‹ Les ducs de BretagneChapitre 6 sur 42 · ALAIN V, CONAN II, HOBL V · texte numérisé non relu

ALAIN V, CONAN II, HOBL V

pu fadleneiit s'en emparer pour lui-même en ftiisant valoir ses droits bien fondés et en-les appuyant par les armes ; mais toujours noble et généreux, il combattit pour son pupille, remporta des victoires et lui assura l'héritage paternel. U se retira ensuite , sa mission était accomplie; il avait gardé la foi jurée i un ami.

Les fidèles de Normandie , le jeune duc lui-même ne eoaiprirent pas le noble désintéressement de notre malheureux Breton, et, loin de lui témoigner une reconnaissance méritée, ils répandirent hautement le bruit que le nom de Guillaume n'était que le voile dont Alain couvrait sa propre ambition. Le fils de Harlette consentit à ce qu'on c le délivrât d'un rival redoutable > , et le poison termina la vie d'un des plus grands princes dont s'honore notre Bretagne.

Conan II n'avait que trois mois à la mort de son père. Le comte Eudon s'empara aussitôt de son neveu et du gouvernement. Il tint l'enfant constamment enfermé pendant huit ans. Quant à lui, il guerroya sans cesse, se liguant avec les seigneurs normands contre leur jeune souverain Guillaume, et ravageant à certains intervalles les terres de Normandie qui touchaient à la Bretagne. €e fut alors que les moines de Saint- Michel firent fondre une grosse cloche qu'ils sonnaient dans leur monastère pour avertir les habitants de la contrée de l'approche des terribles Bretons.

Se souvenant de l'ambition d'Eudon et craignant qu'il n'atleiitât aux jours du jeune prince qui lui était confié, les seigneurs de Porhoét, de Vitré , du Faou , de Taulé, etc. , formèrent une ligue pour enlever le petit Conan. Ils agirent m secrètement , que l'héritier de la Bretagne fut conduit à Rennes sans que son tuteur en eût connaissance. Eudon fut obligé de lui rendre he«image comme à son duc et souverain, et, s'étant soumis, il reprit la tutelle, s'intitnlant comte et parfois duc dans les actes de son administratton.

o4 LES DUCS DE BRETAGNE.

Devenu majeur, Conan prit les armes contre son tuteur. Eudon chercha à s'emparer de Rennes. Pour y réussir, il fit alliance avec Robert de Vitré. Conan les vainquit et fit son oncle prisonnier. La guerre n'en continua pas moins. Geoffroy, fils aîné du rebelle, la soutint avec acharnement pendant cinq ans , secondé par Hoêl, comte de Nantes et de Cornouaîlles. La paix fut enfin signée en 1062.

La Rretagne ne jouit pas longtemps de la tranquillité. Guillaume de Normandie voulut aussi profiter de Tinexpérience de «otre jeune duc; il fit élever sur les frontières le fort de Saint- James de Reuvron. Conan lui envoya proposer un défi, lui indiquant le jour et Theare du combat. Le Normand s'y rendit» «tleadit longtemps son adversaire sous les murs de Dol , pois alla assiéger Dinan et retourna en Normandie. A peine iut-l! parti, que Conan, qui n'avait point osé lui livrer bataille , s'empara du château de Combourg et reprit Dinan.

Ces victoires affermirent le fils d'Alain Y sur le tr6ae ducal. Il n'avait plus.rien à redouter des étrangers , et l'intérieur de la Bretagne était entièrement pacifié, la paix et le bonheur semblaient devoir être désormais le partage de nos bons Bretons. Mais les mœurs du temps exigeaient qu'un prince se battît. Notre jeune duc jeta donc autour de lui un regard inquiet et résolut bientôt d'aller guerroyer dans le bas Anjou.

La ville de Rennes trembla d'être encore une fois privée c de la gracieuse présence > de son souverain. Ce frémissement parcourut toute la Bretagne. Dans ces temps malheureux, l'annonce d'un voyage du duc jetait toujours l'effroi dans les cœurs. Les habitants des campagnes cachaient soigneusement ce qu'ils avaient de plus précieux, ceux des villes ne recevaient les nobles qu'à de certaines conditions; car ils se trouvaient presque toujours ruinés par les exactions et les exigences des gens de guerre , puisqu'il fallait livrer toutes les provisions, indemniser les pauvres, etc. Aussi, < pour éviter le retour du fléau , on d^-

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