‹ Les ducs de BourgogneChapitre 30 sur 164 · CX XXI · texte numérisé non relu

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extrémité de la Péninsule, les productions variées de leur talent; mais on n'avait pas encore assisté, en Portugal, à l'enfantement, pour ainsi dire miraculeux , de ces reproductions vivantes de la nature. Une fois le portrait de l'infante Isabelle terminé et envoyé à sa destination , ce fut à qui obtiendrait du peintre célèbre soit un tableau d'église, soit une miniature dans un livre d'heures, soit enfin un portrait, et les portraits durent être nombreux, puisque don Diego en rapporta deux en Flandre, et les offrit, en 1520, à Marguerite, l'illustre gouvernante des Pays-Bas 1 .

Près de trente années s'étaient écoulées depuis que Jean van Eyck avait quitté le Portugal, lorsque le roi d'Espagne offrit au couvent de Miraflores un tableau de Rogier van der Weyden , le meilleur de ses élèves; plus tard un peintre de cette école, un Jean de Flandres, fut appelé à Burgos pour orner de son pinceau cette môme Chartreuse de Miraflores.

tient la chronique de Guinée écrite par Gomez Eannez de Azurara. 11 commence ainsi : Carta que Gomez Eanes d' Azurara comendador de horden de christos screueo ao sen/ior lieij quando Ihe envijou esto iibro , et termine : No anno de J/tesu Christo de nul e quatro centos e cinquoenta e tre annos. J)co grattas. Le portrait placé en tête de l'ouvrage se présente de trois quarts; la coiffure et le costume sont bourguignons, le contour des traits est ferme et décidé, le caractère bien accentué; la physionomie est finement saisie et heureusement rendue, le ton général est pale, et le modelé, toujours très-sobre, est produit par un pointillé pénible. En somme, c'est un portrait tout flamand et qui ne manque pas de mérite. Pour que la ressemblance avec les manuscrits de la cour de Bourgogne fût complète, l'enlumineur a tracé, en lettres gothiques, au milieu d'une bordure de Heurs parsemée d'armoiries, la devise de l'infant : Jaîaut de bien faire. 1 Voir plus haut , page xlix.

CXXXH INTRODUCTION.

De ce moment l'influence flamande est tellement prononcée, tellement exclusive dans toute la Péninsule, elle se continue, pendant toute la première moitié du seizième siècle, avec une telle persistance, qu'il faut admettre une émigration incessante1 des œuvres et des artistes des Pays-Pas dans l'Espagne et dans le Portugal , émigration favorisée par les relations politiques de ces pays , influence soutenue par une certaine parenté de goûts et des tendances analogues2.

1 J'ai cité déjà quelques artistes flamands venus en France au quinzième siècle , d'autres employés en Italie; voici ceux que des recherches déjà bien anciennes ont découvert en Portugal : Maîtres Huel ou Hugket, 1420; Guilhelme Belles, 1448; Jean Aunes, 1454; Gil Eannes, J 465; Jean, 1485; Christophe aVUtrecht, 1490; Antoine de Hollande, 1495 ; Olivel de Gand, 1496.

Dans une pétition adressée au roi par Garcia Fernandez, peintre, on lit qu'en 1518, Français Henriquez, son beau-père, le plus habile peintre de son temps, avait été chargé par le roi don Emmanuel de décorer la cour de justice, mais qu'il mourut de la peste, ainsi que sept ou huit peintres qu'il avait fait venir de la Flandre pour l'aider. L'original est aux Archives royales de Lisbonne (Corps chron., part. III, p. 15, doc. 13). M. Juromenha en a communiqué une copie à M. Raczynski. C'est aussi dans l'ouvrage de M. Raczynski que je prendrai l'acte de naissance de Vasco, le Gran-Vasco; c'est le seul document qui soit inédit et d'un intérêt véritable dans cet ouvrage, M. Raczynski en est redevable aux recherches de M. J. Berardo :

Aos xvu dias do mes de setembro de 1552 anos, bautisei Vasquo f" deFrco Ftz paintor et de Ma Amriques sua molher. (Signé) Alfonso Alves. — (Archives de l'église de Yiseu.)

2 Je vais donner ici un extrait du Voyage en Espagne de D. Antonio Ponz. 11 recherche les architectes, les sculpteurs et les peintres de l'église et du couvent de Miralloi es ; et on serait tenté de croire qu'il décrit quelque édifice de ce genre, construit par la piété, à la porte d'Aixla-Chapelle ou de Mayence, tant les noms sont allemands et flamands, tant ils sont peu espagnols :

En mayo de 1486 se le dieron a maestro Gil, padre del maestro Siloe, por la delineacion de los sepulcros del rey, y del infante don Alonzo, 1340 maravedis. En il ano de 1496 el maestro Gil , y Diego de la Cruz comenzaron el retablo mayor, y costo un cuento, 15,613 maravedis. La cusîodia se hizo despues en 1528 por Juan de Orna. En el ano de 1454 hizo la planta de la Iglcsia, claustro y de lo demas, que entonces se proyeeto , Juan de Colonia por la cantidad de 3,350 ma-

INTRODUCTION. CXXXIIÎ

La renaissance italienne, il est vrai, combattit de bonne heure cette prépondérance flamande ; mais elle rencontra une vive résistance. La lutte se prolongea, la victoire fut longtemps indécise, et, lorsqu'à la fin du seizième siècle elle se décida en faveur des Carraches, il s'était formé dans l'Espagne comme dans le Portugal , à la voix de l1 'éclectisme , programme de la nouvelle école italienne, un compro-

ravedis. Succedio a Colonia Garci Fernandcz de Malienzo , y a este Simon de Colonia hijo del expresado Juan.

En el coro de los legos se conservan antiguas pinturas, y son cinco que representan asuntos de la vida y martirio de san Juan Bautista. A qui he encontrado el nombre de quien hizo estas pinturas, por uno de los asientos del monasterio ; y dice que el quadro del Bautismo en el coro de los Lego3 lo comenzû a pintar el maestro Juan Flamenco en esta Cartuxa el ano de 1496, y que lo acabô el de 1499, y que costô, sin contar la comida que le dieron , 20,735 maravedis. Por el tiempo que se tardô en hacer esta obra, y unos liombres que trabajaban tanto, puede V. inferir la diligencia, que le he dicho de su execucion. Es regular que en el intermedio trabajase este artifice algnnas otras.

Ilay en la sacristia cinco tablas , sin duda del tiempo de lafundacion, segun aquel estilo de pintar acabado, al modo de el referido de Juan Flamenco, pero de otra mano , segun entiendo ; y un quadro de S.m Bautista de pie con el de otro Santo en trage episcopal, estan firmados por Antonius Claesins Brugensis, de cuya mano es el quadro del refectorio. No puedo dexar de hablar de una alhaja muy particular, y es un altarito con sus puertas, que servia de oratorio al rey don Juan el segundo, y fue regalo que le hizo el papa Martino V, segun se cuenta. A primera \ista tendria alguno esta obra por de Gerônimo liosco , pero es anterior al tiempo de este artifice, y muy superior a todo lo que el hizo. En el libro del Becerro del monasterio hay este articulo : Anno 1415 donavit prœdictus rex (don Juan) pretiosisMmum et devotum oratorium, très historias habens: Nativitatem scilicet, Jesu-Christi Descensionem ipsius de cruce , quœ alias Quima Angustia nuncupa'ur, et Apparitionem ejusdem ad matrem post resurrectionem. Hoc o-atorium a magistro Rogel, magno, et famoso Flandresco fuit depinctum. Diclias pinturas estan incluidas dentro de orlas caprichosisimas fingidas de piedra, con muchas figurillas, y otras cosas acomodadas en ellas.

Dans toute autre contrée que l'Espagne, la comparaison de Jérôme Boscli avec Koger van der Weyden serait un gros méfait. N'oublions pas <pie ce peintre, si bien doué, a exécuté ou du moins laisse dans ce pays ses meilleurs tableaux, et qu'on peut être disposé là-bas à le juger plus favorablement qu'ici.

Je trouve en outre un Jean de Bourgogne , peintre, attacbé à la maison de l'archevêque de Tolède en 1495, et c'est à cel.i qae se bornent nos renseignements déjà vieux de près d'un siècle. Les arcbivis sont-ell ïs donc fermées? et si elles sont ouvertes, l'érudition les cot.damnera-t-tlle plus longtemps au silence?

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