‹ Les ducs de BourgogneChapitre 33 sur 164 · INTRODUCTION. CXXXV1I · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CXXXV1I

manuscrits est , comme chacun sait , un labyrinthe dont ont n'a pas encore songé à tracer l'itinéraire *, mais dans lequel on nous permettait de nous guider selon nos goûts, nos études et une certaine expérience acquise par l'usage journalier. Aujourd'hui ce labyrinthe devient inaccessible, le conservatoire n'ayant pas trouvé de meilleur moyen pour en faciliter l'issue que d'en fermer l'entrée. Espérons que le régime républicain, si favorable à la liberté, comme chacun sait, ne tolérera pas plus longtemps ces entraves; qu'il nous sera permis, comme sous la monarchie, d'étudier un manuscrit sans en faire la demande huit jours à l'avance, de le comparer à celui-ci, à celui-là, à un troisième, à un quatrième, sans mettre huit jours d'intervalle entre chaque comparaison, dût-elle ne durer chaque fois que cinq minutes.

Il faut n'avoir jamais ouvert un manuscrit pour soumettre des travailleurs à un régime aussi absurde ; il faut n'avoir pas le sentiment de sa propre dignité pour infliger à des administrateurs, aussi éclairés qu'honorables, un déni pareil de discernement. Je ne cède à personne le droit de parler d'organisation de bibliothèque, et j'affirme qu'il n'y a pas en Europe une seule de ces grandes administrations publiques qui se soit arrogé un droit aussi exorbitant sur la

1 L'honorable entreprise de M. Paulin Paris ne doit pas être passée sous silence; mais la Description des Manuscrits françois, dont l'utilité n'est pas plus contestable que le mérite, est un effort isolé, sa portée ne se fait sentir que dans les limites du cadre choisi par l'auteur.

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