ALAIN Y, CONAN SI, HOBL V
truisait les routes, on formait des marais, on s'isolait par tous les moyens imaginables. >
Ces quelques mots sufiQront sans doute pour faire comprendre les craintes de nos Bretons en voyant les dispositions belli* queuses de Conan. Les premiers au combat quand il s'agissait de défendre la liberté menacée ou de protéger des intérêts sacrés y ils se souciaient peut-être peu de la gloire. Je veux dire le peuple, car les seigneurs, nobles chevaliers, ne rêvaient que batailles, qu'aventures, que périls. Aussi nous les verrons bientôt se presser sur les pas de Guillaume pour aller chercher sur l'âpre sol de l'Angleterre de nouveaux hasards et de nouveaux lauriers; nous les verrons répondre avec enthousiasme à rappel solennel des papes pour courir en Orient briser le cimeterre des musulmans et délivrer le tombeau du Christ 11 est vrai que dans ces dernières expéditions un grand nombre seront entraînés par cette tendre dévotion , la plus charmante des vertus bretonnes.... Mais n'anticipons pas sur les événements; suivons notre Conan dans le bas Ai^ou , assistons à la prise des villes de Pouancé et de Segré et asseyons avec lui notre camp sous les murs de Chàteau-GonUer.
Pendant ce temps , Edouard le Confesseur , roi d'Angleterre , expirait en désignant pour soc héritier le Normand Guillaume. Harold, qui, sous le règne du faible prince, s'éUiit rendu toutpuissant, s'empara aussitôt de la couronne et s'établit dans le royaume usurpé. Le fils de Robert le Diable médita alors la conquête de l'île d'Albion. Il ût publier son ban de guerre , promettant c une forte solde et le pillage de l'Angleterre i tout homme, haut de taille et robuste de corps, qui voudrait le servir de la lance , de i'épée ou de l'arbalète. > Ce fameux cri de guerre retentit au loin ; c tous les enfants perdus de l'Europe occidentale accoururent à grandes journées > , et Guillaume prépara ses formidables armements.
Ce fut au moment qu'il allait quitter le continent que Conan
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loi envoya m netsager poer loi dire de sa part : f Ta as préparé un Yoyage en Angleterre; je t'en félicite, et je serai bies aise s'il fait tra prolt. Mais auparavant ta me dois la raison da doeiié de Normandie que ta détiens Injostenient , et qne Robert, dernier duc, mon ooosiny et qne toi, Galllaome» advooes poor ton père, yonlant faire son voyage d*oatre-aier , avait prié Alain, feu mon père, de le venir visiter; que toi, GuillaonM, et tes complices aves malheoreosement empoisonné et fait monrir à Westmoastier, et qne moi, Gonan, n'ay pa recouvrer, estant lors en eage d'enfance ; et par ce, je te somme maintenant de me rendre ma terre et pays de Normandie; autrement, je suis résolu k te faire la guerre par feu et sang. »
Le Normand fut étrangement surpris en apprenant que ses projets de conquête pourraient être traversés par un homme qui avait fui devant lui.... Néanmoins il se trouva dans un cruel embarras ; car il s*était trop avancé pour renoncer ù l'héritage d'Edouard. Laisser la Normandie sans défense , c'était la livrer au pillage des Bretons ; partager ses forces , c'était s'eiposer & être battu tour è tour par Harold et par Conan. Mais bientêt c la belle science des Normands » Rt cesser toute son inquiétude.
Conan conduisit avec snccès le siège de Chàtean-Gontier ; la place se rendit, et le duc monta à cheval pour faire son entrée 4sns la ville.... Son Chamberlain ^ gagné par les présents et les promesses du Als de Harlette , avait empoisonné le eor , les rênes et les gants de son maître. A peine le malheureux Conan fut-il dans Château-Gontier , qu'il fut c saisi au cœur et mourut subitement > dans d'horribles convulsions c tout comme son père était mort, i
Conan II étiit un prince audacieux , entreprenant , infatigable, au dire de dom Morice. S'il aimait les armes, il ne négligeait pas la justice et protégeait les lois avec autant d'affection que s'il n'eût aimé que la paix. Il était liMi*al et bon ami ,