‹ Les drôleries médicalesChapitre 40 sur 133 · QUIPROQUO · texte numérisé non relu

QUIPROQUO

Je pourrais nommer le très sympathique député à qui est advenue Thistoriette suivante. Les Tallemant des Réaux de l’heure actuelle n’ont plus à raconter que des Historiettes de députés. Ce député, qui est médecin et médecin fort savant, ce qui ne se rencontre pas toujours, même parmi les docteurs de la Chambre, a ouvert à Paris un cabinet de consultations gratuites où les malades accourent, certains d’être bien traités. La foule est grande parfois. Le médecin va vite.

— Déshabillez-vous. Bien. Qu’est-ce que vous avez ?

Il écrit rapidement son ordonnance.

— A un autre !

Tout dernièrement, dans la longue nie de malades assiégeant son dispensaire, il voit arriver un homme jeune, d’apparence solide, qui, ayant entendu le mot d’ordre : « Déshabillezvous », ne l’attend même pas et ôte jusqu’à sa chemise.

— Bien. Qu’est-ce que vous avez? demande alors le docteur.

— Moi, citoyen? Ce que j’ai? Mais je n’ai

rien...

— Où souffrez-vous?

— Je ne souôre pas.

— Pourquoi vous êtes-vous déshabillé? ,

— Pour faire comme les autres !

— Et que diable venez-vous chercher ici?

— Mais, citoyen, je viens... vous apporter une requête. Je voudrais... je voudrais avoir un petit emploi dans les postes !

Le pauvre diable croyait qu’il se fallait dévêtir pour cela. J’en sais qui feraient pis. Mais ceuxlà, tout au contraire, se déguiseraient volontiers devant ceux qu’ils viennent solliciter.

Iules Claretie.

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