CHAPITRE IX
qui pourtant avaient été eux-mêmes en Italie, appréciaient un pareil travail, on pourra se faire une idée du prix que devaient y attacher des artistes qui, eux aussi, avaient besoin de connaître ces formes du style nouveau, et pourtant ne pouvaient franchir les Alpes pour les étudier sur place.
Nous ne pouvons décider en ce moment si Du Cerceau commença par des séries d’un certain nombre de planches, telles que ses détails d'ordres au trait, ou bien s’il se contenta d'offrir des feuilles isolées aux différents acheteurs qui se présentaient au fur et à mesure de leurs besoins. Il nous est difficile de nous défendre de cette idée que Du Cerceau considéra dans la gravure au trait un moyen pratique pour multiplier en quelque sorte simplement les dessins et croquis copiés de ses propres études en Italie, et qu'il n’était pas à même de redessiner constamment pour tous ceux qui pouvaient désirer en posséder le contenu.
Un autre côté important à relever, c’est qu’au lieu de se servir de la gravure sur bois pour illustrer ses œuvres, ainsi que le firent les Serlio, les De l’Orme, les Martin et les Jean Bullant, c’est à la gravure sur cuivre que Du Cerceau eut recours comme à un moyen plus parfait et correspondant mieux au but qu’il se proposait : ceci même est une preuve qu’il se montre soucieux d’une plus grande fidélité.
Ce ne fut qu'en i5q5 que parurent des traductions françaises : le premier livre de Sébastien Serlio Bolognois, à Paris, le quatrième à Anvers, et en 1 547 le cinquième livre de Serlio contenant les temples1 et surtout le livre III, à Anvers. 11 est impossible de ne pas mettre, en regard des temples de Serlio, la suite de Du Cerceau, les Temples et Habitations fortifiées d’abord, qui ont dû paraître en même temps, sinon avant, puis le livre des Moyens Temples, publié à Orléans en i55o. Par la quantité des renseignements, Du Cerceau est supérieur à Serlio , et il se montre plus judicieux aussi en adoptant une échelle plus petite pour des compositions traitées d’une façon aussi sommaire.
1. Nous empruntons ces renseignements sur les différentes éditions de Serlio au volume si utile de M. Léon Charvet : Sébastien Serlio; Lyon, 1869.