‹ Les droits des Arpad CrouyChanel De HongrieChapitre 6 sur 7 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La maison de Habsbourg avait déjà émis cette prétention lors de la candidature et de l’élection d’Albert ; mais Ladislas son fils étant mort sans enfants, Yladislas triompha des prétentions des Habsbourg.

Dans Albert et Ladislas Y son lils, les Hongrois n’avaient pas élu la famille d’ Habsbourg pour leurs rois, mais les descendants d’Arpad en ligne féminine, et c’est par cette raison que le Pays ne reconnaissait pas les prétentions de la ligne Habsbourg-Steyer, qui avait hérité les provinces allemandes de la ligne d’Albert, aussi Frédéric III et Maximilien I er , qui voulaient à tout prix acquérir le trône hongrois pour leur famille, étaient contraints de faire un contrat avec Yladislas II (Jagellon), par lequel on stipule qu’Anne, fille de Yladislas, devait être donnée pour épouse à Ferdinand, petit-fils de Maximilien, et que pour le cas où un fils naîtrait à Yladislas, il devrait épouser Marie, petite fille de Maximilien.

Ce contrat fut confirmé en 1515, et, peu de

temps après, le mariage entre Ferdinand et Anne eut lieu. Par cette manœuvre habile, il fut possible, après la désastreuse bataille de Mohàcs (1526) dans laquelle périt Louis II fils de Vladislas II, il fut, dis-je, possible à un Habsbourg, beau-frère de Louis II, de se présenter parmi les candidats au trône de Hongrie.

Une partie de la nation proclama, à la mort de Louis II, Zapolya, comte de Zips; mais les grands du pays, avec le palatin Etienne Bathory, mirent Ferdinand sur le trône.

Pour vider ce différend, on constitua à 01mütz, une commission compromis s tonnelle, sous la présidence du roi de Pologne, devant laquelle Statilius, envoyé de Zapolya, fonda les prétentions de son client sur le droit de l’élection libre des rois hongrois, et 2° sur le principe de l’exclusion des étrangers, proclamé par la décision de l’assemblée nationale sur le Râkos en 1505.

Widmann, ambassadeur de Ferdinand, repoussa cet argument en déclarant que, selon les lois fondamentales, la nation avait le devoir d’élire ses rois parmi les descendants d’Arpad, et établit que la décision de 1505, qui avait été prise en dehors des formes constitutionnelles, était sans valeur; il exposa les droits de Ferdinand au trône de Hongrie, en constatant sa descendance féminine d’Arpad

par le mariage avec Aline (1), rappelant à la commission que, depuis 800 ans, la nation avait toujours reconnu et proclamé en droit des fils de St. Etienne.

A la vérité, les commissaires se séparèrent sans prononcer de sentence, et Zapolva, appuyé par Soliman, put prendre T investiture de la couronne ; mais ces discussions avaient ravivé le sentiment national, et le nouveau monarque ne put se dissimuler qu’il lui serait impossible de fonder une dynastie contre laquelle les Hongrois fidèles à leur constitution fondamentale seraient toujours en révolte. 11 se résolut donc, en 1538, à conclure, à Nagyvàrad, un traité secret avec Ferdinand, par lequel il renonça pour ses descendants au trône de Hongrie, en faveur de Ferdinand, roi légal.

Quatre ans plus tard (1542), Zapolya mourut, et depuis lors, c’est-à-dire depuis plus de trois siècles, la famille d’Habsbourg est

(I) Melchior Coldasti, Colleecio variarum consiliorum de successione et jure haeredilario Familiae Itegiae in Ilungar. et Rohctn. Francoforti, 1710, loin. Il, png. fi, « der drille Titul isl die rechtmaesige Erbschaft, hochermelter Koeniglicher Mait , Gcniahl , nach vermoeg der Koenig zu Hungern Succession ob fiinfhundert lahren, ond von Zeit Abgangs der Hungern erslen Koenig des heiligen Stephan e. c. 1. »

en possession de la couronne, en vertu de

CE DROIT DE DESCENDANCE FÉMININE, et a

donné 14 rois à la Hongrie, et bien que l’assemblée nationale de Pressbourg (1687), effrayée par les massacres d’Eperjes, sous le règne de Léopold I er , se soit cru le pouvoir de substituer le droit de primogéniture à la libre élection, bien même qu’en 1723 on ait élargi ce droit en faveur des princes de la maison de Lorraine, par le contrat bilatéral nommé sanction pragmatique, comme ces résolutions sont fondées sur le droit de descendance du sang d’Arpad, le droit fondamental reste toujours en vigueur, ainsi qu’il ressort du paragraphe 4 du 2 * article des lois de l’assemblée nationale de 1715 (1), et du préambule des lois des assemblées nationales de 1790-1791 et 1792 (2).

(1) Corpus juris hungariae : 1“ quod proeter ab antique deductum hoeredilariam regiam Successio.

(2) Id.

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