‹ Les Droits Physiologiques du Nouveau-néChapitre 14 sur 34 · PES · texte numérisé non relu

PES

parents. Certains auteurs, comme Laurent Joubert, virent même dans cet éloignement un facteur capable de rendre les enfants « insolents, yvrongnes, paillards, gourmands et taverniers, etc.», à cause du mauvais lait qu’il a sucé chez des nourrices (« mal sages et vicieuses, en maisons dissolues » Le lait animal était donc réservé, au cas d’obstacle, à l’allaitement au sein. On ne le jugeait pas nocif, mais capable d’une fermentation rapide.

Il semble d’ailleurs que, pendant cette époque, l'enfance n’ait pas joui de la faveur générale. La Fontaine lui-même n’a-t-il pas affirmé son peu d’affection pour cet « âge sans pitié» On comprend ainsi aisément pourquoi le nombre des enfants abandonnés est si considérable, ainsi qu’en fait foi le tableau suivant :

De1640/ATO0A00er mer er ENTREE 3.053 Dé 1660 080 RER RE EC 106270 DEL TO 1700" ANR TE RER CE 17.866 Dent AMI SRE ARE RS 20.632 De 1740 AT A0 RACE nee TRES 32.917 De 2750 401 80 00 PMR PSE RER 67.033

Parmi eux, d’après Buffon, les enfants légitimes constitueraient plus de la moitié des enfants trouvés. Leur mortalité est d’ailleurs très élevée (46,83% en 1683; 68,49% en 1741) et attribué le plus souvent au muguet, et à la consomption.

Le recrutement facile des nourrices mercenaires est incapable de réduire l'importance de ces chiffres. Il faudra arriver vers 1769 pour voir l’opinion publique s’apitover sur le sort de l’enfance malheureuse.

Page 1