‹ Les ducs de BretagneChapitre 12 sur 42 · CONAN 111, EUDES DE PORHOET, CONAN' IV, GEOFFROY II · texte numérisé non relu

CONAN 111, EUDES DE PORHOET, CONAN' IV, GEOFFROY II

heur en donnanldans uq sccoud époux ua rival dangereux à son fils aine.

• Conan invoqua les droits de sa mère, droits (iu*elle lui transmettait directeaient. Mais cette princesse indigue , investie du pouvoir, avait à peine la force c de faire des vœux pour le fils d'Alain. > Eudes aussi avait un fils, un fils qu'il avait espéré voir porter un jour la couronne ducale, et renoncer ù cette espérance était trop affreux pour qu'il ne prit pas tous les moyens possibles afin d'écarter les prétentions de l'héritier des Penthièvre. Use disposa doncùlui résister par les armes, et la guerre civile éclata avec plus de fureur que jamais. Conan vaincu prit la fuite et se retira eu Angleterre, attendant une occasion favorable pour reparaître en Bretagne.

Ce fut alors que le roi Etienne mourut et que Henri , comte d'Anjou, monta sur le trône conquis un siècle auparavant parle Normand Guillaume. Henri était parent de Bertbe. c Cousin, dit-il à Conan, entre nous autres souverains, il n'est de loi que celle du plus fort. Je oe suis pas clerc et n'ai pas étudié le droit que tu réclames; mais chasse tes ennemis, et je te tiens pour certain et valable. >

Dès que le nouveau roi eut afifermi sur sa tête la couronne tant désirée , il passa le détroit avec des troupes nombreuses , s'empara des châteaux de Hédé et de Montmuran, et, uni à Conan, mit le siège devant Rennes. Le combat fut opiniâtre, car les deux compétiteurs comprenaient que la possession de cette ville importante entraînait celle de toute la Bretagne. Enfin, le Dieu des années regarda favorablement l'héritier légitime de la vieille Armorique et lui donna la victoire.

Eudes, défait, chassé, osa encore rassembler quelques débris de son armée pour essayer d'assouvir dans le sang la haine implacable qu'il portait à son adversaire ; mais il fut fait prisonnier par Raoul de Fougères. A cette nouvelle, les barons de Bretagne se groupèrent autour du vainqueur et , vassaux serviles ,

ai LES DUCS DB BRETAGNE.

lui rendirent le même hommage que, la veille encore, ils avaient rendu à l'usurpateur.

En vérité, s'il nous était permis quelques réflexions dans un récit historique , nous ne pourrions nous empêcher de remarquer dans cette circonstance , entre mille autres toutes scm«blables, combien les honneurs sont peu de chose, puisqulls ne s'adressent pas à celui à qui on les donné , mais bien h sa fortune et à son rang , et nous serions tenté de nous écrier avecM"^ de Maintenon : « Moquez- vous des honneurs qu'on vous rend! i

En mettant la mnin sur Eudes de Porhoét , Raoul de Pougères avait oublié les liens d*aftection qui l'unissaient an prince déchu. L'amitié est si légère quand l'intérêt commande ! Néanmoins, ami plus sincère qu'il ce l'avait semblé d'abord, le brave Breton ne se laissa pas enivrer des vaines louanges et des flatteuses promesses que Ini prodiguait le fils d'Alain le Noir; il répara noblement sa faute en rendant la liberté à son prisonnier.

Trahi par tous ceux qui s'étaient traînés à ses pieds quand il tenait le sceptre, Eudes quitta la terre natale et alla à la cour de France , où il reçut l'accueil le plus gradeux. Bientôt après, chargé d'une expédition militaire par Louis le Jeune, plus heu* reux en guerroyant pour un maître qu'en combattant pour ses propres intérêts, il soumit le comte de Mâcon. Déposant alors les armes, il attendit patiemment que la guerre civile lui permit de rentrer dans sa chère Bretagne.

Que faisait pendant ce temps le fils de notre coupable Berthe, l'indigne Conan lY, assis sur le trône de Barbetorte? II fléchissait sous la couronne de ses ancêtres, et sa main était trop f«;îble pour brandir la lourde épée d'Alain-Fergent.

La Bretagne était en feu sous un prince lâche et timide ; de tons côtés, les seigneurs levaient l'étendard do la révolte.... Le malheureux duc, étourdi de tant de menaces, efi'rayé à ta vue

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