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ridée que l'on s'est faite de son caractère, elle devient dangereuse à proportion' de 1 ignorance du peuple ; et, pour lors, un citoyen est toujours en danger, parce que la meilleure conduite du monde, la morale la plus pure, la pratique de tous les devoirs ne sont pas des garants contre les soupçons de ces crimes.
» Sous Manuel Goranène, le protestator * fut accusé d'avoir conspiré contre l'empereur, et de s'être servi pour cela de certains secrets qui rendent les hommes invisibles. Il est dit, dans la vie de cet empereur i, que Ton surprit Àaron lisant un livre de Salomon, dont la lecture faisait paraître des légions de démons. Or, en supposant dans la magie une puissance qui arme l'enfer et en partant de là on regarde celui que l'on appelle magicien comme l'homme du monde le plus propre a troubler et à renverser la société, et Ton est porté à le punir sans mesure.
» L'indignation croît lorsque Ton met dans la magie le pouvoir de détruire la religion. L'histoire de Constantinople nous * apprend que, sur la révélation qu'avait eue un évêque, qu'un miracle avait cessé à cause de la magie d un particulier, lui et son fils furent condamnés
miracle eût cesse, qu'il y eût de la magie, que la maçie pût renverser la religion ; que ce particulier fût magicien , qu'il eût fait enfin cet acte de magie...
» L'empereur Théodore Lascaris attribuait sa maladie à la magie. Ceux qui en étaient accusés n'avaient d'autres ressources que de manier un fer chaud sans se brûler. 11 aurait été bon, chez les Grecs, d'être magicien pour se justifier de la magie. Tel était l'excès de leur idiotisme, qu'au crime du monde le plus incertain ils joignaient les preuves les plus incertaines.
» Sous le règne de Philippe le Long, les juifs furent chassés de France, accusés d'avoir empoisonné les fontaines par le moyen des lépreux. Cette absurde accusation doit bien faire douter de toutes celles qui sont fondées sur la haine publique.
» Je n'ai point dit ici qu'il ne fallait point punir l'hérésie; je dis qu'il faut être très-circonspect à la punir, »
Eh bien , ce que n'a pas osé dire Montesquieu en 1748, j'ose le dire en 1862 ! J'ose dire que l'hérésie est une erreur, mais qu'elle n'est point un crime ; j'ose dire que la magie est ignorance populaire ou imposture individuelle, mais qu'elle n'est point un crime ! En bien , ce que n'ose pas dire M. Nefftzer dans le journal le Temps, j'ose le dire dans le journal la Presse! J'ose dire que les crimes et délits de la parole parlée, écrite ou imprimée, n'existent pas plus que les crimes de magie et d'hérésie admis par Montesquieu, oubliant dans son livre de V Esprit des lois ce qu'il avait dit dans sa préface :
a Les préjugés des magistrats ont commencé par être les préjugés de la nation. Dans un temps d'ignorance, on n'a aucun doute même
* mcÉTAs, Vie de Manuel Comnène, livre IV. « Ibid.
* Mémoire de f empereur Maurice, par Théophylacte, chapitre xi.
lorsqu'on fait les plus grands maux ; dans un temps de lumière, on tremble encore lorsqu'on fait les plus grands biens. »
L'instruction, devenue plus générale, a fait justice de la magie par l'incrédulité; la tolérance, devenue plus grande, a fait justice de l'hérésie par la liberté. Encore un pas! et l'évidence fera justice de ces prétendus sorciers et de ces aveugles hérétiques qui se nomment journalistes, et (jui veulent absolument, comme M. Nefftzer, qu'on les traduise en police correctionnelle, sur le banc des malfaiteurs et des voleurs, qu'on les y condamne (les journalistes, ne pas confondre) à l'amende et à la prison !
Je le déclare, le goût qu'a M. Nefftzer est un goût que je n'ai pas.
Je n'admets qu'un seul juge de l'erreur. C'est la vérité. Si M. Nefftzer n'est pas de mon avis, cela prouve qu'il est moins avancé qu'avant la mort de Jésus-Christ et qu'au temps des apôtres, que cependant il doit mieux connaître que moi, car il sait l'hébreu que j'ignore.
Jésus-Christ a dit :
« Si j'ai mal parlé, répondez-moi; si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous? »
M. Nefftzer trouve-t-it que ce précepte soit faux? Je continue, car je ne dois laisser sans réponse aucune objection de mon contradicteur qui ajoute :
« Et cette liberté, vaine, stérile et peu fière que vous nous offrez, nous n'en jouirions même pas, par la raison que le jour où elle nous serait donnée, nous cesserions a exister. Si 1 on cessait de croire aux journalistes, il n'y aurait plus de journaux, parce qu'il n'y aurait plus d'abonnés, plus de lecteurs. •
Est-ce que les journaux n'ont pas une autre raison d'être, de subsister, de prospérer, que l'opposition ou l'assistance par lesquelles leurs rédacteurs ont la prétention, les uns de renverser les gouvernements, les autres do les affermir? Est-ce qu'ils ne sont pas, avant tout, un mode économique d'informations ? Sans journaux, comment saurait-on ce qui se passe dans le monde entier? même dans la ville qu'on habite? Les dépêches électriques que chaque journal publie chaque jour coûteraient à chaque abonné, s'il les recevait directement, cent fois plus que le journal ne lui coûte pour toute l'année. Dans un pays où il y a un Parlement, comment, sans journaux, saurait-on ce qu'ont dit les orateurs pour ou contre ? Comment, sans journaux, connaîtrait-on les procès qui se plaident? Comment, sans journaux, connaftraît-on le cours des halles et marchés, lequel intéresse l'agriculture et l'industrie? Comment, enfin, serait-on
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tenu au courant de tout ce qui se fait d'important ou d'utile à tous les étages de la société en tout pays T Le pays où l'on croit le moins aux journaux, considérés comme exerçant l'apostolat de l'idée, c'est le pays où il y a le plus de journaux : c'est l'Amérique du Nord. Ce qu'on y estime avant tout, c'est le journal le plus rapidement et le plus exactement informé. Bien rédigé ne passe qu'après Bien informé. Je voudrais bien savoir quelle est l'opinion du Times, démentant le lendemain celle qu'il a émise la veille, lorsqu'il ne donne pas le même jour et souvent dans la même page les deux opinions opposées 1 S'il est un journal qu'on puisse, surtout en raison du titre qu'il porte, exactement comparer à un baromètre, assurément c'est le Times. Le baromètre n'est pas plus variable que le Times, et peut-être est-ce là même ce qui fait sa valeur et son succès 1 Son mérite, c'est de n'être pas le journal exprimant l'opinion personnelle du journaliste, ce journaliste se nommant M. Delaine, mais d'être la colonne de mercure montant ou descendant sous la pression de l'atmosphère politique, ou, si l'on préfère une autre image, d'être la plaque typographique photographiant chaque jour John Bull dans la Cité.
J'engage le rédacteur du Temps à m'opposer d'autres objections qui portent plus juste.
M. Nefltier avoue que le journalisme n'est pas un sacerdoce et que j'ai raison de faire justice de cette métaphore usée; mais, avant qu'elle fût usée, elle a longuement et fréquemment servi. Pourquoi s'est -elle usée? parce qu'elle était une erreur ; elle ne se fût pas usée si elle eût été une vérité. Bien d'autres erreurs en matière de journalisme s'useront encore, j'en suis certain. En tout cas, je donne à M. Nefftzer acte de son aveu. Je saurai que désormais je n'aurai plus devant moi un pontife, mais seulement un procureur impérial prêt à requérir contre les crimes et les délits de la presse.
H. Nefftzer travestit — oh I certainement, à son insu et involontairement — ma pensée, quand il me prête ces paroles adressées aux journalistes : « Soyez discrédités et vous serez libres ! »
La liberté n'a jamais discrédité ceux qui l'avaient obtenue. Je dis aux journalistes : D'abord, soyez libres I Ensuite, ayez du talent, si vous voulez qu'on vous recherche pour votre talent. Ayez de l'honneur, si vous voulez être honorés; Ne changez pas Ja vérité en mensonge, si vous voulez qu'en vous on respecte la vérité.
Mais rien de cela n'est une exception s'appliquant aux
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journalistes. Cela est aussi applicable h l'artisan qu'à l'artiste, et à l'artiste qu'au journaliste.
M. Nefftzer termine la réponse qu'il m'adresse en me citant devant une foule de tribunaux. Je n'en récuse aucun, je les accepte tous ; mais me condamnassent-ils, qu'est-ce que cela prouverait ?
Est-ce que la vérité n'a pas été condamnée, empoisonnée, crucifiée, torturée, écartelée, brûlée, humiliée, conspuée, emprisonnée en la personne des plus grands penseurs et des plus grands savants, avant d'avoir été tardivement reconnue ?
Qui avait tort ? Était-ce l'ignorance, ou était-ce la vérité ?
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M. Frédéric Morin s'unit, contre moi, à MM. Nefftzer et de la Guéronnière; il n'admet pas l'impuissance du journalisme.
Je lui réponds :
Vous êtes un contradicteur sérieux, qui faites ce que je fais, qui voulez vous rendre compte par la contradiction de la justesse de votre idée, opposée à la mienne, justesse qui ne peut se vérifier que de deux façons : par l'application ou par la discussion.
Comme il ne nous est donné ni h vous ni à moi de faire la preuve par l'application, discutons donc, mais discutons strictement.
Ne mêlons au débat rien qui lui soit étranger; laissons à l'écart Descartes, Newton, Leibnitz, Kant, Vaninij qui n'étaient pas journalistes, que je sache, et qui n'ont rien à dire en cette controverse. Que l'un ne fausse point la pensée de l'autre en l'exagérant 1 Ne me supposez point pour les opinions individuelles, un dédain que je n'ai jamais eu, que je n'aurai jamais. Toute opinion, fondée ounon, qui a commencé par être individuelle, devient forcément, inévitablement collective, car il ne saurait y avoir sur une question, quelle qu'elle soit, autant d'opinions qu'il y a de personnes. Vous représentez tous ceux qui pensent comme vous; je représente tous ceux qui pensent comme moi. Ceux qui pensent comme vous — je le reconnais spontanément, sans qu'il m'en coûte rien de l'avouer — forment l'immense majorité ; ceux qui pensent comme moi sont en imperceptible minorité. Mais de ce qu'une opinion est partagée par un plus grand
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nombre de personnes que l'opinion contraire, il ne s'ensuit pas nécessairement, vous me l'accorderez, qu'elle soit plus juste. Celui qui découvre une vérité, même une vérité à laquelle le monde entier se ralliera, est d'abord seul. Toute opinion collective commence donc par être individuelle, comme toute opinion individuelle finit par être collective. C'est une loi qui n'a pas attendu pour exister que Gutenberg eût inventé l'imprimerie, et que l'imprimerie eût donné naissance au journalisme. Si les journaux eussent existé au temps de Galilée, on ne manquerait point de me dire que c'est grâce à eux que le monde doit de connaître que la terre tourne. Avant que les journaux existassent, la vérité, qui commence toujours par être niée, faisait son chemin. Depuis que les journaux existent, le fait-elle plus rapidement ?
Sans contredit, le manuscrit va où la parole ne pourrait aller ; le livre se multiplie plus rapidement que le manuscrit, et le journal se multiplie plus rapidement que le livre. Ce sont là des faits; il faudrait ne pas avoir d'yeux, ne pas avoir de bonne foi pour les nier. Mais si ie reconnais que le journal est un mode de circulation des idées plus rapide que le livre, vous ne pourrez pas contester que ce mode de circulation ne soit au service de l'erreur aussi bien qu'au service de la vérité. Il n'est pas exclusif. Il n'y a point de douanier qui arrête l'erreur et qui lui dise : Vous n'êtes pas la vérité, vous êtes l'erreur; vous êtes prohibée, on n'entre pas. La vérité étant une, et l'erreur étant innombrable , je pourrais soutenir que le journalisme, mode de circulation plus rapide, est plus profitable à l'erreur qu'à la vérité; mais si l'erreur a pour elle l'avantage du nombre, la vérité a pour elle l'avantage de l'évidence. J'admets que les deux avantages se compensent, qu'ils s'équilibrent.
Supposez un levier si long, si puissant que vous le voudrez; attachez à ses deux extrémités deux poids égaux, l'un sur lequel il y aura écrit : le pour, l'autre sur lequel il y aura écrit : le contre. Qu'aurez-vous fait? vous aurez fait l'équilibre, c'est-à-dire l'immobilité. Que sera devenue la puissance du levier ? Cette imaçe est celle du journalisme. Je ne suis qu'un chercheur; je n'ai pas d'autre mérite. Partout je cherche la puissance du journalisme, je ne la trouve nulle part. Partout au contraire son impuissance est manifeste. Vous qui la niez, regardez donc ce qui se passe aux États-Unis, ou, dès qu'un nouveau village se fonde, un journal y est publié. On comptait en 1850, dans les Etats fibres, 1,790 journaux, dont le tirage s'élevait
annuellement à 335 millions d'exemplaires; on comptait dans les États à esclaves 704 journaux dont le tirage annuel était de 81 millions d'exemplaires. Qu'ont fait ces 'innombrables journaux? Ont-ils converti les propriétaires d'esclaves? les ont-ils seulement ébranlés? Ont-ils aboli l'esclavage? l'ont-ils seulement entamé? Ont-ils empêché que la question de l'abolition de l'esclavage se posât à la bouche des canons, se vidât la baïonnette au bout du fusil, se cuirassât sous les noms de Merrimac et de Monitor, et se noyât dans des fleuves de sang ? Cependant, s'il y avait une question où la puissance du journalisme dût être décisive, assurément c'était celle-là, car le journalisme avait pour auxiliaires la religion dans un pays religieux et la liberté dans un pays libre 1 II avait pour appui toute l'humanité ! Il avait pour écho toute la presse européenne 1 11 avait pour rempart l'autorité de tous les penseurs 1 II avait enfin pour étendard le nom du fondateur de l'Union américaine, le nom glorieux de Washington ! Tout cela réuni n'a rien fait, absolument rien. Telle a été l'impuissance du journalisme, qu'il n'a pas même pu se protéger I Le Courrier des États-Unis, le 31 août 1862, rapportait que, depuis le 8 août, il n'y avait pas eu moins do dix-sept journaux supprimés, soit par les magistrats, soit par l'émeute, qui avait brûlé les matériels d'imprimerie et maltraité les rédacteurs. Le directeur du Démocrate avait été enduit de goudron, emplumé et promené sur un poteau jusqu'à ce qu'il eût promis de ne plus écrire en faveur des séparatistes.
En France et partout ailleurs, le journalisme a-t-il jamais eu la puissance d'empêcher les lois faites contre lui, les attentats commis sur lui ? Sous le Directoire, la veille du 18 fructidor an V, alors qu'aucune condition n'était imposée aux journaux, alors que le nombre en était considérable, le journalisme a-t-il pu empêcher que les propriétaires, éditeurs et rédacteurs de quarante-deux journaux fussent condamnés à la déportation? En 1848, alors que quiconque voulant faire un journal en pouvait faire un, le journalisme a-t-il pu empêcher qu'on supprimât en masse une multitude de journaux? Je suppose que si le journalisme était une puissance, le premier usage qu'il ferait de sa puissance serait de se protéger. 6e serait une puissance démontrée
Kr elle-même. Mais c'est le contraire qui a lieu. C'est ^puissance du journalisme qui est démontrée par toutes les restrictions qui sont les anneaux de sa chaîne, par toutes les condamnations dont il porte la marque. Votre erreur provient de ce que vous confondez ce qui
doit être distingué, de ce que vous prenez le contenant pour le contenu.
Vous confondez la vérité, qui est le contenu, avec le journalisme, qui est le contenant.
Parce qu'une vérité aura trouvé place dans un journal, en sera-t-elle pour cela frappée de stérilité? Non. — Parce qu'une découverte scientifique aura été mentionnée dans un journal, en sera-t-elle pour cela convertie en découverte vaine? Non. — Mais si cette vérité triomphe, ce sera à elle-même qu'elle le devra, parce qu'elle aura été la vérité et non parce qu'elle aura été le journalisme. Si cette découverte scientifique passe de la région des idées dans la région des faits, ce sera parce qu'elle aura été la science et non parce qu'elle aura été le journalisme.
Le journalisme est un progrès de la parole imprimée, voilà tout ce que je puis vous accorder; malheureusement, ce progrès n'ajoute rien à la puissance de la vérité ; il n'en accélère même pas le triomphe, toujours assuré, mais toujours tardif.
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VOpinion nationale effleure en ces termes la question :
a M. de Girardin est en ce moment occupé à établir que la presse doit être libre parce qu'elle est sans puissance, d'où il 6uit crue si ce célèbre écrivain parvient à faire partager son opinion au public, qui jusqu'ici a cru le contraire, il se trouvera condamné par son propre succès : l'impuissance du journal démontrée par la puissance ae dialectique du journalisme 1 0 mystère insondable de la raison humaine 1 C'est pour les faibles d'esprit que M. de Girardin a inventé sa nouvelle théorie. — Pourquoi craindre le journalisme? Ce n'est rien ; moins que rien. Approchez et touchez vous-mêmes I — On ne s'y prend pas autrement pour familiariser les marmots et les sauvages avec les objets nouveaux qui les épouvantent. A dire vrai, et sans mâcher les mots, nous sommes de grands enfants qui n'osons quitter les lisières. De temps en temps, nous hasardons bien une échappée violente ; mais, au moindre cahot, nous retournons vite à la lisière, quitte à en médire quand la frayeur sera passée. »
V Opinion nationale a raison; oui, c'est pour les faibles d'esprit que nous insistons aussi souvent que nous le faisons sur la parfaite innocuité. de la liberté de la presse.
De l'aveu de tous les médecins, les malades les plus difficiles à guérir, ce sont les malades imaginaires. Ce qui est vrai pour les malades imaginaires l'est également pour les journalistes, ces puissants imaginaires. Il sera difficile,4 très-difficile de les convaincre que la puissance qu'ils se*
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croient n'existe que dans leur imagination et que dans la peur qu'ils font.
Dans un autre article, intitulé : les purs st lis impurs, le rédacteur en chef de V Opinion nationale raconte que la rédaction du Courrier du Dimanche, h l'exemple des Etats- Unis, s'est divisée en Etats du Nord et en Etats du Sud, ceux-ci mitraillant ceux-là : d'un côté, MM. Wciss, Prévost- Paradol, Assollant, Villetardet Isambert; de l'autre côté, MM. Eugène Pelle tan, Frédéric Morin, Gustave Chaudey et Lapp. A cette occasion, M. Guéroult rappelle en ces termes, à la nouvelle rédaction du Courrier du Dimanche, l'excommunication dont il fut lui-môme l'objet de la part de l'ancienne :
« 11 vous traite précisément aujourd'hui comme vous nous traitiez alors. Nous ne sommes pas morts de vos blessures ; espérons que vous ne mourrez pas des siennes. »
Si les blessés de la presse ne s'en portent que mieux; si les morts restés la veille sur le champ de bataille du journalisme n'en sont que plus vivants le lendemain, en quoi donc consiste la puissance de la presse et le danger du journalisme? Je le demande à M. Guéroult, après l'aveu
[>ublic et solennel qu'il vient de faire et qui est acquis à 'opinion que je soutiens.
42 décembre 4868.
Raconter amplement est, h ce qu'il paraît, plus facile que de discuter strictement. Le rédacteur en chef du Temps met fin à une discussion, oui sans doute l'embarrassait, par une narration à laquelle manque la pièce la plus importante, la défense de M. Nefftzer, prononcée par luimême, telle qu'elle se trouve imprimée dans la Presse du 19 novembre 1850 '. Le débat finit donc de lui-môme,
* Messieurs les jurés,
La citation le dit expressément : il s'agit d'une question de bonne foi. C'est ce qui vous explique pourquoi je parais devant vous sans défenseur.
Pour défenseur Pai ma conscience, pour juge j'ai la vôtre.
Je ne me suis donc pas préoccupé de ce que pourrait vous dire, de ce que vous a dit le ministère public.
11 exerce une fonction, il faut qu'il la remplisse. Là où la bonne foi est aussi évidente que le jour, il faut qu'il démontre qu'il y a eu mauvaise foi; là où il n'y a pas délit, il faut absolument qu'il trouve un coupable.
Je lui rendrai sa tâche facile, car il n'est ni dans la trempe de mon
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feule de débattants. Il finit comme j'arais prévu et annoncé qu'il finirait. A quoi aura-t-il servi ? Il n'aura servi à rien} sinon à me donner raison, quand j'eusse préféré qu'il me donnât tort. Il n'aura abouti qu'à affermir les deux contradicteurs chacun dans l'opinion qu'il a défendue. Plus que
caractère, ni dans la dignité du journal que je représente devant vous, de rien faire, de rien dissimuler, de m'abriter derrière aucun précédent, d'invoquer aucune circonstance atténuante. J'aurais pu vous apporter et placer sous vos yeux un journal, la Démocratie pacifique, qui le matin du jour où les Chambres législatives devaient se réunir, ne manquait jamais de publier le Discours du trône tel qu'elle l'avait conçu et rédigé ; j'aurais pu vous apporter un journal, le Pays, qu'on sait tout dévoué à l'Elysée, et qui, dans son numéro du %1 octobre dernier, imprimait, sous le titre û'erratum au moniteur, un discours ou'il mettait dans la bouche du président de la république, violente diatribe dirigée contre M. Dupin, président de l'Assemblée nationale, procureur général près la cour de cassation, sous la forme d'une réponse adressée... à qui...? A l'ablégat du saint-siége.
Je pourrais insister pour vous faire remarquer les différences essentielles qui existent entre le Message de la veille et le Message du lendemain.
Le Message du lendemain a pour titre : — message du président
DE LA RÉPUBLIQUE, PRÉSENTANT, AUX TERMES DE L'ARTICLE 52 DE LA CON- STITUTION, l'exposé de l'état général des affaires de la république