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DEVOIRS DE L'ÉTAT ENVERS LE SALARIAT

fisants pour leur entretien, si bien que non seulement la part économisée des salaires déjà payés rentre dans le gousset du patron, mais que la condition des camarades s'en trouve empirée. Pour acquérir une valeur certaine et contribuer à la réforme sociale, l'épargne devrait être universelle. Dans une conférence faite à Lausanne au mois de janvier 1890, un architecte, entrepreneur en bâtiments, M. Elie Guinand, a proposé de la rendre obligatoire et naturellement d'en remettre le soin au patron, qui ne pourrait payer une partie du salaire quotidien qu'en bons nominatifs portant intérêt et remboursables seulement dans des circonstances déterminées. La constitution forcée d'un semblable capital pourrait sans doute être utile, surtout en stimulant l'épargne volontaire, mais aussi bien que la journée normale et pour les mêmes raisons, l'épargne obligée réclamerait une législation internationale. Son introduction dans une

industrie exposée à la concurrence contraindrait effectivement à réduire d'autant le salaire en espèces, tandis que la mesure universellement adoptée agirait comme une loi de la nature, ainsi qu'un auditeur l'a fort bien dit, et se traduirait par un relèvement des prix de vente. Les assistants paraissaient d'accord pour admettre que l'épargne d'office aurait du bon si tous les Etats pouvaient s'entendre pour l'ordonner, mais qu'un tel espoir était chimérique. Cependant un accord international sur ce point semblerait moins difficile que sur la durée du travail, parce qu'il n'intéresserait pas aussi directement la concurrence, et la réunion d'une Conférence diplomatique pour régler cette durée semblait prête à récompenser la persévérance du gouvernement suisse à la réclamer. Coïncidence bizarre : c'est le lendemain du jour où pour la première fois on avait émis l'idée de proposer ce nouvel objet à la délibération collective

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