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déjà un résultat appréciable. Aujourd’hui, il y a encore trop de villages « où l’on fait des morts », comme l’a écrit Zola. Le scandale persiste sans provoquer l’émoi de l'opinion, parce qu’ainsi que nous le verrons, l'initiative privée et la loi, malgré la bonne volonté de leurs institutions, fournissent trop d'appui et trop de facilité à la séparation de la mère et de l’enfant.
Le reniement. — C’est le fait pour la mère de déclarer, dès la naissance, que l’enfant qu’elle vient de mettre au monde lui est et demeurera toujours étranger. La mère a, en effet, le droit de se désintéresser de son enfant aussitôt après l’accouchement, quoique celui-ci constitue une démonstration patente, indéniable de sa maternité. Par contre, la paternité est entourée de mystère que la science elle-même n’a pas encore bien mis en lumière: on ne peut actuellement être sûr de la paternité d’un homme ; il en résulte que l’enfant est toujours rattaché à sa mère, sa filiation à l’égard de celle-ci étant affirmée par un acte, ordinairement facile à constater: l’accouchement. Au contraire, il ne sera uni au père que si celui-ci l’admet dans sa famille et condescend à fournir lui-même la preuve de sa paternité. Gide a défini en ces termes le sort de l’enfant naturel: « La même loi naturelle qui attribue les fruits de la terre au propriétaire du sol et non à celui dela semence règle aussi le sort de l’enfant naturel: cet enfant n’a - pas de père; il n’a qu’une mère ». Or, celle-ci peut, par le seul jeu de sa volonté libre et absolue, décréter
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que cet enfant qui vient de naître n’est pas le sien. La loi permet cette simulation et oblige même ceux qui, ayant été les témoins de l’accouchement, connaissent la vérité, à se faire les complices, en leur imposant le secret. Aussi, la femme, forte de sa liberté, tient-elle, 1à encore, entre ses mains la vie même du nouveau-né ? Est-elle attachée à lui ? Elle le soigne, le couve, quoique ne l’ayant pas officiellement reconnu. Dans ces conditions, le champ est ouvert à tous ceux qui voudront, dans un but quelconque, lui ravir son enfant. Cette femme, qui respecte les droits physiologiques du nouveau-né, peut se voir contester, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le droit d’élever et de garder son enfant. Pourquoi alors la femme hésite-t-elle à se déclarer officiellement, juridiquement la mère ? Bien souvent, elle a dû cacher sa grossesse aux yeux de sa famille (dans ces conditions, c’est presque toujours son père qui se montre redoutable ou intraïtable); après l’accouchement, il lui faut encore dissimuler; les épreuves qu’elle a subies ont pourtant fortifié les liens qui l’unissent à son enfant. Elle comprend que les soins nécessaires à sa santé et à sa vie ne peuvent être donnés que par elle; inquiète, elle hésite à consacrer légalement ses devoirs de mère: La révélation du secret, une pression étrangère vont l’obliger à se détacher de son enfant. D’autres fois, la femme a rapidement pris son parti. L’enfant est encore uni à elle par le cordon ombilical et déjà elle peut déclarer ouvertement qu’il ne lui appartient pas, sans que nul ne puisse opposer un démenti à