‹ Les droits de l'humanitéChapitre 53 sur 74 · LK SALARIAT · texte numérisé non relu

LK SALARIAT

vrelé ne tient pas à des nécessité* naturelles ; il reste en friche des terres fertiles pour un assez long avenir, et si les moissons de nos vieux pays ne suffisent plus à nourrir tous leurs habitants, nous pourrions créer des valeurs d'échange en quantités illimitées ; sans parler de l'émigration, qui n'offre aux lieux surpeuplés qu'un soulagement de courte durée. Ce qui arrête la production, c'est le défaut de consommateurs, e^ l'impuissance du grand nombre à consommer tient à la mauvaise distribution des ressources.

Pour imparfaite que puisse être chez nous la répartition des biens, et quelques inconvénients qu'elle entraine, il faudrait bien en prendre son parti si l'on pouvait y voir le simple effet des inégalités naturelles : car l'ordre amené par le jeu de la liberté

dans la paix est Tordre même de la justice, que la charité peut adoucir, mais que nul pouvoir ne saurait entreprendre de changer par voie de contrainte sans renverser son propre fondement. Il n'en est pas ainsi : comme la terre est la source primitive de tous les biens réalisés par le travail, la propriété foncière est l'origine de toutes les propriétés. Ainsi que nous l'avons rappelé dans le précédent chapitre, cette appropriation remonte au partage du territoire effectué par le souverain, d'où résulte une première inégalité dont l'autorité publique est responsable. Politique à l'origine aussi bien qu'économique, l'inégalité de richesse a perdu maintenant ce premier caractère, mais elle s'était aggravée et consolidée par l'effet des lois qui ont transformé la possession des domaines à titre onéreux en propriété franche et perpétuelle entre les mains des bénéficiaires. En donnant aux fortunes une assiette ferme, la propriété

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