‹ Les ducs de BretagneChapitre 18 sur 42 · CONSTANCE, ARTHUR I, AUX DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

CONSTANCE, ARTHUR I, AUX DE BRETAGNE

Après un dernier baiser déposé ^ur le froal de son noble enfonf, olle parUt avec Tespoir encore de faire qoelcfae traité avantageux au fils de Geoffroy et à la Bretapie.

A. peine à Pontorson, elle sévit environnée de soldats. Le chef de cette troupe se présenta devant eUe, la déclara sa prisonnière, et Constance reconnut.... Raoul de Ghester, que Tinfâme Richard avait associé à sa vengeance. BientM après elle fut enfermée dans le château de Saint-James de Beuvron , où Té- |)Oux détesté lui servit lui-même de geôHer.

Ge ne fut qu'un cri dans toute la Bretagne i la nouvelle de cet horrible attentat. Les . barons y assemblés i Saint-Malo de Baignon, délibérèrent sur le parti qu'ils avaient à prendre dans cette circonstance extraordinaire. Ils surent démêler la perfidie do roi d'Angleterre, qui dissimulait artificieusem^it son odieuse politique sous le voile d'une vengeance conjugale; mais trop faibles pour déclarer ouvertement la guerre à Richard, ils feignirent de donner dans le piège. Ils députèrent donc à la noble captive le sénéchal de Rennes, f chargé de lui offrir tout re qu'elle pouvait attendre de sujets loyaux et fidèles. L'envoyé trouva la duchesse accablée d'outrages et de douleur, et pourtant encore noble et courageuse dans son immense Infor* tune. Une seule pensée dominait ce cœur de mère : son fils !... La crainte que les Anglais ne lui ravissent la liberté anéantissait en elle tout autre sentiment. Elle supplia avec larmes ses barons dévoués de veiller avec une sollicitude paternelle sur l'enfant qu'elle leur confiait, de le défendre au péril de leurs jours. < Quant à ma personne, ajouta-t-elle, qu'il en soict ce qui à Dieu plaira; mais sur toute chose que ce soict qui me puisse adveuir, faites le mieux pour Arthur, mon filz ; je scray toujours bien , pourvu qu'il soict en sûreté et soubz la garde à ses bons, subjects. 1 Le sénéchal porta aux Bretons assemblés ces admirable» paroles de la duchesse. Les larmes mouillèrent \p%' yeux de nos braves Bretons, et spontanément ils jn-

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Cependant Richard s'avança jnsqn*à Rennes. U espérait y trouver rhéritîerdela Rretagne. Xab les barons ravalent confié au sire de Titré, qni FaTait caché dans nn de ses manoirs. Le roi d'Angleterre se laissa alors aller à nn accès de cette rage qui vivait toujours ardente an fond de son âme; il hatUt toute la province et fit les plus minutieuses recherches. L*enfant parvint toujours à lai échapper, conduit de chitean en château par le noble gardien qui mille fois exposa sa vie pour sauver le fils de Constance. Fatigué de ses entreprises infmctneuses» Richard quitta enfin la Bretagne et revint en Normandie. Ce fut là que Herbert, évéque de Rennes, le vint trouver et lui demanda justice de rinfôme conduite de Raoul de Chester. Le perfide Cœur de lion sembla accueillir ses plaintes avec bonté et prendre quelque intérêt au sort de Constance. Il promit qu*il ferait remettre la duchesse en liberté dans nn délai de denx mois, mais ù condition qu'elle ne gouvernerait que d'après ses conseils. En attendant, il se fit livrer nn certain nombre d*otages, otages qu'il promit de rendre , si le traité n'était pas exécuté .

Le délai expira , et Richard n'accomplit pas sa promesse ; il ne renvoya même pas les otages qu'on lui avait donnés.

Remplis de douleur, les barons s'assemblèrent de nouveau . Quelques-uns gardèrent un morne silence; à d'autres, échappèrent des paroles de fureur et de vengeance ; enfin tous se séparèrent en jurant encore de sauver l'enfant et de délivrer la mère.

Constance, apprenant leur désespoir, leur fit porter des paroles de consolation , elle qui était si affligée! Elle conjurait encore une fois ses fidèles de ne pas abandonner leur jeune duc, les assurant que les souffhinces, les privations les plus dures , lu captivité même et les outrages qu'on lui faisait endurer, rien n'était comparable à la douleur qui déchirerait son àme, si son ttls tombait entre les mains de ses ennemis. Une si admirable

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