‹ Les duperies de l'amourChapitre 4 sur 10 · LES ERREURS D'ESTHER · texte numérisé non relu

LES ERREURS D'ESTHER

ne veux être pour vous qu'un frère. Ainsi, dissipez vos craintes ; je ne veux vous tenir que de vous-même.

Ce langage arracha des pleurs à Esther, mais, en même temps, il lui fit un mal horrible; car il venait la faire rougir d'une faute qu'elle ne s'expliquait pas encore, à laquelle elle ne voulait pas croire et qu'elle aurait rachetée au prix de tout son sang.

— Vous êtes bon, répondit-elle à son mari en lui tendant la main. Un jour, je vous remercierai mieux.

Elle eut le vertige en songeant qu'élit ne pouvait plus ajouter : « Je suis digne de vous. »

Le même soir, les nouveaux époux partirent pour Bouquenègre. Le marquis ne devait les y joindre que quelques mois plus tard. Il n'ignorait pas dans quelles dispositions d'esprit et de cœur était Esther, et il pensait avec raison qu'il était inutile qu'un tiers, quel qu'il fût, assistât au drame intime dans lequel madame et M. de Tarsannes allaient jouer leur bonheur à venir. Il avait donc résolu de voyager en Allemagne tout le temps qu'Esther et Lionel resteraient en Provence.

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