SORTE
était placé au pied de la Colonna lactaria, où les. familles sans enfant ou les personnes charitables venaient les recueillir.
On connaît mal la situation de lenfant depuis la chute de l'Empire romain jsqu’à Charlemagne; on sait pourtant que les Francs punissaient d’une amende le meurtre d’un enfant. Les lois des Barbares étaient donc, sous ce rapport, moins sauvages que celles de Rome. Pendant cette période, comme de tous temps, les peuples du Nord ont toujours donné l’exemple de l’allaitement maternel.
Dans le courant du moyen âge, l’usage des nourrices prit un nouvel essor, ainsi qu’en fait foi l’ordonnance du roi Jean, du 30 janvier 1350. Les cours montraient d’ailleurs l’exemple, puisque, dans la longue liste des successeurs d’Hugues Capet, le fils de Blanche dè. Castille parait seul avoir été nourri du lait de sa mère.
Pourtant, le livre de Barthelemy l’Anglais (1350) indique nettement les avantages de l’allaitement maternel. Pierre des Gros, un franciscain, considère, en 1464, que la coquetterie et la fatigue sont à l’origine de l’abandon de l'allaitement maternel. Si l’alimentation de tous les enfants était négligé, combien plus lamentable encore était la situation des enfants trouvés ou abandonnés qui étaient, soit exploités par les mendiants, soit exposés à mourir de faim et de froid. Nous ne voudrions pas faire l’historique des œuvres d’assistance créées en leur faveur. Les ouvrages de Lallemand et Ia thèse récente de notre ami le docteur Ducas en ont fait.
une description détaillée. Deux dates pourtant doivent retenir notre attention: en 1526, on voit recueil- Ur pour la première fois, à l’Hôtel-Dieu de Lyon, tous les enfants sans s'inquiéter s'ils sont bâtards ou légitimes. En 1636, saint Vincent de Paul crée une organisation analogue à Paris. Ces faits sont importants à noter, parce qu’il fallait combattre les préjugés de l’époque. Bossuet, dans son ouvrage Sur la connaissance de Dieu et de Soi-même. n’écrivaitil pas: « Punir les pères dans leurs enfants, c’est les punir dans leur bien le plus réel». D'ailleurs, remarque Montesquieu, dans l’Esprit des Lois, cette opinion de l’évêque de Meaux était conforme au dogme de l'Eglise catholique sur le péché originel qui, « flétrissant le concubinage, doit flétrir les enfants qui en sont nés ».
Pendant le xvi et le xvie siècles, les médecins s’employèrent à remettre en honneur l’allaittement maternel, seulement réservé aux « pauvresses », de l’avis des dames riches. Guillemeau, en 1643, dans so n ouvrage de l’Heureux Accouchement, consacre soixante-six pages à l’hygiène infantile et les fait précéder d’une Cépistre liminaire aux dames, afin de les exhorter de nourrir leurs enfants ». Ambroise Paré considère que le laït de la mère, en fournissant à l’enfant une alimentation indispensable, est assez fort « pour modifier son caractère et ses penchants ». Il se méfie beaucoup de la valeur des nourrices et recommandait, avant de leur confier l’enfant, un examen sérieux et de la femme et de son lait. Aussi, s’est-il élevé avec force contre l’allaitement loin des