‹ Les duperies de l'amourChapitre 2 sur 10 · ERREURS D'ESTHER · texte numérisé non relu

ERREURS D'ESTHER

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FI^BltlI^Rlt FAKTHÏ.

le chMeail ée Bbàqûenégre est en Px^veilcé » entré Va YiH* et la itfèr^ pitlen^ëqiietttent: pliiiité s^'uiië petfite monti^àei dont lé» flimcs couverts dé pinsr i^en rMÊtiÉ^ovûaÈ^j&m6(^ dëiiiE»lés ^rëvés^ftiblDtinëtiseiir; et de l'autre dans leê prairies cachées sous le féiiiUagfe dfl# ùt9Bg^,' dér Éiélèzeflf et des ôUViétis. Tout le pàyeé^ ne- i^senl^ de la démeilce ordinaire du ciel'. lésp^faônedy qUbique Côu]^es de landétf piërreiiseir et dë'i^ôcs péléSy y sont fti*tile£(, et les bords de la met offip^t sui^ une àsisez longue ététidûé, aùiHrèr de plages aiUés, dës^ prothontbirés tbujours vetts. Au dire der UiMIbriCTûr, Ce chfttéaû servit à plusieurs reprisés à déteidre le littoral' : d*abord^ en fô25) lorsque la PMice^ dont le connétable dé Bourbon avait à se vent/SÊs éttét lûétiacée d^U^e iaviMoxl dé Gbàrlèff*Qidtit';

et plus tard, lorsque la flotte génoise, souh les ordres d*André Doria, ravageait les côtes de Provence.

Vers le commencement du siècle dernier , le beau domaine de Bouquenêgre tombait en ruines ; mais une intelligente main releva ses murs, sans rien lui enlever de son aspect à demi sauvage et de sa physionomie martiale. On le voit encore aujourd'hui se dresser orgueilleux et fort sur un plateau carré , environné de ravins profonds que la nature a creusés dans le roc. L'architecture n'en est pas reconnaissable; les murailles sont hautes, presque noires, et crénelées comme une place forte. Des tourelles, lancées hardiment vers le ciel, accusent nettement les angles de l'édifice et cachent leurs sommets altiers sons une couche épaisse de mousse et de lierre. Tel qu'il est, le château de Bouquenêgre se tient sur ses bases, dans une fière attitude, qui rappelle le courage et l'iudomp* table valeur de ses anciens maîtres.

Depuis longtemps, le château était désert^ lorsque, à la fin de 1 835, le marquis de Bouquenêgre, au retour d'un long voyage, vint Thabiter. Il avait épousé, en Grèce, une jeune fille d'Athènes, d'une singuUère beauté, qui, pour le suivre, avait tout quitté. Elle arrivait avec lui dans un état de grossesse assez avancé, et était à peine depuis quelques jours à Bouquenêgre lorsqu'elle mit au monde une fille. Mais la maternités lui coûta. la vie. L'accouchement fut très-laborieux et suivi d'une fièvre de lait qui la mit, en peu de temps^

à toute extrémité. Les efforts tentés pour la sauver restèrent impuissants. Elle mourut ayant dans sa main la main de sou mari, aux lèvres des paroles d'espérance et d'amour, et dans toute la splendeur de sa radieuse beauté.

Ce fatal événement frappa au cœur M. de Bouquenêgre. Quelques heures avaient suffi pour le précipiter, du faîte de toutes les joies que donne une affection partagée, dans Tabime douloureux qui s'ouvre derrière une affection perdue. 11 mit dans le cercueil avec sa femme une moitié de lui-même, et l'autre moitié resta vivante pour la petite fille dont le berceau avait coûté une tombe. Le soir de ce terrible jour, le marquis, demeuré seul dans sa maison vide, prit l'enfant sur ses genoux, et, la serrant contre lui avec une ardente tendresse : « Pauvre petite, lui dit-il, maintenant c'est à moi de t'aimer pour deux. »

Elle reçut les noms de Marie-Antoinette-Esther; ce dernier, en souvenir de sa mère, qui l'avait si bien et si peu porté. Une femme de la campagne lui donna son lait, et son père l'amour qu'il lui avait promis. M. de Bouquenêgre , surmontant sa douleur et voulant mener à bout la tâche qu'il s'était imposée, de vivre pour sa fille et de la faire vivre belle et heureuse, se plia aux caprices d'un enfant. Sa nature se dédoubla, si on peut parler ainsi, et il voulut remplacer auprès d'Esther la mère qu elle avait perdue, sans que pour cela le rôle du père fût sacrifié. Non-

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