‹ Les ducs de BretagneChapitre 34 sur 42 · FRANÇOIS 1 , PIERRE II « ARTHUR · texte numérisé non relu

FRANÇOIS 1 , PIERRE II « ARTHUR

Le duc reotrafoa aussilôt « en la chambre > et la fustigea si cruellement avec des verges Tralchement cneiUies, qu'il la laissa baignée dans son sang. La vertueuse épouse ne profera aucune' plainte 9 s'écriant seulement : c Mon amy, croyez que j'aimerois mi iux mourir que d'offenser Dieu, ny vous; mes peschez méritent plus rude chastiment que celui-cy : mon cher ami, Dieu nous veuille pardonner. •

Quelques jours après, Françoise languissait sur un lit de douleur. Sincèrement affligé et repentant , Pierre , après s'être châtié lui-même par I9 hairc et la discipline, se jeta aux pieds de l'épouse qu'il chérissait , bien qu'il la fit souvent la victime de sa mauvaise humeur, el en obtint un généreux pardon. Depuis ce temps, il la rendit parfaitement heureuse et la consulta en toutes choses.

Sous ce règne, furent accomplies à Vannes les cérémouies de la canonisation de saint Vincent Ferrier, illustre dominicain espagnol , qui , après avoir prêché en Bretagne contre le schisme d'Occident, y était mort en 1119. La duchesse reçut en présent < un doigt du saint, sa ceinture et son bonnet doctoral. >

Pierre fut atteint de la maladie des bras , au dire de la chronique. Les plus habiles médecins qu'on fit venir de Montpellier et d'Italie déclarèrent que le duc avait été envoûté et qu'il n'obtiendrait sa guérison qu'en usant des mêmes moyens et en renvoyant ainsi à ses ennemis le mal qn'il en avait reçu.

Le prince et sa pieuse compagne eurent horreur d'un remède que la religion condamnait. « J'aime mieux mourir de i»ar Dieu que de vivre de par le diable, • s'écria le duc. Il descendit dans la tombe en 4457 sans laisser d'enfants et emportant avec lui les bénédictions de son peuple.

La duchesse embrassa la vie monastique au couvent des Coêts, près de Nantes.

Usé par trente ans de fatigues et de combats, rempli de

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doaléor âu souvenir des nombreuses btnilles de Je&R IV et de Jéâtt V qu'il avait vues s'éteindre autour de Idf , le oonnëtabkr de Hichemotit ceignit triitement , à l'âge de soixanteHcinq ana, son front Hdë et h demi ebauve de cette couronne ducale qu'il aurait été si heureux de poser sur la tête du (n*ln0e Gilles &ê Bfetagne. Mais dès qu'il eut revêtu le manteau d'hermines, dès qu'il fut monté sur ce trône où s'étaient assis son père » sofl frère et ses deui neveux, je ne sais quelles peAsées ambifietties tinrent dissiper sa tristesse et jeter un voile d'oubli sur les ào9^ leurs passées.

Nous connaissons déjft Richemont, sa profonde politique » ses nombreuses victoires, sa loyauté et son incomparable fidélité.

Quand le nouveau duc eut reçu les serments de ses sujets^ il se rendit à Vendôme, où était le roi, faisant perler deux épées devant lui : l'une, la pointe haute, comme duc de Bre* tagne ; l'autre en écharpe comme connétable do France » et répondant h ceux qui prétendaient que cette charge était fort au-dessous de sa nouvelle dignité et qu'il devait s'en démettre : « Je dois honorer dans ma vieillesse ce qui m'a honoré dans iDâ jeunesse. »

Arthur rendit l'hommage simple, bien que le monarque voti*> lût exiger l'hommage lige et reçût asset durement son fidèle connétable.

On dit que le prince breton quitta Vendôme, empoisonné par les flatteurs de Charles VII. c Pleust à Dieu , s'écrie son biographe, que jamais n'eust esté à Vendosme , car oacquos pois ne fut sain jusques à la mort, et plusieurs font grand double qu'elle fut avancée. Dieu en sait la vérité, i

L'histoire n'ose admettre une telle allégation. U faut si peu de chose pour déranger la santé d'un homme de 8oixaate*cinq ans fatigué par la guerre!

Le seul reproche qu'on puisse faire au héros pendant eou

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