‹ Les droits de l'humanitéChapitre 55 sur 74 · RÉPARTIT! UN DES BIENS · texte numérisé non relu

RÉPARTIT! UN DES BIENS

vail de ceux dont il le tient et ne garantissant pas autre chose. Bien qu'on affecte de dire qu'il n'y a plus de classes, en se fondant sur l'égalité des personnes du même sexe devant la loi, l'existence de multitudes dépourvues de tout avoir constitue bel et bien deux classes; car s'il est généralement assez facile de se ruiner, en revanche, celui qui n'a pour vivre et pour entretenir une famille que le salaire moyen d'un simple ouvrier ne peut qu'à la faveur de dons très exceptionnels atteindre une position différente, tellement que sans un secours extérieur il manquerait du strict nécessaire dès que l'âge ou la maladie le priveraient de son gain journalier. Le but de l'industriel est la fortune et le plus souvent il l'atteint en quelque mesure, preuve en soit l'accroissement régulier de' l'avoir collectif. Après dix ans, quinze ans, vingt ans de travail, il passe la main à d'autres et consacre désormais son loisir à suivre ses goûts. Son ou-

vrier entre à huit ou neuf ans dans un travail qu'il poursuivra jusqu'à la tombe, sans autre plaisir ni but que de boire et de procréer des ouvriers pour un avenir pareil au sien

Ce sont bien deux classes, et le mal, au fond, n'est point là Le mal est que la seconde, de beaucoup la plus nombreuse, ne se trouve pas dans des conditions compatibles avec le développement de l'humanité. Peutêtre même, en y regardant avec attention, découvrirait-on qu'il faut en dire autant de la première. Il y a beaucoup de maux inévitables dans ce monde; mais rien ne prouve que celui-ci soit inévitable, et ce n'est qu'à titre de mal inévitable qu'on pourrait envi-

1 Un négociant considérable de Liverpool disait récemment à l'auteur que la moitié des fabricants du Llfincashire étaient d'anciens ouvriers. Ce fait intéressant prouverait peut-être qu'un ouvrier sur mille s'élève au-dessus de sa condition première, ce qui ne change pas notre conclusion.

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