CASE E VAR
à ce point de vue, insuffisante. Le dernier texte, voté le 24 octobre 1919, alloue à toute Française allaitant son enfant au sein une somme de 15 francs par mois, pendant les douze mois qui suivent l’accouchement, à condition que la femme ait bénéficié de la législation des femmes en couches. Cette somme constitue un maigre encouragement et ne peut empêcher la femme de reprendre son travail, afin de pourvoir à ses besoins et à ceux de son enfant. Que fait alors PEtat en faveur de l’ouvrière-nourrice ? Le 12 décembre 1906, le député Durand déposait un projet de loi destiné à accorder des facilités aux femmes occupées dans l’industrie, pour l’allaitement de leurs nourrissons. Le projet fut repris et adopté sur l'initiative de M. Engerand, le 27 novembre 1909. Il accorde à la femme une heure par jour, durant le travail, pour allaiter son enfant. Cette heure pourra être divisée en deux périodes de trente minutes. En aucune façon, cette heure ne pourra être décomptée du montant du salaire journalier. Cette loi, quoique réalisant un progrès dans la protection infantile, présente des inconvénients susceptibles de nuire à la santé de l'enfant. Les deux pauses d’une demi-heure sont incapables d’assurer au nourrisson un allaitement régulier. Dans les villes, elle pourront même ne pas permettre à la mère de se rendre à son domicile ou à celui de la gardeuse. La loi a essayé de sauvegarder les intérêts de l’enfant, tout en ménageant les intérêts opposés de l’employé et de l’employeur, alors que les premiers devraient prédominer, même au détriment des deux autres. L'Etat n’a pas encore compris