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CHAPITRE VIII

qui renferme de si jolis spécimens. La figure 74 est tirée de la collection des vases et coupes, dont plusieurs, à cause des emblèmes qui les décorent, paraissent avoir été destinés à Léon X et avaient été gravés antérieurement par Æneas Vico et par Augustin Vénitien. L’un des trois chandeliers d’église se voit dans notre figure 76.

La Suite des Fonds de coupe , l’une des plus charmantes de l’œuvre

FIG. g3. — ESTAMPE DU « LIVRE DES TEMPLES » DE DU CERCEAU ( l 5 5 O ) .

(Composition italienne de i5oo environ.)

de Du Cerceau, et dont un spécimen est reproduit figure 68, doit être mentionnée à cette place.

Enfin une pièce telle que l’exquise petite salière (fig. 102) pourrait presque sembler isolée, tant elle se distingue des autres par sa fantaisie et par le charme des formes, à ce point que l’on se met à songer à un nom qui ne doit être prononcé qu’avec une extrême réserve, celui de Benvenuto Cellini !

Modèles pour meubles. — De nombreuses estampes témoignent que, pendant tout le cours de sa carrière, Du Cerceau s'est occupé de

reproduire des modèles de meubles. Comme l’on ne possède aucun titre de série, nous ne saurions dire si nous sommes en présence de fragments de suites plus ou moins nombreuses publiées à diverses époques de sa carrière, ou bien si ces estampes sont les éléments de séries que du Cerceau n’a jamais réussi à compléter. Dans sa bibliographie, M. Destailleur cite, outre la collection de soixante et onze pièces sur quarante-cinq feuilles, les deux lucarnes et, à la suite des Arcs, trois autres meubles. Il faut y ajouter les pièces telles que les lits et les stalles de M. Foule, que nous décrivons parmi les pièces au trait. En nous basant sur le caractère de la gravure, nous pouvons distinguer les groupes suivants :

Premier groupe : Pièces au trait se rattachant au lit, de 1 5 3 5 .

Deuxième groupe (de i5qo à i5q5) : Les deux lucarnes, deux buffets (43 et 48 '), deux portes (52 et 55).

Troisième groupe (vers i55o) : Une table à rallonges datée d’Orléans i55o; une autre (page 63), une chaise de choeur (60), puis les deux grands dressoirs, le dessin de lambris de menuiserie2, cités par M. Destailleur avec la table de i55o, après les Arcs. Un banc supporté par cinq gaines avec accoudoirs terminés en haut par des volutes dont le cuivre mesure om,i53 de large et om,i23 de haut. Enfin le lit Henri II chez M. Foule.

Quatrième groupe : 11 renferme le reste de la collection des quarante-cinq feuilles qui n’ont pas été citées déjà. Les pièces, par l'analogie d’exécution avec des ouvrages datés, peuvent se grouper approximativement comme suit : de 1 5 5 5 à 1 562, six pièces : 57, 62, 64 (notre figure 114), 65-67; de 1 562 à 1 566 : neuf cabinets ou dressoirs, deux lits, trois portes; de 1 566 à i58o : les numéros 36, 46, 42, 34, 35, 56, la table 45 avec des bossages à la Charleval. Dans ce dernier groupe, dont notre figure i3o fait partie, on rencontre, il faut en convenir, des formes d’un goût fort douteux. Nous pouvons tirer de ces rapprochements la conclusion qu'une partie assez notable de ces

1. Nous donnons les numéros d’après la pagination d'un beau volume des meubles conservé à la Bibliothèque de l’École des Beaux-Arts, à Paris.

2. Il y en a deux; d’après M. Lesouf'aché, ils seraient tirés de la Chartreuse de Pavie, attribution que nous n’avons pu vérifier. Ils nous paraissent, comme gravure, un peu postérieurs à i55o.

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