FAITE ET VALANT, ASSURÉMENT, UN EXCELLENT PLAIDOYER
pour M. de Crouy-Chanel.
S'agit-il des prétentions de filiation invoquées par la famille Crouy-Chanel? Certes, M. Elie Dufaure n'a pu les ridiculiser, puisqu'elles sont à ses yeux DES DROITS qu'il croit fondés, et, nous en avons la plus profonde conviction, en dehors du fait d'avoir exposé les droits (incontestables à mon avis et à celui de M. de Crouy, qui le croyait soldé) de son client, M. Elie Dufaure n'a rien fait m directement ni indirectement qui put être désagréable a M. de Crouy.
M©3 lecteurs comprennent, suas cloute, que \av» les mots indiqués par un changement de caractère appartiennent à une déclaration que nous riavom pas eu besoin de réclamer de M. Elie J)ufaure y m loyauté est venue au-devant de notre demande > dès qu'il a soupçonné le sentiment qu'avait pu faire naître en nous la lecture de l'article contre lequel JG proteste, puisque l'occasion s'en présente.
Qu'il me soit permis, au risque de mg répé*»
ter, de reproduire aujourd'hui la lettre que j'adressai en juin dernier à l'honorable directeur du jour~ nal les Nationalités de Turin, M. Deléon, et <pû fut insérée dans le numéro du 82; il est bon qu'elle ait une existence moins éphémère qu'une feuille volante.
Monsieur DELÉON, Rédacteur en chef duJournçU LES NAUONiUTÉS fa Turin.
Je vous remercie d'avoir eu h bienveillante attention çfô m'adresser les écrits qui yqus sont vernis de l'Autriche et de h Hongrie ; j'en ai reçu divers exemplaires par d'autreç voies, Comme vous, ces correspondants amis m'engagent à répondre à ces platitudes, à ces infamies; mais comment voulez-vous que je m'accroupisse assez bas pour me mettre au niveau de ees malheureux dont 11. Palfi, l'illustre entrepreneur d'action m** minette, salarie la plume trempée dans les boues de la calomnie?
Vous avez fait* mon cher monsieur* la seule réponse qu'il y ait à faire à ces forbans du monde littéraire : « mentirjs impudentissime! » Vous auriez pu ajouter que les payeurs et les salariés sont également lâches, car ils ne savent insulter que sous la protection du couperet de M. le lieutenant royal de Hongrie, ou bien à l'ombre du graad sabre de M. Benedeck,
GQmntëQt donçl 1^ ^binet autrichien m peut pas trouver eq France un journal p<*ur me qualifier de faussaire, et il lui faut la protection de ses douaniers et de ses baïopnettes pour faire circuler à petit bruit que mon étude historique les fils d'àrpad est un assemblage de mensonges, que M. Auguste
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Chanel usurpe le nom des vrais princes de Crouy, qvtAtiguste Sans Terre (le mot n'est pas nouveau, et si Auguste est sans terre, c'est que les Anjou et les Habsbourg se sont approprié par le poison et le poignard les trois cents lieues de superficie de terrain qu'une de ses aïeules avait reçues en dot); — que, Auguste Sans Terre, qui n % est le parent de personne, doit voir la barre du bâtard croiser son blason, ete. —
Mais où sont-ils donc ces vrais fils d'Arpad qu'on met si malencontreusement en cause? qui sont-ils? Nous le demandons. SU y en a que les prétentions du prince Auguste de Hongrie, dit de Crout-Chanel, blessent dans leurs intérêts ou dans leur légitime orgueil, qu'ils se montrent visière haute : Il ta des juges a paris; nous appelons leurs récriminations patentes, nous les défions; et comme il n'existe pas d'autres vrais fils légitimes et directs d'Arpad que les MM.de Crouy-Chanel, nul ne viendra les troubler judiciairement, mais les dévoués de bas étage continueront leur métier de Basile.... a Calomniez, il en reete toujours quelque chose. »
Notes bien, mon cher monsieur, que la dignité personnelle de l'empereur d'Autriche est à l'abri de tout reproche, je me fais un devoir de le constater ; par deux fois le jeune empereur a « par sa plus haute décision gracieusement accordé » à deux membres de cette famille, propres neveux d'Auguste Sans Terre,
« (SELON LEUR PRÉROGATIVE HÉRÉDITAIRE, V autorisation de
perler la croix ^honneur de Tordre de Saint-Jean. »
fleut-être m*accusera-t-on de recourir « alla falsifications di éeeumenU austriaci. d ^attends le démenti, du colonel du 9 e régiment de lanciers impérial et royal, dans les archives duquel Tun des re»crits impériaux est enregistré sous le n° 479, tout comme j'attends le démenti officiel de la citation que j'ai donnée de la circulaire confidentielle portant le N° 9010 de M. le lieutenant royal de Hongrie. Ces démentis ne m'arriveront pas en terre franeke% la calomnie continuera à circuler, et ma réplique ne pénétrera en Hongrie qu'en contrebande et en déjouant la rigoureuse surveillance recommandée par M. Palfi à ses subordonnés.
€ Auguste Sans Terre doit voir la barre du bâtard croiser son
blason. » Ainsi donc, en signant le rescrit précité, l'empereur d'Autriche et son ministre n'ont pas su ce qu'ils faisaient ; ainsi, sans trop multiplier les citations et preuves, Marguerite de Sicile, femme de Charles de Valois, ne savait pas ce qu'elle disait lorsqu'elle faisait enregistrer au Chapitre de Notre-Dame d'Amiens (voir les archives dudit Chapitre et le 6° volume des cartulaires de ladite église, page 34, coté en tête VII) une fondation pieuse « pour le remède et peurffit de l'âme de feus notre chier cousin Félix de Honguerie, aisne fiex de très noble prince Andrieu de Honguerie, notre chier oncle. » Lequel Félix, au dire de Marguerite, « fut dechede soubitement en la flor de son aage, non sans soupechon de malengin, laissant a che monde sa ueuue auec trois petits enfants. »
Ainsi tous les obits de famille conservés dans les cartulaires sont mensongers et faux.
Ainsi le dauphin Jean et Béatrix de Hongrie, son épouse, ne savaient ce qu'ils faisaient lorsqu'ils signaient au contrat de mariage de noble et illustre seigneur Pierre de Crouy-Chanel, dont Jean se qualifiait, dans l'acte même, ami et protecteur , pendant que Béatrix s'exprimait en ces termes : Ipsius nobilis domini conjugi cognatœ^et en cette qualité le dotait de tçrcentos florenos auri.
L'illustre Lesdiguières ne savait pas ce qu'il disait lorsqu'il écrivait, le 20 avril 1598, à Claude de Crouy-Chanel, en le félicitant de sa brillante conduite à la prise du fort Barraulx, de sa prudence, valeur et activité : « Je vous aurais fait expédier sur le champ des lettres de noblesse,... si n'estoit notoire