‹ Les droits de l'humanitéChapitre 71 sur 74 · ARBITRAGE · texte numérisé non relu

ARBITRAGE

jets de minime importance, comme ce différend entre l'Espagne et l'empire allemand au sujet des Garolines, où le grand chancelier s'est fait pardonner tant de choses et s'est acquis le cœur du Saint-Père à si bon marché — ou bien quand l'une des parties sentant son tort et trouvant, du péril à le soutenir, cherche un manteau décent pour couvrir sa défaite, ainsi la fière et puissante Angleterre dans la question de l'Alabama. Mais eût-on promis de soumettre ses litiges à l'arbitrage, lorsqu'on croit plus avantageux d'avoir recours cà la force, de telles déclarations générales sont vite oubliées. Les bonnes paroles échangées à Paris en 1856 ne gênèrent ni la France ni l'Allemagne en 1870. Depuis que les lignes précédentes ont été écrites, l'Angleterre a fourni par sa conduite vis-à-vis du Portugal un nouvel exemple de la valeur qu'il faut attacher à de telles assurances. C'est qu'aussi entre le Portugal et les Etats-Unis encore

armés et frémissants, la différence est considérable !

Il s'agirait aujourd'hui d'engagements précis et fermes entre des Etats qui, renonçant sérieusement à disposer des populations sans leur congé, n'envisageraient plus la guerre ni comme une procédure équitable et comme une source de profits légitimes, ni comme un moyen de gouvernement. Provoquer de telles conventions est l'objet principal des sociétés pour la paix, sur le compte desquelles on peut s'égayer à bon marché, mais dont la cause n'est pas moins chère au cœur des peuples.

Dans son vingt-troisième congrès, tenu à Paris le 1er juillet 1889, la Ligue de la paix et de la liberté déclare « que la négociation » et la conclusion de traités permanents » par lesquels, sous la garantie préalable )) et réciproque de la plénitude de leur au- » tonomie et de leur souveraineté, deux ou » plusieurs peuples s'engageraient à sou-

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