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CHAPITRE VI

La maison de Habsbourg avait déjà émis cette prétention lors de la candidature et de l'élection d'Albert ; mais Ladislas , son fils , étant mort sans enfants, Vladislas triompha des prétentions des Habsbourg.

Dans Albert et Ladislas Y, son fils, les Hongrois n'avaient pas élu la famille de Habsbourg pour leurs rois, mais les descendants d'Arpad en ligne féminine (1), et c'est par cette raison que le pays ne reconnaissait pas les prétentions de la ligne Habsbourg- Steyer, qui avait hérité les provinces allemandes de la ligne d'Albert ; aussi Frédéric III et Maximilien I er , qui voulaient à tout prix acquérir le trône hongrois pour leur famille, et qui se voyaient constamment repoussés (2), étaient contraints de faire un contrat

(1) « Maternum genus ex regibus vestris prodit, mater illi regina » vestra Elizabeth fuit, avus Sigismundus Imperator, proavus Ca- » rolus quartus. Exinde Joannes rex Bohemiae, ac Henricus septi- » mus Cœsar, qui post translalionem imperii apud Germanos » excellentissimi fuere. » iEneas Sylv., Epist. LXXVIII.

(2) « Nos ergo nihil amplius tractabimur secum, quid Cœsar in » Hungariae regno manum extendit. »

Infra : « Tum Palatïnus : Scimus Cœsarem vestrum opulentum » essse, sed regnuni etiam hoc plénum est; nobis nemo terroris » est, pacem vestram nobis cum referte. » ^EneasSylvius, Epist. XLII.

Infra : « Proinde se, (id est Hungari) a Caesare etiam atque etiam » abnixe petere, ut depositis simultatibus atque offensionibus, anti- » cipiti jure suo decedere se quissi musqué Vladislai etUngarorum » ration es admi Itère. » Instvànfî, Histor. Reb. Ungar. Coloniae, MDCXVIII, p. 5.

avec Vladislas II (Jagellon), par lequel il fut stipulé qu'Anne, fille de Vladislas, devait être donnée pour épouse à Ferdinand, petit-fils de Maximilien, et que pour le cas où un fils naîtrait à Vladislas, il devrait épouser Marie, petite-fille de Maximilien.

Ce contrat fut confirmé en 1515, et, peu de temps après, le mariage entre Ferdinand et Anne eut lieu. Par cette manœuvre habile il fut possible, après la désastreuse bataille de Mohàcs (1526) dans laquelle périt Louis II, fils de Vladislas II, ilfut, dis-je, possible à un Habsbourg, beau-frère de Louis II, de se présenter parmi les candidats au trône de Hongrie (1).

Une partie de la nation proclama, à la mort de Louis II, Zapolia, comte de Zips; mais les grands du pays, avec le palatin Etienne Batbory, mirent Ferdinand sur le trône.

(i) « Louis II avait épousé l'intelligente Marie d'Autriche, sœur de Charles-Quint et de Ferdinand I er ; celui-ci, à l'âge de dix-huit ans, s'était marié avec la sœur de Louis II, Anne Jagellon, qu'il adora d*un constant amour. Profitant de cette double relation, il aspira au trûoe de Hongrie, dès que la mort de son beau-frère l'eut rendu vacant... a Puisque la monarchie hongroise, ce boule vart de » l'Europe chrétienne, tombe en dissolution, écrivait-il à sa sœur, » je te prie, dans l'intérêt de mes propres Etats menacés par l'inva- » sion ottomane, d'employer tous les moyens en ton pouvoir pour » me faire obtenir la couronne de saint Etienne. » La veuve seconda très-habilement le projet de son frère, et l'année même oh elle avait perdu son mari, la diète de Presbourg offrit au jeune archiduc Tau* torité souveraine; mais Jean Zapolya, qui l'exerçait avec l'assentiment de la nation, ne voulut point y renoncer. De là une guerre civile, etc., etc. »

ALFRED MlCHIELS.

Hisl. secrète du Gouvernement Autrichien.

Pour vider ce différend, on constitua à Olmûtz, une commission compromissionnelle, sous la présidence du roi de Pologne, devant laquelle Statilius, envoyé de Zapolya, fonda les prétentions de son client, sur le droit de l'élection libre des rois hongrois, et 2° sur le principe de l'exclusion des étrangers, proclamé par la décision de l'assemblée nationale sur le Ràkos en 1505.

Widmann, ambassadeur de Ferdinand, repoussa cet argument en déclarant que, selon les lois fondamentales, la nation avait le devoir d'élire ses rois parmi les descendants d'Arpad, et établit que la décision de i 505, qui avait été prise en dehors des formes constitutionnelles, était sans valeur ; il exposa les droits de Ferdinand au trône de Hongrie, en constatant sa descendance féminine d'Arpad par le mariage avec Anne (1), rappelant à la commission que, depuis huit cents ans, la nation avait toujours reconnu et proclamé ce droit des fils de saint Etienne,

(1) MELCHIOR CODASTI, Colleccio variarum consiliorum de successione et jure hœreditario Familiœ Regiœ in Hungar. et Bohem. Francoforti, 4719, t» II, p. 6, « der dritte Titel ist die rechtmaessige Erbschaft, hochermelter Koeniglicher Majest, Gemahl, naeli vermoeg der Koenig zu Hungern Succession ob funfhundert Jahren, und von Zeit Abgangs der Hungern ersten Koenig des heiligen Stephan, etc, c. I.»

Page 18 : « Nun ist nicht weniger, als Koenig Matthias ohne manliche Leibserben, dureh Schickung Gottes abgangen, ist Koenig » zu Boeheim meines gnaedigsten Herrn Schverhoch, — loeblichster » Gedaechtniss durch Beystand und anderer Ursachen, wohl zu achten » von weggen miitterlichen Sipschaft zum Koenigreich Hungern » gekommen, etc. » Et page 63 ; Und dieser Gebrauch bat gutea

À la vérité, les commissaires se séparèrent sans prononcer de sentence, et Zapolya, appuyé par Soliman, put prendre l'investiture de la couronne ; mais ces discussions avaient ravivé le sentiment national, et le nouveau monarque ne put se dissimuler qu'il lui serait impossible de fonder une dynastie contre laquelle les Hongrois, fidèles à leur constitution fondamentale, seraient toujours en révolte. Il se résolut donc, en 1558, à conclure, à Nagyvàrad, un traité secret avec Ferdinand, par lequel il renonça pour ses descendants au trône de Hongrie, en faveur de Ferdinand, roi légal.

Quatre ans plus tard (1542), Zapolya mourût, et depuis lors, c'est-à-dire depuis plus de trois siècles, la famille d'Habsbourg est en possession de la couronne, EN VERTU DE CE DROIT DE DESCENDANCE FÉMININE,

et a donné quatorze rois à la Hongrie, et bien que l'assemblée nationale de Presbourg (1687), effrayée par les massacres d'Eperies, sous le règne de Léopold I er , se soit cru le pouvoir de substituer le

ù Grand in gemeinen beschriebenen Rechten, und ist der Ordnung » der Gebluts geniaes. »

Ferdinand udvari nerazetsègtôrtènet iroja : « Percepta i taque » Régis sui morte Bohemi, euestigiio Principi Ferdinando legatos w soos mittunt, sceptrura regni ultro illi offerentes, quod utriusquè » et Pannonici et Bohemici principatus Regium diadema, per Lu- » dovici Régis sine proie defanctis obitum, soli Ferdinando hœre- » ditario deberi cocongnoscerent , quotque prseter Dominam Prin- » cipis thori sortem, proximior haereos superes et nemo. » Gebuileri Hlierom. Epitom. Reg. ac Vetust. ortus Sacr. Cœsar. ac Cathol. Maiest. Princip. Dn. Ferdinandt Ung. Bohem Reg. 1550.

droit de primogéniture à la libre élection, bien même qu'en 1725 on ait élargi ce droit en faveur des princes de la maison de Lorraine , par le contrat bilatéral nommé sanction pragmatique, comme ces résolutions sont fondées sur le droit de descendance du sang d'Arpad, le droit fondamental reste toujours en vigueur, ainsi qu'il ressort du paragraphe 4 du deuxième article des lois de l'assemblée nationale de 1715(1), et du préambule des lois des assemblées nationales de 1790-1791 ot 1792 (2).

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