ETUDE HISTORIQUE
En 1921, Jupp réunit plusieurs cas de duodénite, caractérisés anatomiquement par une congestion de la paroi et présentant cliniquement le tableau de l’ulcère gastro-duodénal. Quelques années plus tard, en 1927, P-LENOIR et P. BRODIN, dans une communication à la Société de gastro-entérologie, signalent le point paraombilical droit, capital pour le diagnostic des lésions pyloro-duodénales. BEULE en 1928 dans un rapport à la Société Belge de gastro-entérologie fait ressortir l’importance de la stase duodénale ( sans obstacle empêchant la progression de la baryte ».
Plus récemment dans les bulletins de la Société de gastro-entérologie paraissent les mémoires de BRODIN et de Madame TEpEsco (1934) sur les spasmes duodénaux dans l’appendicite chronique, et ceux de KADRNKA et BARDET. En octobre 1934, Pior à la Société de Radiologie, disjoint parmi les infections du carrefour iléo-cæcal capables de se compliquer de troubles duodénaux, l’appendicite chronique de la dysergie iléo-cæcale de Lar- DENNOIS. Les travaux de KiRKLIN en 1934 et de MILLER
publication de PAVEL et PAUNESCO-PoDEANO sur les su
ffections non ulcéreuses du duodénum a récemment mis la’ question au point.
ETUDE ETIOLOGIQUE ET PATHOLOCIQUE
La Duodénite, que la clinique n’avait fait que pressentir a été démontrée par la nécropsie puis par la radiologie. Les recherches effectuées ont confirmé l’étroite parenté qui existe entre les affections de la région cæcoappendiculaire et le Duodénum. Depuis Descamps et TURNESCO, BRAITHWAITE, BERCEANU, nous savons que les vaisseaux lymphatiques issus de l’appendice se jettent dans les lymphatiques coliques droits après avoir suivi
les vaisseaux mésentériques.
D’après BERCEANU, ces lymphatiques dont le point
de départ est la région appendiculaire se jettent dans les
ganglions rétro-duodénaux.
Pour BRAITHWAITE, ces lymphatiques passent par,
trois relais ganglionnaires. Les vaisseaux issus du groupe
duodéno-paneréatique se rendent en passant devant la
troisième portion du Duodénum aux ganglions entourant
les vaisseaux mésentériques supérieurs, et s’abouchent
dans le groupe lombaire. Ces vaisseaux se terminant
dans des ganglions situés le long de la prémière et de la
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deuxième portion du duodénum et dans les ganglions en-
tourant le cholédoque ou la vésicule biliaire, il y a donc
par voie lymphatique un apport dans la région duodénale ou cystique de la lymphe infectée dans la région cæco-
appendiculaire, on trouve donc à la base des lésions duo-
dénales, des lésions d’appendicite chronique, ce que LaR-
DENNOIS appelait la dysergie iléo-cæcale & un ensemble
dont la symptomatologie est complexe et dont le traite-
ment devra nécessairement supprimer toutes les causes. » et la stase cæco-ascendante.
Les faits expérimentaux démontrent par ailleurs le
retentissement des troubles de la région cæco-appendicu-
laire sur le duodénum. En injectant du naphtol f dans
les artérioles du cæco colon H. ROGER constate au niveau du duodénum des lésions de congestion et des suffusions hémorragiques dans la muqueuse. NATTAN et LOEWY réalisent des lésions duodénales après injection de produits septiques dans une anse préalablement ligaturée. Les malformations de la région iléo-cæcale peuvent entretenir ces
- troubles en provoquant une gêne à l’évacuation iléale.
Des inflammations diverses peuvent, plus rarement il est vrai, être à l’origine de cette affection, en particulier celles portant sur le péritoine de la région duodénale ou sur le système lymphatique.
Les séquelles d’affections anciennes, ou des affections chroniques touchant l'intestin, l’appendice, ou les anne-
xes chez la femme, ou des affections ignorées ou négli-
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gées du péritoine succédant à des affections générales sont souvent le point de départ d’une irritation locale avec retentissement sur le duodénum. L’angine souvent rentre dans ce cas par les lésions lymphatiques et les atteintes éloignées qu’elle produit.
CHrrAY et ARCY ont montré l’importance d’une appendicectomie trop tardive ou imparfaite pouvant amener une duodénite ou une périduodénite avec syndrome pseudo-ulcéreux. Nous noterons que ces malades sont presque tous des hommes, présentant facilement un état de déséquilibre vago-sympathique, souvent aggravé par des troubles endocriniens. Souvent aussi ces sujets sont des éthyliques, ils aiment les plats pimentés, mangent vite et ont une mastication imparfaite, ce qui explique la coexistence de lésions de gastrite à la duodénite qu’ils présentent. Ces malades sont des amaigris avec antécédents de troubes digestifs vagues tels que embarras gastriques frustes ou intolérance alimentaire passagère dans l’enfance. Presque tous sont des constipés chroniques avec de temps à autre des débacles diarrhéiques.
La lésion initiale consiste essentiellement en une stase duodénale. Sous l’effet de cette stase des aliments et aussi des ferments, substances particulièrement toxiques, la paroi duodénale subit une irritation d’abord puis une inflammation constituant le point de départ de la duodénite, celle-ci se complique de périduodénite puis, par
propagation, la vésicule biliaire devient le siège d’une
cholécystite secondaire produisant une gêne d'évacuation de la bile et constituant une nouvelle compression du duodénum par spasme au génu-supérius.
L'ensemble offre alors une association de troubles gastriques, duodénaux, hépatiques, nerveux avec fléchis. sement important de l’état général.
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On se trouve deyant des malades présentant un
tableau de dyspepsie, celle-ci consiste essentiellement en
un syndrome caractérisé par la difficulté de la digestion ee avec retentissement sur l’état général et l’état nerveux en particulier mais comprenant en outre associés ou prédo-
minant selon les cas des troubles gastriques hépatiques
Re On connaît la phrase classique de LasèGuE : Q le dyspeptique n’est dyspeptique qu’à la condition de souf-
| et intestinaux. | frir et de se plamdre ». |
I. — Ce qui importe donc avant tout dans les troubles gastriques est la douleur. Douleur rarement précoce : habituellement tardive 3 ou 4 heures après les repas avec lon $ : rémissions et rechutes périodiques. La sensation douloues , reuse est violente, elle siège à l’épigastre et s’irradie dans
le dos, sur les côtés ou vers l’épaule gauche; elle peut
2e Th être calmée ou atténuée par les vomissements, par l’absorption d’aliments, ou par une position particulière. Plus ou moins violente( elle peut consister uniquement
en pesanteur épigastrique après les repas) il s’agit d’une
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douleur de siège et de type imprécis, d’allure essentielle-
ment capricieuse. Parfois le symptôme essentiel est représenté par une sensation de malaise épigastrique avec impression de pesanteur ou de ballonnement après les
repas.
IT. — Symptômes hépatiques se traduisant par des nausées fréquentes, des migraines, de la congestion de la face, des insomnies la nuit ou une tendance au sommeil après les repas, une langue -saburrale, de la fétidité de l’haleine. Ces malades présentent un peu de subictère parfois avec rémissions, des matières légèrement décolorées
et des urines assez riches en pigments et en sels biliaires.
III. — Des symptômes intestinaux caractérisés par des fermentations avec gaz etdes troubles du transit. Ce dernier est parfois retardé. Dans un statistique établie par MILLER et portant sur 25 cas on trouve 7 fois un retard du transit, 5 fois une accélération et dans 13 cas le transit était à peu près normal. On peut enfin constater des hématémèses ou du mélœna par réactions congestives et suffusions hémorragiques au niveau de la muqueuse; rarement l’hémorragie est plus importante, liée à des exulcérations et pouvant entraîner la mort du malade. Dans certains cas, heureusement plus rares, le tableau est plus dramatique et présente le type de perforation péritonéale. PUHL a montré un cas analogue avec
gastroduodénite érosive. On a expliqué cette forme grave