ARCHIVES ET BIBLIOTHÈQUES DE PARIS
Je terminerai mon long travail par les différents dépôts scientifiques de Paris. Leur richesse est immense, elle est un objet d'envie pour tous les étrangers, une cause de surprises inattendues pour nous-mêmes. Quand nous avons été bien loin demander aux collections étrangères des documents inédits, nous rentrons au foyer pour apprendre que nous en avons les mains pleines. Nous nous sommes extasiés , appesantis sur des copies, sur des fragments de titres et de chartes, sur des actes sans authenticité , nous trouvons à Paris les originaux au lieu des copies, les suites complètes au lieu de frag-
1 Pour déterminer ce caractère, il ne suffit pas d'avoir le goût des arts, il faut encore avoir fait une étude spéciale de l'école des Pays- Bas, comparée aux écoles contemporaines; étude délicate, minutieuse, et qui, au point où nous sommes arrivés, exige une attention exclusive et une critique compliquée de la comparaison de toutes les peintures conservées, avec l'étude de tous les documents historiques. M. Ra<zynski, malgré sa bonne volonté et son zèle si louable , n'était pas à la hauteur de ce programme. Au milieu de mille et un tableaux portant tous le caractère de l'école des Pays-Bas, il hésite entre les attributions les plus opposées, il déclare qu'Holbein n'a rien de commun avec l'école flamande, et il se perd dans les influences germaniques, anglai.es et arabes qui n'ont rien à faire dans tout cela.
ments et les sceaux appendus encore aux actes authentiques. Quelle richesse était donc la nôtre avant le grand orage de 93, puisque ces belles collections sont les débris d'un naufrage!
Les grandes archives nationales méritent en premier lieu l'attention. Les quatorzième et quinzième siècles y ont une longue histoire. Même en restreignant les recherches aux points de contact de la magnifique cour de France 1 et de cette cour de Bourgogne , sa rivale en luxe et en richesse , je vois encore une immense carrière à parcourir. Tout ce qui précède a fait voir dans quelle direction des tentatives peuvent être faites , des recherches poursuivies , et mes travaux dans cet immense dépôt historique sont assez avancés pour me laisser entrevoir d'importants résultats.
La Bibliothèque Nationale n'offre pas moins de ressources, mais j'ignore jusqu'à quel point il me sera donné désormais d'en profiter. Le département des
1 Je comprends dans la cour de France les maisons princières d'Orléans , de Berry et d'Anjou. Pour la première , les archives que M. de Joursanvault a dispersées au vent des enchères seront une de nos ressources. La Bibliothèque Nationale de Paris a recueilli l'inventaire original dont le catalogue de vente de M. Techener n'est qu'un extrait, et les Bibliothèques du Louvre, de Blois, de Londres, etc., etc., ont acquis la plupart des pièces originales. Pour la seconde, les Archives de Bourges nous sont ouvertes. Déjà, il est vrai, M. Girardot dans une foule de dissertations, et M. Baynal, dans celte bonne Histoire de Berry, que j'ai eu la satisfaction de couronrer et que je consulte chaque jour avec utilité, ont répandu d'intéressantes citations puisées à cette source; mais, là comme en Belgique, c'est une analyse suivie et méthodique qui nous manque, et la Bibliothèque Nationale, les grandes Archives de Paris , ainsi que la Bibliothèque de Sainte-Geneviève , complètent les Archives du département du Cher,