‹ Les ducs de BretagneChapitre 25 sur 42 · JEAN 1 LE ROUX, JBA^ II · texte numérisé non relu

JEAN 1 LE ROUX, JBA^ II

on le représenta c les mains {ointes , vêtu d'une tunique de mailleSy son épée et son écu pendant, à sa ceinture , la tête placée sur un coussin et les pieds sur un chien , symbole de la fidélité. >

En suivant le valeureux Pierre de Braine jusqu'en Palestine , nous avons oublié Jean le Roux, qui, assis sur le tr6ne qu'avait occupé son père, renouvelait les querelles de Muuclerc avec le clergé. Dès le jour même de son couronnement, il avait solennellement promis aux barons de les maintenir dans leurs droits et privilèges; mais il avait retusé aux évêques cette même promesse ; de là des plaintes , d^s disputes , des menaces, des excommunications et le surnom de Mauclerc, joint à celui de Roux qu'on avait déjù donné au nouveau duc, à cause de la couleur de ses cheveux.

Tout le règne de Jean W fut rempli par ses démêlés avec le clergé. Nos jeunes lecteurs seront donc bien surpris d'ap« prendre que ce prince faisait profession d'une grande piété. Qu'il nous suffise de leur faire remarquer que saint Louis, Je plus dévot et le plus vertueux de nos rois, fut peut-être le plus ferme de tous pour s'opposer aiixr empiétements temporels du pape. Ce n'était pas combattre contre la religion que d'empêcher l'ambition de quelques-uns de ses ministres , pour la plupart fort ignorants à cette époque et égarés par un désir coupable d'honneurs et de richesses qui leur faisait oublier qu'ils étaient les disciples d'un maître pauvre et humilié.

Jean ne ménagea pas non plus les seigneurs trop exigeants. 11 prit bientôt les armes contre le baron de Lauveaux et le sire deCraon, qui avaient ravagé ses domaines particuliers pour obtenir la cession de quelques droits; il les vainquit, confisqua leurs biens et les fit enfermer, le premier au chlteau de Sussinlo et le second à la tour du Bouffay. Cette fermeté et ce succès rapide intimidèrent les plus remuants et valurent une longue paix à nos Bretons.

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Cependant Finterdit pesait sur une partie du daché» & cause de la sage résistanoe du coble duc contre les exactions ém clergé sur le peuple. Touché des larmes de ses sujets, Jean le Roux y qui n'avait eu d'autre désir, en ceignant son front de la couronne ducale, que de travailler au bonheur de ceux que Dieu lui confiait, se rendit i Rome pour y solliciter l'absoliition du saint-père. Mais il fallut rendre aux évéques tons leurs privilèges, même ceux du tierçage et du past nuptial, droits odieux que nous avons déjà expliqués.

Les barons. Jaloux de ces nouvelles concessions ftiites au clergé, prirent les armes contre les prélats, qui , eux aatai, fournirent des hommes d'armes. La guerre civile désola une fois encore noire malheureuse Bretagne, et avec elle l'incendie, la misère , la famine et les maladies contagieuses. Ces discussions sanglantes et scandaleuses se terminèrent c par une sorte de lassitude ou trêve devant laquelle les plus forts firent h peu près ce qu'ils voulurent, i

Au milieu de ces troubles, Jean I^ maria son fils Jean de Bretagne avec Réatrix d'Angleterre, fille de Henri III, obtint la restitution du comté de Richemont pour le jeune prince et agrandit ses domaines parllculiers par guerre, procès ou achat. Il entra ainsi en possession de presque loua les biens des vicomtes de Léon, grands dissipateurs; et la ville de Brest, dont il obtint la cession de ces mêmes vicomtes, ne lui coAta, dit-on, que 100 livres de rente et une haquenée blanche. Mais bientôt un règlement, sollicité par les barons inquiets, interdit formellement au duc de Bretagne de travailler à l'accroissement de ses revenus.

Jean I*' suivit saint Louis à la dernière croisade avec son épouse. Blanche de Champagne, son fils et sa belle-fille. Après avoir vu expirer le saint roi à Tunis et guerroyé un an en Palestine, le prince breton revint dans sos États , oà il s'occupa activement de la réforme des mœurs et de l'administration de la

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