‹ Les droits de la pensée; questions de presse: 1830-1864Chapitre 128 sur 156 · IMPUISSANCE ET IMPUNITÉ DE LA PRESSE · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE ET IMPUNITÉ DE LA PRESSE

au Rio acteur en CHEF du journal la Gironde.

27 novembre 4&B&

« Monsieur,

» Je trouve dans le numéro du 26 novembre de la Gironde une correspondance que vous me permettrez de qualifier de mal informée.

» Il n'y a pas un mot de vrai dans les détails qu'elle donne sur les projets qu'elle m'attribue relativement à la Presse, « projets gigantesques ». Je ne me suis pas plus occupé de la Presse jusqu'à ce jour, et je ne m'en occupe pas plus que si M. Peyrat n'avait point donné sa démission, à laquelle je suis resté absolument étranger. Si le nouveau rédacteur en chef, M. Rouy, a besoin de mon concours, il me le demandera, et j'en réglerai amicalement la mesure avec lui ; si ce concours ne lui est pas nécessaire, je lui saurai gré de ne point me le demander, car il se peut que votre correspondant ait raison quand il vous écrit que « je ne suis plus qu'un burgrave et que je ne suis pas l'homme qu'il faut ». Tous ceux qui m'approchent savent que je suis plus

3ue personne disposé à le croire ; aussi n'ai-je aucun désir e grossir d'un atome ce tourbillon d'opinions confuses, d'affirmations opposées et d'informations contradictoires, qui n'est que poussière emportée chaque jour par l'oubli : car le journalisme, qui s'imagine qu'il est un pouvoir, se trompe ; il n'est qu'un tourbillon qui tournoie sur lui-même. A quoi sert de s'abuser? à quoi sert de s'attribuer une puissance imaginaire, sinon h se faire persécuter? Avec celle idée que j'ai du journalisme , vous comprendrez , monsieur, que je n'aie ni hâte ni besoin d'en faire.

» Recevez, etc.

» ÊBILB DE G1RARDIN. »

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