Chapitre Vf, à l'occasion de Charleval
Si dans les titres de ses autres ouvrages le « dict » est supprimé, c’est peut-être que Jacques Androuet considérait son surnom comme suffisamment explicite, ou bien encore comme faisant déjà partie intégrante du nom d’Androuet.
Quant à l’époque de la naissance d’Androuet, nos recherches confirment, en la précisant davantage, la date mise en avant par MM. Berty et Destailleur, date qui variait entre i5io et i5i5. Les études faites par Du Cerceau en Italie avant 1 5 33 montrent que, dans aucun cas, il n'a pu naître après i5io ou 0121.
Dans l'état actuel de nos connaissances, et grâce à quelques documents nouveaux qui seront décrits ici pour la première fois d'une manière détaillée, c'est à Rome que nous devons nous transporter pour voir Du Cerceau émerger de l’obscurité profonde qui enveloppe les dix-huit ou vingt premières années de son existence. Au moment où la question de l’influence italienne sur la Renaissance française attire l'attention du public cultivé et forme l'objet de recherches ardentes de la part de plusieurs savants distingués, il nous semble que ce fait ne saurait manquer de valeur, et contribuera à éclairer plus d'un point de cette question si discutée. Si les Philibert Delorme et les Jean Bullant nous parlent eux-mêmes de leur séjour en Italie, il n’en est pas ainsi de tous les maîtres de cette époque et nous sommes obligés, sous ce rapport, d'attendre parfois longtemps les preuves écrites de faits que les œuvres nous faisaient pressentir. Hier à peine, notre savant confrère à la Société des Antiquaires, M. de Montaiglon, nous montrait Jean Goujon passant les dernières années de sa vie en Italie2; aujourd’hui, c'est un autre artiste français, dont le nom n est guère moins illustre, que nous allons voir débuter dans ce pays qui a le privilège de faire revivre de génération en génération l'exclamation du vieux poète : Hœc est Italia Diis sacra.
On n avait jusqu’ici aucune preuve certaine du séjour de Jacques Androuet Du Cerceau en Italie. Il semble même que l’on ne se soit