CON$TA?ICB, ARTHUR 1, ALIX DE BRETAGNE
ftor notre jeune duc , le saisit par les cheveux et le frappe dt nille coups!... S'arrétant soudain, il contemple un instant ce cadavre ensanglanté, jette un regard de triomphe et de frénésie sur le pAle visage du noble et bel Arthur, et, prenant dans ses bras le corps inanimé du fils de Geoffroy, il le plonge dans les flots en s*écriant : < Tout est à moi désormais, et voilà, beau neveu, le royaume que je t'avais promis!... > Telle fut la fin horrible d'Arthur I*', roi d'Angleterre, duc de Bretagne et de Normandie, comte du Maine, deTouraine, d* Aquitaine et d'Anjou.
On cri immense s'éleva de la Bretagne désolée et trouva un écho par toute lu France. < Jamais, dit un historien, on ne vit plus de deuil, de gémissements et de pleurs. > Les seigneurs regrettaient dans le fils de Constance un prince qui, au dire de Jean lui-môme, aurait été un jour Thonneur de la chevalerie, et qui, d'ailleurs, s'il ne les eût pas conduits sur le chemin de la gloire, leur aurait ouvert celui des richesses par ses libéralités. Le pauvre peuple redemandait un père, et nos vieux Bretons» ces intrépides défenseurs de la vieille Armorique, qui cent fois avaient donné du sang pour sauver l'indépendance de la patrie, pleuraient dans l'adolescent le héros de Merlin et le compagnon dn grand Hoêl; tous, enfin, craignaient de tomber sous la domination étrangère et de gémir encore sous un lûche et féroce tyran; car l'usurpateur, l'assassin revendiquait déjà la Bretagne, comme tuteur d'Éléonore, fille de Geoffroy et sœur ainée d'Arthur, qui, dès sa naissance, captive des Plantagenets , languissait depuis quarante ans au fond du couvent de Bristol.
Gui de Thouars, veuf de la duchesse Constance, beau-père d'Arthur et seul représentant de la famille ducale, assembla à Vannes les prélats, les barons et les plus riches bourgeois de Bretagne. Il présida lui-même cette assemblée, tenant entre ms bras sa fille Alix, qu'il présentait comme l'héritière dn noble
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Arthur, au mépris des droits d'Éléonorc. Sans doute, h fille de Geoffroy aurait du être saluée duchesse par nos braves Bretons. Mais c'était remettre encore le gouvernement entre les mains de ;^es Plantagenets devenus si odieux et qui avaient fait tant de fois le malheur de la province. Les états proclamèrent donc la jeune Alix , confièrent à Gui l'administration du dncbé pendant la minorité de la princesse, et, versant des torrents de larmes sur la tombe d*Arthur, députèrent au roi de France Pierre de Dinan, évéque de Bennes, et Richard, sénéchal de Normandie, pour lui demander justice du meurtre du jeune duc.
Jean sans Terre avait cru ensevelir à jamais son crime dans les eaux de la Seine. Mais ces flots se rougirent du sang de la victime et murmurèrent le nom de l'assassin.
Philippe-Auguste , heureux de trouver une occasion si favomble d'écraser un vassal trop puissant, cita Jean au tribunal de la cour des pairs en même temps qu'il faisait envahir la Normandie et le Poitou par les troupes françaises, c Y aura-t-il sàreté pour le retour? fit demander l'accusé par la bouche d'an évéque. — Oui, répondit Philippe, si le jugement le permet. » Peu satisfait sans doute de cette réponse, l'Anglais trouva plas saige de ne pas comparaître. 11 essaya de se faire défendre par le saint-père comme croisé , vassal de l'Église et oint de Thoile sacrée, mais le jugement suivant n'en fut pas moins prononcé : € Attendu que Jean, duc de Normandie, en violation de son serment à Philippe, son suzerain, a assassiné le fils de son frère aîné, vassal de la couronne de Franche et proche parent du roi , et qu'il a commis ce crime dans la seigneurie de France, il est déclaré coupable de félonie et de trahison, en conséquence condamné à perdre toutes les terres qu'il tenait do roi par hommage. »
Pendant que la cour des pairs pronon<;ait contre lui cette sentence sévère, que les armées de Philippe-Auguste triomphaient dans la Normandie, l'Anjou, le Maine, la Touraine et le Poitou, et qne Gui de Thouars, à la tète de nos chevaliers bre^ tiHis, soumettait Avranches et le mont Saint*MîcheK et pénétrait jusque dans les faubourgs de Caen, le lâche Jean sans Terre se faisait sacrer \m>ut la quatrième lois, espérant pevt-étre qne