CHAPITRE X
contenu esdits articles , etc., avons dit et déclaré auxdits sieurs commissaires nos advîs de l'assiette du dit Pont ».
(Suivent deux avis.)
P. 28. Ils vont sur le terrain en présence des sieurs commissaires et de Me Méderic de Donon, controlleur général des Batiments du Roy, tendent la ligne et trouvent la situation : tellement que le port du Bois de l’Escolle sera conservé...
P. 29. Ils examinent le projet d’une belle place à établir devant le dit pont. Ils disent qu’il est besoin de sonder la rivière.
P. 3o. Ils constatent la largeur totale de 144 toises, décrivent le nombre des arcs et leurs ouvertures, les dimensions des piles, la largeur de bile (28 toises); or, pour faciliter (3 1) le cours de l’eau et la navigation, jugent nécessaire d’ôter l’île du Patriarche et le moulin de la Gourdine.
P. 32. Ils indiquent la hauteur des piles, des arches, largeur des passages sur le pont, forme des piles, le quai dans l’île, donnent le parcours de la rue pour aller à Notre-Dame.
P. 33. Ils disent qu'il est nécessaire « commencer le pont du costé des Augustins, puis sonder la nature du fond, décrivent les platesformes si elles deviennent nécessaires, la forme détaillée des piles, la nature de la maçonnerie, qualité des pierres, la description détaillée de l’appareil des voûtes et du mortier, des parapets et de leurs scellements ».
« Et tout ce, nos dits Seigneurs, vous certifiions estre vray, témoins nos seigns manuels cy mis le 3e jour de mars 1 578, ainsy signé :
cc Durantel, Fontaine, Guillain, Marchand, Guillain, Chambiges, Rince et de Verdun ».
N. -B. — Ils ne signent le procès-verbal de la réunion du 24 février que le 3 mars.
P. 3q. « Lequel procès verbal et advis cy devant transcript a esté communiqué au sieur de Clagny, qui sur ce a pareillement donné son advis. » Nous avons vu plus haut quel il était.
Et quant à la réunion d’expertise du 2 juin, la seule à laquelle
Jean Bullant intervient, c’est expressément dans le groupe des experts qu’il est nommé, et il ne signe pas même le rapport.
Du Cerceau, au contraire, figure comme toujours à côté du contrôleur général des Bâtiments du Roy, à la place qui lui convient comme architecte du Roy et du Pont, et on a soin d’ajouter : et aussi en la présence du dit Donon, controlleur, et de Du Cerceau, architecte, etc. — Il n’y a pas lieu de conclure de l’absence de sa signature (page i3) que Baptiste n’assiste pas à cette importante visite, puisque, comme architecte du pont, il n’avait pas à signer. Nous ne voyons pas qu’il faille dire : « plus tard il accompagne Jean Bullant... puis quand Bullant cesse de venir, il vient seul accompagné du controlleur des Bâtiments et des entrepreneurs » (page 19), puisque les documents de M. de Lasteyrie ne montrent qu’une visite de Bullant.
Nous confessons donc que nous ne sommes pas frappé : de voir le nom de Du Cerceau paraître à peine, ni de le voir paraître seulement incidemment, ni de ce qu’il n'y ait pas eu d’architecte du pont assez longtemps après le commencement des travaux, car nous le trouvons longtemps avant le devis de 1579. Nous ne voyons pas non plus : que la conception des plans, rédaction des devis, la conduite des travaux semble avoir été une œuvre collective plutôt que l’œuvre individuelle d’un artiste ou d’un autre, ni que le rôle d’architecte ait dû être par suite passablement restreint.
Il est possible que M. de Lasteyrie soit dans le vrai quand il cherche à s’expliquer une partie des faits qui l’embarrassent par la raison que le Pont-Neuf étant construit aux frais du Trésor, l’exécution des plans et la direction des travaux revenaient de droit aux architectes du Roy. Or, précisément, les deux fois que les plus illustres de cette époque, Lescot et Bullant sont nommés, les circonstances mêmes les excluent comme auteurs du projet; raison de plus pour considérer ce projet comme l’œuvre de l'autre architecte du Roi, Baptiste Du Cerceau, bien que son père Jacques portât lui aussi ce même titre.
Au contraire, il était du devoir de la commission royale de s’entourer de toutes les lumières pour que le projet présenté par le roi et son architecte fût exécuté dans les meilleures conditions de solidité et