à quelques-uns d'en employer d'autres à leur service, s'inspirent du sage qui, pour éviter une ondée, allait se plonger dans le torrent. Par respect pour la liberté d'une partie, ils enlèvent à tout le monde jusqu'à la possibilité de jamais acquérir ce bien inestimable. Ou plu-

tôt ils n'en ont jamais eu souci, de la liberté, ils ne comprennent pas que la liberté c'est l'homme lui-même, et que le monde est dépourvu de sens et de toute valeur quelconque, s'il n'a pour objet de former des hommes. Pour eux, ils se contenteraient de nourrir des animaux, et certainement ils réduiraient leur bétail à la portion congrue; mais nous l'avons déjà dit trop souvent et ce n'est plus le moment de le démontrer. Il s'agit de droit.

J'ai droit à mon œuvre, je puis la consommer et la détruire, je puis la conserver, je puis l'échanger, je puis la donner. Mon droit va-t-il jusqu'à la transmettre à titre gratuit après en avoir joui toute ma vie, ou l'hérédité testamentaire n'est-elle qu'une faveur de l'Etat ?

Cette question est assez délicate. A première vue il paraît absurde qu'un mort

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