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Il existe en effet, à côté de ce qui peut être mesuré et dosé, une quantité de corps indosables pour la: plupart indéterminés et qui doivent participer à la nutrition du nouveau-né. C’est pourquoi on voit fréquemment deux laits de composition chimique semblable ne pas convenir également au même enfant: il en résulte que, si des laits qui, d’après l’analyse chimique et histologique, semblent normaux, peuvent nuire au nourrisson, il doit exister des substances indéterminées, toxiques pour l’enfant. Le caractère de spécificité du lait de femme est encore démontré par le fait suivant: si on injecte les matières albuminoïdes du lait de femme sous la peau des animaux, on détermine chez ceux-ci l’apparition de précipitines spécifiques, c’est-à-dire capables de précipiter seulement les matières albuminoïdes du laït de femme et non celles du lait de vache ou d’autres animaux (Bordet). On comprend done pourquoi le lait animal donné à un nourrisson ne sera pas aussi aisément digéré que le lait de femme et pourquoi la mortalité infantile est plus élevée chez l’enfant nourri au biberon que chez l’enfant nourri au sein. Rappelons la
statistique de Petit et de Pinard:
Petit Pinard
Enfants nourris au sein........ 1592 19% — —. fau biberon.... 30% SE L'heureuse influence de l'allaitement maternel est encore démontrée par les chiffres donnés par Sales et Valéry-Radot, concernant des débiles congénitaux et qui indiquent une mortalité de 84% pour
A Vote
les enfants nourris au biberon et de 28% pour ceux nourris au lait de femme.
Enfin, citons encore ces deux faits, destinés à mettre en lumière la supériorité de l’allaitement maternel: à Lille, la mortalité infantile ne fut jamais aussi faible que durant la guerre. La plupart des usines étaient fermées et les mères, obligées de rester chez elles, n’avaient d’autres aliments à donner à leur enfants que leur lait.
En Suède et Norvège, la mortalité infantile est très faible, 6 à 7% {France 12%), parce quela plupart des mères allaitent leur enfant. Cette habitude et ses conséquences se retrouvent lorsque les Scandinaves émigrent aux Etats-Unis. Leurs enfants v meurent dans une proportion de 6,8%, alors que le taux de la mortalité est de 8,2% pour les enfants d’'Américaines. Ces chiffres et ces faits prouvent suffisamment les avantages de l'allaitement maternel. Pourtant, celui-ci possède une technique qui concourt à son succès. Aussi, lorsqu'un enfant nourri par sa mère ne fait pas de progrès, une erreur de méthode doit être mise en cause. Il ne faut pas alors passer immédiatement de l’allaitement maternel à l’allaitement mixte, ou supprimer le sein au nourrisson. Des conseils autorisés permettent bientôt à l’enfant de reprendre sa croissance un moment interrompue. Aussi s’étonne-t-on, à la lecture de cette phrase de Variot: « La plupart des femmes qui nourrissent au sein n’ont pas besoin de médecin; les enfants au sein sont en sécurité et les accoucheurs font un travail peu utile en pesant chaque semaine
LEUR pen
des enfants qui se développent bien ». Certes, on trouve des bébés qui, nourris au lait de vache, augmentent rapidement; mais, presque toujours, ils sont suralimentés et deviennent des dyspeptiques. L’allaitement artificiel nécessite une surveillance très attentive; des fautes sont facilement commises et provoquent des accidents souvent mortels, dont certains appartiennent au domaine presque exclusif de l’allaitement au lait de vache: les affections gastro-intestinales et l’athrepsie.
Si l’allaitement maternel est le plus apte à conserver la santé à l’enfant, on ne peut méconnaître qu’au point de vue familial, il donne d’excellents résultats. Il contribue à sceller l’union entre la mère et l’enfant. Grâce à lui, la femme fait l’apprentissage de la maternité; elle en supporte les joies comme les peines et trouve souvent dans son affection les forces nécessaires pour résister à de mauvaises tentations.
Les -soins maternels. — Si l’allaitement maternel peut être suppléé par l’allaitement artificiel dans des conditions très limitées, il n’en est pas de même pour les soins que réclame le nouveau-né. Sa physiologie place au premier plan les soins d'hygiène et de propreté;: mais, à côté d’eux, combien le nourrisson demandera d’aide, de surveillance, de précautions diverses que seul peut soupçonner l’amour maternel. Le petit de l’homme ne peut vivre, s’il est abandonné à lui-même: il ne peut pourvoir à ses besoins et doit réclamer .à cet effet le secours de son entourage. Le lait maternel, dont nous avons démontré les qualités, il ne peut le chercher lui-même; il faut que
sa mère le mette au sein. Le nourrisson se défend mal contre les variations de température qui peuvent se produire autour de lui. [l faut le protéger par un habillement qui, en assurant une liberté suffisante à ses mouvements, est aussi simple que possible, n’irrite pas ses téguments et le met à l’abri de la brusquerie des variations thermiques.
Nous avons vu combien l’enfant se souille souvent et abondamment. Il faut donc que sa mère le nettoie et qu’elle change ses langes. On évitera ainsi ces irritations cutanées qui, d'ordinaire bénignes, ne deviennent graves que par le défaut de propreté.
Enfin, on doit veiller à l'hygiène de la conjonctive et écarter toutes les causes d’excoriations de l’épiderme du nouveau-né.
Tels sont les principaux soins qu’exige la physiologie du nouveau-né. Mais bien d’autres seront pris pas la mère soucieuse de la santé de son enfant: tantôt, 1l faudra le prendre dans ses bras; tantôt, il faudra le promener ou l’aérer. Quelle est la femme qui saura s'abstenir de toute distraction, se priver de repos et qui, après avoir souffert au moment de l'accouchement, fera le sacrifice de son bien-être, quelquefois même supportera la douleur, au profit de ce petit auquel, seuls, des soins constants et éclairés peuvent donner la santé et permettre la vie ? Une étrangère, qui voit le plus souvent dans l’enfant une source de bénéfices, n’atrivera jamais à remplacer la mère. Peu importe si nous avons affaire à un instinct analogue à celui des animaux ou à une faculté spéciale de l’esprit, si, ainsi que l’ont prétendu
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En De NE
Auguste Comte et Gall, l’instinct maternel prend place après l’instinct nutritif et l’instinct sexuel, et si le siège de l’amour maternel réside dans la partie supérieure du lobe occipitall Constatons que l’insuffisance ou l’absence de soins maternels contribuent pour une large part à la mortalité infantile, ainsi qu’en font foi les statistiques suivantes, concernant les enfants nourris au sein:
Mortalité des enfants élevés au sein par la mère: 15%
Mortalité des enfants élevés au sein par une nourrice: 40 % (Petit).
Ces chiffres démontrent péremptoirement que l’enfant nourri au lait de femme meurt dans une proportion trois fois moindre quand il est nourri par la mère que quand il reçoit le lait et les soins d’une nourrice. |
Attachement des animaux à leurs petits. — En parcourant l’histoire des animaux, on constate, même au bas de l’échelle zoologique, que la mère entoure sa progéniture de soins particuliers et que, quand elle se sent incapable de les leur procurer, elle recherche les moyens les plus propres à assurer la santé de ses petits. On voit quelquefois aussi le mâle participer à ces soins. Nous allons citer quelques exemples de cet attachement qui, dans certains Cas, pourrait être envié par l’espèce humaine.
Déjà, chez les reptiles, les femelles de crocodiles montrent quelque sollicitude pour leurs œufs; elles essaient de les dissimuler jusqu’au moment voulu où elles les brisent avec précaution et elles aident les
petits à sortir dans l’eau. [Il y a, dans la rivière Guayas, une variété où la femelle pousse son affection jusqu’à conduire les petits au fleuve sur son dos; le mâle la suit, non pour la protéger, mais bien pour dévorer ceux qui en route tomberaient à terre.
Parmi les poissons, le mâle de l’épinoche marin fournit un bel exemple de la contribution du mâle à la protection des œufs. C’est lui, en effet, qui fabrique avec des herbes le nid dans lequel il féconde les œufs déposés par la femelle.
Les abeilles prodiguent leurs soins aux larves et les nourrissent de pain d’abeille. On compte trois semaines de la ponte des œufs à leur métamorphose; quand le moment de leur émancipation est arrivé, les nourrices les entourent pour les laver, les caresser et leur donner à manger.
L’araignée témoigne pour ses petits un amour qui va souvent jusqu’au sacrifice de la vie. Bonnet raconte: qu’il jeta une araignée avec son sac à œuis dans un fourmi-lion et, lorsqu'elle fut dépouillée par ce dernier et chassée du trou par l’observateur, revint malgré tout à portée de son ennemi et se laissa enterrer vivante plutôt que d'abandonner son trésor.
Chez les oiseaux, on connaît le cas du cygne, qui enfouit sa tête sous l’eau pour permettre à ses Jeunes de s’en servir comme d’une plate-forme. Le coucou fournit, d’après les observations de Jenner, un curieux exemple d’assistance chez les oiseaux. On sait, en effet, qu’il y a des espèces dont le nid plaît au coucou (fauvette, bergeronnette). Ces oiseaux s’occupent des petits du coucou avec autant de soins que des leurs.