PROJET DE JACQUES DU CERCEAU E ANCIEN
l’année avant, en 1 577, on voit ce même Baptiste à Charleval travaillant avec un Jacques Androuet à exécuter un édifice dont les projets, nous l'avons démontré, étaient de son père Jacques I. En tout cas, il nous semble incontestable qu'il aura été l’un de ceux qui « à Venvi firent de nouveaux dessins et d’autres devis touchant ce pont ». Nous ne voulons pas dire que dans le dessin de Jacques Androuet l’Ancien, que nous donnons (fig. 1 17), la note de fantaisie enthousiaste ne soit pas un peu forcée ; cependant, quand on songe que pour la construction du pont actuel il fallut enlever la petite Ile du Patriarche , il se pourrait que Jacques eût, au contraire, songé à agrandir cette île et à la transformer en place au moyen d’une série d’arches disposées d’une façon assez étrange à première vue, nous en convenons, pour être posées dans un courant d’une certaine force.
Il serait moins étrange peut-être si l’on supposait ce projet destiné à un pont du genre de celui patronisé surtout par le prévôt des marchands, entrant en V Isle-aux-Vaches, et de là sur le quai de la Tournelle , lequel dessein a esté trouvé très bon et nécessaire ’. Il s’agissait là en effet de développer tout un quartier nouveau sur l’Ile-aux-Vaches et l’ile Saint-Louis, et une telle idée répondrait alors encore beaucoup mieux au projet de Du Cerceau reproduit ci-contre.
En ce qui concerne cette dernière question, nous sommes sur le terrain des hypothèses, nous en convenons, mais elles méritent du moins d’attirer l’attention. Ce dessin fournit en tous cas un renseignement intéressant sur l'esprit de ce temps''.
Un autre point intéressant à relever dans la figure 117, c’est l’étroite analogie qui existe dans la forme des arches et des piles entre le
1. Page 23, et sur lequel le procès-verbal du 4 novembre 1577 dit à ce sujet :
« L’autre dessein estoit de construire un autre pont vers les Célestins pour aller à l’Isle-aux- Vaches, laquelle isle contiendroit plus de trente arpens et serviroit à y construire beaucoup de maisons, et puis faire un autre pont qui iroit de ladite isle vers les Bernardins, sur le port de la Tournelle, et par ce moyen ce costé de ladite ville sera beaucoup accommodé. »
M. de Lasteyrie ajoute en note que Pile Saint-Louis formait au xvi° siècle deux îlots dont le plus grand se nommait Ile Notre-Dame et le plus petit Ile-aux-Vaches. Voyez Jaillot, Recherches, tome Ior, Cité, page ao5.
2. Un autre projet pour le Pont-Neuf a été signalé et publié par les soins de notre savant confrère M. Longnon, dans les Mémoires de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Ile-de-France, année 1876.