‹ Les Du CerceauChapitre 84 sur 230 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

rieure au dessin. Dans plusieurs de ces dessins, les ardoises du toit sont détaillées absolument comme dans les estampes des logis domestiques. (Fig. i3y.) — 9. Dessins se rapportant aux Plus excellents bâtiments de France : a) Château de Chambord, 4 : 52-53; b' Château de Madrid, 5 : 43-46; c) Louvre, rez-de-chaussée; 114-115.— 10. Traité de Perspective, 19:1 19-137. — 1 1. Traité des Ordres, 1 1 : 138-148; Palais : 1 5 - 1 6 , 18-19, 48-51; Monuments antiques: 28-29; le Pont du Gai Gard) : 109-1 10. Les feuilles 97 et 98 sont restées vides.

Comme un grand nombre de ces dessins, lucarnes, cheminées, puits, fontaines et sépultures, ont été gravés dans des volumes publiés en 1 5 5 9 et 1 56 1, nous ne serons pas loin de la vérité en admettant que le recueil aura été commencé vers 1 5 5 5 .

Les dessins de ce recueil appartiennent encore à la seconde manière de Du Cerceau ;

Gravé dans son livre des Cinquante bâtiments. (Cabinet des Estampes, à Paris. — Recueil M, fol. 78.)

mais, dans un grand nombre de cas, un examen attentif révèle une seconde main, celle d’un aide, que nous admettons avoir été celle de l’un de ses fils, car tous deux ayant été architectes, il n’v a rien que de très probable qu’ils aient été employés comme dessinateurs par leur père.

Nous citerons quelques exemples. Feuille 87 : dans le bas-relief, les grosses mains maladroites, la mollesse de l’acanthe, les tètes des figures révèlent la main d’un enfant de quinze à dix-huit ans ; fol. 90 : on croit voir un enfant copiant ou imitant son père.

104. — Lorsque Jacques Androuet le père était assez jeune pour dessiner aussi mal qu'il l’a fait dans cette fontaine, le style du dessin n’avait pas encore cette simplicité; cela ne peut non plus être une œuvre de sa vieillesse, car il y aurait du caractère dans le dessin, et l’on y reconnaîtrait sa manière.

Parmi le recueil d’ordres, les feuilles i38-iq3 révèlent principalement la main du fils.

Feuille 144. Le premier chapiteau corinthien avec son entablement est du père, le reste est douteux. — 145. Toutes les parties fines sont du père, les trois chapiteaux et les feuilles qui revêtent le fût. — 146. Tout ce qui est délicat, du père; les bases, moulures, certaines guirlandes, du fils. — 147. Les trois chapiteaux seuls sont du père.

Dans bon nombre d’autres cas, la représentation ennuyeuse des ardoises des toits paraît avoir été abandonnée également au fils ; par exemple, feuilles 3y, 44-45.

Dans le dessin de la figure humaine ce fait n’est pas moins frappant; par exemple, feuille 5 1 ; les femmes en robes de nuit, dans les niches, sont d’une exécution tout à fait enfantine; fig. 68, personnages d’une longueur ridicule dans les trois médaillons au-dessus de la cheminée ; les têtes sont mauvaises ; les acanthes et enroulements par contre sont du père.

Figure 79. Les huit anges, en chemises, avec couronnes et palmes au-dessus des arcs, les huit plus petits sur les petits arcs sont certainement du fils, tandis que l’Hercule à cheval, combattant Cerbère, et couronné par la Victoire, et les deux lunettes de gauche sont du père, ainsi que le reste du dessin.

86. Les mains ont été retouchées en noir, peut-être par Jacques, plus tard.

87. Le père, dans le dessin des figures, passe à sa troisième manière; fig. 92, dans les trois Grâces également; en outre, nous voyons dans les vases à tête humaine une de ces extravagances si propres à faire mal juger du goût de Jacques Androuet l’Ancien ; une autre se voit fig. 42.

I 1 5 . Rez-de-chaussée de la cour du Louvre. Tout ce qui n’est pas ornement pourrait

être du fils.

Par contre, nous pouvons citer le dessin « pour une lucarne saillante », soit comme exécution, soit comme composition, parmi les meilleurs dessins de Du Cerceau. La composition pour un grand château, feuilles 48-49, se rattache à la catégorie du « château idéal » du recueil N.

A l’inverse de ce que nous avons dit pour les dessins du présent recueil, reproduits dans le Second Livre d’architecture , ceux du Livre pour ceux qui veulent bâtir aux champs sont supérieurs aux gravures.

II a déjà été question des façades de palais sur les feuilles 1 5 - 1 6 et 18-19 L Nous remarquons en terminant que le volume primitif ayant été défait, et les feuilles, au lieu d’être pliées en deux, se trouvant maintenant développées, l’ordre des dessins est devenu tout autre que celui signalé par M . Destailleur2. La pagination que nous indiquons n’existe pas sur toutes les feuilles; nous l’avons interpolée; M. Destailleur avait déjà signalé certaines différences de main dans ce recueil; l’explication qu’il en donne est en somme la même que celle que nous proposons à notre tour.

Les feuilles 119 à 137 ont trait à la Perspective. Nous en parlerons dans le chapitre suivant à l’occasion du traité sur cette matière.

1. Voyez page 3o, n“ 1 (où il faut lire : recueil M, et non L) ; fig. 7 et page 32.

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