CONSTANCE^ ARTHUR I, ALIX DE BRETAGNE
rhuîle sainte laverait ses crimes, et, du pied des autels, courait se vautrer, au foud de la Normandie, dans les plus honteuses débauches. Quand on lui annonçait les victoires des Français et des Bretons, quand on lui disait que les vainqueurs traînaient les commandants de ses forteresses et les gouverneurs de ses provinces liés à la queue de leurs chevaux : c Laissez-les faire, répondait-il nonchalamment; je recouvrerai en un jour ce qu'ils m'auront pris en plusieurs années. > Enfin, honteusement chassé de toutes ses villes, ]e fils de Henri II se réfugia en Angleterre. La Normandie fut réunie à la couronne des lis, après en avoir été séparée pendant 292 ans, et la Bretagne releva directement de la France.
Cependant les progrès de Philippe-Auguste donnaient de Tinquiétude à Émery de Thouars , frère de l'administrateur de Bretagne. Il ne cessait de répéter que le duché allait bientôt gémir dans les fers des Français et que le seul moyen d'échapper à cette opprafsion, c'était de se jeter dans les bras de celui qui tenait encore en son pouvoir la véritable héritière d'Arthur, et qui plus tard pouvait devenir redoutable en se portant comme tuteur de la princesse Ëléonore. Craignant pour son autorité , le faible époux de Constance crut aux paroles de son frère. Tandis qu'il amusait le roi de France par de belles promesses, il fit un traité secret avec Jean sans Terre, et il n'attendait plus que la descente des Anglais sur les côtes de la vieille Armorique pour porter le fer et le feu sur les frontières françaises, lorsque Philippe, pénétrant ces indignes projets, se présenta devant Nantes, dont on n'osa lui refuser les portes, déclara duchesse la jeune Alix, se réserva la tutelle de l'enfant, réduisit l'ambitieux au vain titre de régent et courut ravager les domaines d*Émery.
Gui de Thouars n'eut plus même le droit de disposer de sa fille : le suzerain se chargea de ce soin. D'après le désir des barons, il songea d'abord à l'unir à Henri d'Avangour, fils d'Alain,
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comte de Tréguier» chef de la maison de Pentbièvre et remes* tant par le célèbre Gurvand, comte de Rennes, jusqu'aux anciens rois du pays; mais réfléchissant ensuite que cette union tente nationale réveillerait peut-être en Bretagne des idées d'iode pendance, considérant en outre Tâge disproportionné des futurs époux (la ducbesse avait sept ans et le jeune Henri n'en comptait que quatre), il renonça à cette allLince» dont les conditions avaient déjà été réglées à Paris, et jeta les yeux sur un prince de sa propre maison, Pierre de Dreux, petît-fils de Louis le Groi^ héritier d'un beau nom, mais peu fortuné : il n'apportait à reotant qui lui donnait le duché de Bretagne et le comté de Ricbemont que les seigneuries de la Fère-en-Tardenois, de Pontoise, de Brie-Comte-Robert, de Cbailly et de Lonjumeau. c Mais, dit judicieusement un historien , Philippe-Auguste ne s*oublia pas lui-même dans le contrat de Pierre de Dreux » : il exigea Thon^ mage lige du nouveau duc.
Sous le gouvernement féodal, il y avait deux sortes d'hom«mages : Thomniage franc et Fhommage lige. L'hommage franc ne regardait que le ôcf et se rendait debout, l'épée au côté, les mains sur rÉvangi]3 et avec le baiser. L'hommage lige, ainsi nommé à cause d'un ancien usage de lier le pouce du vassal et de lui serrer les mains dans celles de son seigneur, regardait la personne en même temps que le fief. Il se rendait nu-tête, à genoux, les mains jointes, sans épée, sans ceinture et sans éperons. Ce serment soumettait le vassal ù la peine du crime de. félonie et au service pour son suzerain contre toute créature qui put vivre et mourir.
Ce fut le 27 janvier 1213 que Pierre de Dreux fit hommage a« roi de France. Il vint aussitôt en Bretagne, où il reçut les ser^ ments des barons avec cette restriction : c Sauf la fidélité du roi de France, notre sire. »
Gui de Thouars mourut la même année dans sa solitude de Chemillé en Anjou.
Wtmmmm dm Dbbvz ( 1213-1237 ).
Pierre de Dreux, premier duc de Bretagne de la maison de France , était le prince le plus spirituel et le plus habile de son temps; mais il avait plus de penchant au mal qu'au bien, et dans ce qu'il avait de bon il se glissait toujours quelque vice qui en effaçait tout le mérite. Destiné dès Tenrance aux dignités ecclésiastiques, Pierre, qui ne se sentait aucune inclination pour les saints ordres, embrassa la profession militaire, après cependant avoir étudié de longues années dans les écoles et s'être distingué dans la connaissance des lettres. Cette démarche lui valut le surnom de Mauclerc ( mauvais clerc). Da reste, inquiet, turbulent, ambitieux, railleur et de peu de bonne foi , il passa sa vie dans des agitations continuelles. Son premier ennemi fui le roi d'Angleterre.
Si Jean sans Terre, plongé dans les débauohes les plus faon-
tcuses, avait d'abord vu sans inquiétude Philippe de France s'emparer de ses plus belles provinces continentales , il avait jeté un regard de regret sur cette Normandie et cette Bretagne qui lui avaient échappé, quand, retiré dans son royaume d'oatre» mer, il avait refléchi froidement aux événements qui s'étaient accomplis. Après s'être réconcilié avec la cour de Rome et mis ses États sous la suzeraineté du saint-siége , il songea à réparer les pertes qu'il avait faites. Il débarqua donc à la Rochelle, parcourut le Poitou et meaaça la Bretagne du côté de la Loire ; il s'empara même d'Oudon et d'Ancenis. Pierre, qui combattait alors pour Philippe-Auguste , accourut aussitôt à Nantes, qu'il entoura de fossés et de barbacanes. Pour construire ces fortifications, il ne respecta pas les terres des églises : de là le prétexte et l'origine de ses longs démêlés avec le clergé.
Mauclerc marcha au-devant de Jean sans Terre , qui se dirigeait sur la ville, et le chargea avec tant de vigueur, qu'il le contraignit à prendre la fuite. L'Anglais se porta sur la Rocfaeaux- Moines, forteresse que le sénéchal d'Anjou avait fait construire sur la rive de la Loire pour protéger les marchands, les voyageurs et même les particuliers contre les attaques da capitaine qui commandait Rochefort, autre place située sur la rive opposée.
Louis de France et Pierre de Dreux vinrent au secours de la Roche aux Moines ù la tête de 2,000 chevaliers et de 7,000 hommes de pied. Les troupes anglaises étaient bien supérieures en nombre, et cependant le jeune et courageux Dauphiu fit offrir la bataille; Jean la refusa avec dédain, c Puisque vousaheurtez contre la Crote-aox-Moines , dit alors à l'Anglais le vicomte de Thouars, qui combattait dans ses rangs, vous éprouverez à la malheure les forces de Louis , et pour puissante que soit votre armée, m'est grandement avis que n'en sortirez avec honneur. J'en jure ma fy, que illec n'y a rien à gaigner. Ores, je m'en retourne i Thouars. » Effrayé de cette prédiction,
PIERRE DE DREUX. ll'J
de oet abandon , Jean sans Terre s'enfuit en désordre , laissant fies tentes» ses bagages et ses machines de guerre. Attaqué par* lo Dauphin et nos Bretons au passage de la Loire, il y perdit la plus grande partie de son armée. Quelque temps après, il conclut avec la France une trêve de cinq ans.
• De retour en Bretagne, Pierre de Dreux se fit rendre compte de rétatde son duché, état qu'il n'avait pu connaître encore. Il comprit que la couronne ducale était dominée par deux puissances rivales, le clergé et la noblesse. Jaloux de son autorité , iljuradeles abaisser. Son désir eût été de combattre d'une main les évéques devenus souverains dans leurs villes épiscopales et de l'autre écraser les barons ; mais trop faible pour une si grande entreprise, il s'unit d'abord aux seconds pour réduire les premiers, afin de parvenir ensuite plus facilement à soumettre les seigneurs qui prétendaient partager avec lui le souverain pouvoir.
Sans doute, il faut convenir que Mauclerc était rempH- d'une haine injuste contre l'Église, qu'il porta trop loin son ressentiment peu fondé en n'épargnant pas même ceux des dignitaires ecclésiastiques qui s'étaient rendus respectables par leur sage conduite et leurs éminentes vertus ; mais il faut dire aussi que Inm nombre d'évéques s'étaient arrogé des droits qu'ils n'avaient pas, qu'ils voulaient exercer une autorité temporelle peu compatible avec leurs fonctions saintes, et qui d'ailleurs .ippartenaient exclusivement au duc. Ainsi ils s'attribuaient le droit d'ost ou d'armée, consistant à convoquer les écuyers et les chevaliers qui tenaient des fiefs militaires , celui de ressort ou d'appel des causes qui auraient du être portées devant le tribunal du duc ou aux états; ils changeaient en rétributions pécuniaires et annuelles les frais que supportaient les curés dans leurs visites pastorales. Enfin plusieurs refusaient leur service au duc . faisaient battre monnaie , comptaient les dates de l'année de leur installation , exigeaient des prêts considé-
liO LES DOGS DB BltSTA€?(E.
rables de leurs oaailles, qa'ils nommaient leors sujets» et Mc»nulaient par des moyens illicttes tant de bénéfices, que, fabbé de Keijean étant mort, le pape, effrayé de la moltitnde des mandes qui lui arrivaient de toutes parts pour obtenir les breux titres du défunt, cmt que tons les abbés de la Bretagne étaient morts en même temps. Les antres membres dn clergé imitaient trop souvent leurs cbefs. Sur presque tous les points de la province, ils exerçaient le tierçage ou jugement des morts, droit qni consistait à s'emparer du tiers des meubles existaat' dans un ménage au décès de l'un des époux; et le past nuptial , taxe exorbitante exigée de ceax qui se présentaient aux antsls pour faire bénir leur union.
Mauclerc entreprit de réformer tous ces abus. Mais, encoro une fois, pourquoi le fit-il avec violence? Pourquoi répondit-il à de simples plaintes par la confiscation des biens des évéqnes, la révocation des donations qui leur avaient été faites, l'aboKtlmi de leurs privilèges consacrés depuis des siècles? Ploslenrs fois excommunié, Pierre ne s'arrêta pas dans ses fureurs: il alla josqn'jk chasser les clercs de ses villes , jusqu'à investir les lienx iFasileponr y saisir ses victimes, jusqu'à murer les portes des églises pour forcer ceux qnll poursuivait à prendre la faite on à mourir de bim. Le duché fut mis en interdit. Les temples da Seigneur furent fermés , le service divin interrompus, tous les sacrements refusés, à l'exception du baptême, les alliés dn duc absous de leurs promesses, ses sujets déliés de leurs serments. Et cependant Mauderc ne céda pas !
Tout à coup, après quelques années d'obstination, il se soumit à la coar de Rome, rendit les biens confhqués, construisit de nouvelles églises.... Ce retour «^ la justice n'était point le fnrit dn regret et dn repentir , mais bien celui de la politique : la noblesse l'attaquait plus terrible encore qne le clergé, pins menaçante , plus irritée, plus puissante....
5^ Mauclerc ; en montant sur le tràne ducal , avait été frappé
PIBRRB DE DREW. lil
des privilèges abusifs du clergé , il ne Tavait pas été moins de oen des gnnds , et il s'était promis d'abolir 1« plus promptement possible les droits de bris» de sauvetage, de délivrance, de brefs de conduite aux navigateurs et de bail ou de tutelle. Ge dernier droit surtout, les seigneurs l'exerçaient d'une manière odieuse : s*emparant de la garde des enfauts mineurs et en mène temps de tous les biens des parents défunts , dont ils devaient jouir jusqu'à ce que les orphelins eussent atteint leur jingerité, ils laissaient languir les héritiers dans la misère , négligeaient leurs intérêts et ne pensaient qu'à s'enrichir à leurs dépens.
Pierre commença par inviter les vicomtes de Léon à renoaccr au droit de bris on plutôt de brigandage qu'ils exerçaient sur les côtes. Hervé . Conan , Guiomarch et Soliman de Léon ne répondirent qu'en se fortifiant dans leurs domaines et en faisant un appel séditieux à la noblesse mécontente. Les Penthièvre, ces rivaux du duc, tonjours remuants et disposés à la révolte, accoururent sous leur bannière, et avec eux tons les seigneurs bretons. La guerre civile éclata, dura deux années, pendant lesquelles une horrible famine désola la Bretagne , et ne se termina qoe par la grande bataille de Chàteaubriant, le 3 mars 1 tiS. c Le combat de chamaillis, dit d'Argentré, fut fort et ferme, et ne s'épargnèrent point; en telle sorte qu'il en fut tué par terre bon nombre. C'étaient mêmes armes, même sang, même cœur; kl terre fut incontinent couverte d'hommes morts. Les Man- ' ceaux et les Normands perdirent les confédérés en ouvrant par leur fnite le flanc des gens de cheval, lesquels furent Incontinent couverts de flèches et contraints de faire large, laissant la fortune au duc Pierre , qui , d'ailleurs , avait hardiment payé de sa personne. § Malgré cetle victoire éclatante, Mauclerc comprit qu'enlever aux nobles des droits dont ils jouissaient depuis des siècles , c'était chose impossible, et il leur rendit en partie ceux dont it les avait privés. .'
I2à LES DUCS DE BRETAGUB.
Pendaat tous ces démêlés de Pierre de Dreux arec le clergé et la noblesse de Bretagne, était mort l'inrâme Jean sans Terre. Nous nous sommes trop occupé de cet homme» objet de l'exécration des Anglais et du mépris général , pour qu'un dernier mot sur lui n'intéresse point à un haut degré nos jeunes lecteurs. Déjà savent-ils peut-être qu'accablé depuis quelque temps d'une fièvre qui paraissait peu dangereuse » Jean vit» an pa»% sage de Cross-Keys, engloutir par l'afflux de la marée et da courant de la Welland les fourgons qaî portaient sa couronne, ses joyaux et le trésor royal » et que cette perte le frappa d'une telle douleur, qu'il expira trois jours après. Mais ce qu'ils ignorent sans doote» c'est le dire des vieilles chroniques sur ce qui suivit la mort de ce monstre souillé de tous les crimes. Elles racontent que son corps fut déposé à l'abbaye de Worcester» près des reliqoes de saint Wnistan. Or, les céré manies d'usage étant achevées et les moines s'étant retirés, il s'accomplit sur la tombe un effrayant mystère. A minoilY à cette heure où les morts sortent, dit-on, de leurs cercueils pour entourer l'autel, le garde de l'église fut éveillé par de sourds gémissements. Effirayé de ces accents lugubres qui se changèrent bientôt en cris, tels qu'une oreille humaine n'en avait jamais entendu, il courut avertir Édie, le saint abbé da ■MMsastère. Ëdie vit le spectre dn roi déÂnnt se dresser devant Ini, et il entendit distinctement ces paroles : « Je suis Jean , naguère souverain , naguère roi de la vieille Angleterre. Tous les innocents à qui j'ai donné la mort se sont réonis pour me tourmenter; mais aucune peine n'^ale celle qne me lait éprouver te voisinage d'an ami de Dieu, de saint Wnistan! Enlève mes os de ce temple saint; jelle4es dans le lien le pins vil. Je sais condamné par le juste jugement de Dieu ! > Tout rentra dans le silanœ* £die passa la nnit en prières, et dès le lendemain les iwtes de rorgneilleux Jean forent transportés dans nn c^amp ^ » nssnre-t«on , est depuis ce jonr resté rebelle à la cnltnre.
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Mais revenons à notre Mauclerc, toujours en discussion avec son clergé » toujours disposé à abaisser les barons. Veuf d'Alix de Bretagne, après sept ans d'union , il songea à se fortifier par un second mariage; il jeta les yeux sur Jeanne , fille de Baudouin IX et héritière des comtés de Flandre et du Hainaut. Cette princesse était mariée; mais son époux Ferrand, l'un des prisonniers deBouvines, languissait à Paris dans la grosse tour du Louvre, et tout faisait prévoir qu'il finirait ses jours dans la captivité. La belle Jeanne, qui n'avait pour lui aucun sentiment d'amitié, ne repoussa pas les offres du duc de Bretagne, qui parvint à obtenir de la cour de Rome la dissolution du mariage de la comtesse et de Ferrand. Louis le Lion, qui avait succédé à Philippe-Auguste sur le trône de France, intervint alors dans cette affaire; il déclara qu'il ne permettrait jamais à un vassal de porter en même temps les couronnes de Bretagne et de Flandre, et rendit lui-même la liberté à l'époux de Jeanne. Pierre dissiqiula son ressentiment, et, tandis qu'il s'unit à Louis contre l'Angleterre, qu'il enleva Chantoceaux au brigand Crespin, qu'il se distingua à la seconde croisade contre les Albigeois, par sa justice et son humanité il se réconcilia pour un temps avec le clergé et les exigeants seigneurs de Bretagne , et fortifia son duché du côté du Maine par la construction de Saint-Aubin du Cormier; de sorte qu'il se trouva prêt à se venger de la cour de France, quand un enfant de neuf ans, saint Louis, hérita du trône par la mort de son père et que le gouvernement du royaume tomba dans les mains d'une femme , Blanche de Castille.
Dès la fin du règne précédent, le duc de Bretagne, les comtes de Champagne et de la Marche , le duc d'Aquitaine , plusieurs seigneurs du Poitou et le roi d'Angleterre avaient foi mé une ligue contre la France. Chacun se promettait de ressaisir ce dont il avait été dépouillé; et, bien que Pierre de Dreux n'eût rien perdu, il était le chef le plus ardent de la coalition. La mi-
oorité du jeune roi parut aux coufédérés un moment favorable.
lisse réunirent aussitôt à la carrière de Curtray et y tinrent des conférences pendant quarante jours. Mais Thabileté de la régente fit échouer leurs projets : un seul mot détacha de la ligue
le comle Thibaut de Champagne, qui avait conçu pour la veuve de Louis y III une passion romanesque , et l'approche jusqu'à Vendôme d'une armée conduite par le jeune roi dissipa le parti des mécontents. Blanche se hâta de dépécher un envoyé au duc Pierre, le faisant prier avec sa courtoisie ordinaire de la venir visiter. Mauclerc se rendit à Vendôme et fit hommage au roi comme son vassal, après toutefois que la reine mère lui eut accordé d'immenses avantages, que le mariage d'Yolande de Bretagne avec Jean, frère de Louis, eut été arrêté, et que chacun eut juré « sur l'âme du roi > de garder la foi du traité.
Ce serment n'empêcha pas le duc breton d'entrer. Tannée suivante, dans une nouvelle conspiration dont le but était de se rendre maître du jeune roi , qui était alors près d'Orléans , et d'enlever la régence à Blanche de Castille pour la donner au comte de Boulogne, frère puîné de Louis VIII. Les conjurés se réunirent à Corbeil et dressèrent une embuscade sur le chemin d'Ë lampes. Mais l'un d'eux, le comte de Champagne, toujours dominé par son amour, fit secrètement prévenir la régente, et le projet échoua.
Furieux d'avoir été trahis, les seigneurs alliés jurèrent de se venger de Thibaut et ne songèrent à rien moins qu'à le détrôner en se déclarant protecteurs d'Alix, reine de Chypre, fille du comte Henri de Champagne, frère aîné de Thibaut, mort dans la Palestine. Néanmoins, avant de déclarer la guerre à l'usurpateur, les confédérés essayèrent de le ramener dans leur parti en lui offrant en mariage Yolande de Bretagne, cette même princesse qui avait été fiancée au frère du roi par le traité de Vendôme et que venait de laisser libre la mort de Jean de France. Thibaut accepta avec empressement. Les conventions