FRANÇOIS 11. S
d'ttDe arrière-petite-fiUe de Jeanne la Boiteuse, et le vicomte deRohan, veuf de la princesse Marie , seconde fille de François I^'et tante, par conséquent, de la duchesse Anne. De plus, le «eignour de Rohan se disait issu de Gonan Mériadec, premier poi des Bretons.
De son côté , le duc s'occupait activement du mariage de sa fille bien-aimée, seul moyen de lui assurer la couronne. Mais les prétendants à la main de la jeune fiileétaient plus nombreux encore que ses compétiteurs, et les difficultés naissaient de toutes parts. Le vicomte de Rohan et le sire d'Albret aspiraient en même temps ù la couronne et à la main de la petite duchesse : le premier avait pour lui les charmes de la figure et de la fortune et était appuyé par le maréchal de Rieux ; le second, surnommé le Grand , lé plus riche seigneur du royaume , mais c au visage bourgeonné, au regard dur, à la voix rauque, à rhumeur querelleuse et chagrine >, et de plus veuf de quarantecinq ans et père de huit enfants , sommait le duc avec de gros jurons de donner sa fille à qui saurait mieux la défendre. Lescun agissait secrètement pour le duc d'Orléans , et le prince d'Orange pour Maximilien, roi des Romains.
La régente, toujours soupçonneuse , retenait Louis d'Orléans à la cour, où il lui était plus facile de surveiller ses actions. Fatigué de cet espionnage , le duc lui échappa enfin , se réfugia en Bretrgne, où il fut bientôt rejoint par Dunois et où il forma avec l'archiduc d'Autriche, Fiédéric, le sire d'Aibret, le prince d'Orange, Maximilien, le comte et le cardinal de Foix, frères de la duchesse Marguerite, une ligue dont le but véritable était de renverser la dame de Beaujeu et de s'emparer àe la régence.
Les seigneurs bretons ne surent pas comprendre le motif de cette confédération des princes étrangers; ils crurent que François II voulait en faire les instruments de sa haine contre les révoltés d'Ancenis, et, excités de plus eu plus pur l'adroite
Anne de Bourbon , dont Tunique pensée était de conquérir la Bretagne par les Bretons eux-mêmes, ils se réunirent à Châteaubriant avec les d'^putés de la régente et s'engagèrent à chasser du pays le duc d'Orléans et ses partisans, à conditioo que le roi leur donnerait du secours et n'entreprendrait rien sur le duché.
Aussitôt quatre armées françaises envahirent la Bretagne par quatre points différents» pillèrent Ploêrmel , s'emparèrent de Vannes et se présentèrent devant Nantes , où le duc s'était re« tiré. Après deux mois de résistance « le malheureut prince allait succomber sous les coups de ses barons réunis aux Français V lorsque Dunois arriva tout à coup à la tête de i 0,000 bas Bretons, qui , armés c de faux, d'arcs, de frondes et de quelques arquebuses >, juraient de sauver la patrie. L'armée française, effrayée à la vue de ces bandes indisciplinées, s'enfuit en désordre.
Plusieurs historiens ont exagéré le nombre de ces défenseurs accourus des landes de la Cornouallles et des pays de Léon » de Vannes et de Tréguier. Suivant Sauvage, ils auraient été 50,000; suivant Mézerai , 60,000 ; quelques autres vont jusqu'à dire qu'ils étaient si nombreux , qu'ils mirent une rivière à sec en se désaltérant.
Les seigneurs confédérés soupçonnèrent enfin la véritable pensée de Charles VIII ou plutôt de la régente. Anne de Bourbon n'avait lancé ses troupes en Bretagne que parce qu'elle espérait que François, qui n'avait alors que cinquante ans , mais qui était accablé déjà de toutes les infirmités de la vieillesse et qui avait été atteint pendant quelque temps d'une maladie grave, touchait à ses derniers jours, et que l'heure était venue de mettre son royal pupille en possession d'une province depuis si longtemps convoitée par les monarques français.
Les nobles bretons, et, à leur tête, le maréchal de Rieux ,