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le considère comme nécessaire pour diminuer le nombre des avortements et des infanticides. Ce système ne doit pourtant pas avoir ce caractère de stabilité qu’on lui accorde généralement. Il faut s’efforcer de le faire disparaître, car, en dehors des natures dépravées, beaucoup de mères ne se résignent pas, sans y être contraintes le plus souvent par l’insuffisance de leurs ressources, à se séparer pour toujours de leur enfant. C’est la misère qui les y oblige, parce qu’elles sont incapables de faire face aux diffiicultés matérielles. [1 leur manque un appui financier pour modifier leur détermination. Le chapitre suivant montrera comment l'initiative privée a tenté de venir en aide à cette détresse.
Il résulte de cette étude que les droits physiologiques du nouveau-né sont, encore aujourd’hui, fréquemment lésés. Quoique plus souvent rencontré dans la classe pauvre et pour l’enfant naturel, le mépris de ces. droits persiste pourtant à tous les niveaux de l’échelle sociale. De tous côtés, retentit le cri d’alarme dela dépopulation; partout on considère la diminution des naissances comme un danger national. Mais on semble détourner les yeux de ces demi-orphelins que la femme a dû mettre au monde sous menace de peines afflictives et infamantes. Qu'importe si cet enfantement obligatoire doit entrainer la misère de la femme et la mort de son enfant. Il paraîtrait cependant plus simple d’essayer de conserver les enfants mis au monde que de susciter
de nouvelles naissances. Le problème de la natalité est intimement lié à celui de la protection de l’enfance: tous deux ont besoin du concours de la nation et des pouvoirs publics pour permettre de conjurer le danger de la dépopulation.