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DEUXIÈME DEGRÉ

Une charte de l'évêque diocésain Arducius, de la catégorie de celle dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, mais datée de l'année 1172, nous fait connaître les circonstances suivantes qui concernent Conon de Mont:

1° Barthélémy de Bière ayant ratifié (ou approuvé) la donation faite par Robert de Bière en faveur de la maison de Bonmont, de ce qu'il possédait dans le territoire de Fahrica, sous Mont, avait donné Conon de Mont et Anselme de Saint-Oyen pour garants de cette confirmation, et cela en présence de ceux-ci, de Jean, frère du dit Anselme de Saint-Oyen, de Marchon de Bière, de Girold, prieur de Bière, d'Othon de Saint-Saphorin et de Gaucher de Pont.

2° Conon de Mont et son épouse Alais avaient fait don à la prédite maison de Bonmont de la terre que le prieur de Perroy* possédait au-dessus des vignes de Bougel {de Baugels), acquise de celui-ci à titre d'échange. Le dit prieur, confirmant cette donation, avait promis qu'il la ferait ratifier par le chapitre de « Tonnoz » {Toimius) et avait désigné Conon de Mont pour garant de sa confirmalion.

* Le prieuré de Perroy, de l'ordre de Cluny, se trouvait dans la terre de Mont, le village de Perroy appartenant à cette seigneurie. On ignore par qui ce prieuré avait été fondé.

CONON (seigneur) DE MONT. 13

3° Les précités Conon et son épouse Mais avaient donné au même monastère la terre que les fils de Falchete, savoir : Hugues et ses frères, possédaient jusqu'au sommet du mont, et cela avec leur consentement.

4° Le même Conon de Mont avait aussi confirmé, en faveur du prédit couvent, la possession de la terre de Vincent {Vincencû).

L'abbé de Bonmont, à raison de ces diverses concessions, avait fait don à Conon de Mont d'un cheval de prix {equum optimum), elle dit Conon, de son côté, avait donné à l'abbé, pour garants de paix, entre autres, Amaidric de Mont, son frère, Burchard, sénéchal (de Mont) et Hugues de Monnet, ce dont avaient été témoins le doyen Savaric, le prêtre Béroard, Etienne, clerc de Lavigny, Gaucher de Pont, Burchard de Perroy {de Permis), un moine et deux frères convers*.

Ces diverses concessions de Conon de Mont étant, dans l'année 1172, des faits accomplis, nous en concluons qu'à cette époque le dit Conon était déjà en possession de la terre de Mont et que son père n'était plus vivant alors.

Selon la charte de l'évêque Arducius, de l'année 1177, en faveur du couvent de Bonmont, précédemment mentionnée, Conon de Mont confirma de nouveau, ainsi que son épouse Alais et leur fils Ebal, au château de Mont, la donation des dîmes de Bougel, etc., faite par son père Louis, en faveur du couvent de Bonmont, et cela en présence d'Amaldric de Mont (son frère) et du sénéchal Borchard. Et le même Conon de Mont et son épouse Alais, qui avaient engagé au couvent de Bonmont, pour 35 sols, les droits

* Mém. et Doc. publiés par la Soc. d'hist. et d'archéologie de Genève, XIV, pag. 379-381.

qu'ils avaient dans le manse de Fabrica, savoir : les corvées de bâtisse, deux gerbes et la garde à laquelle ils prétendaient*, donnèrent ensuite les prédits droits au dit couvent, à titre d'aumône perpétuelle, en présence de Manno, abbé de Hautcrêt, d'Amaldric de Mont, de Pierre et Hugues de Pont, du chevalier Borchard et d'autres témoins^

C'est à ce qui précède que se bornent les notions que l'on possède sur Conon de Mont, dont l'épouse, ainsi que nous l'avons vu, se nommait Alais (soit Alexie). Conon de Mont paraît n'avoir plus vécu aux environs de l'année 1210, époque où son fils Ebal apparaît à sa place dans les documents.

Outre le prédit Ebal, Conon de Mont laissa encore deux fils : Guij et Louis. Le premier fut seigneur de Genollier, dépendance de la seigneurie de Mont, et l'auteur d'un rameau de la branche aînée de sa famille, duquel nous parlerons plus tard. Louis de Mont, homme d'Eglise, devint abbé du monastère du Lac de Joux, qualité sous laquelle il nous apparaîtra dans l'année 1211.

TROISIÈME DEGRÉ

Ebal, fils aîné de Conon de Mont et de son épouse Alais, avait sans doute atteint l'âge de raison dans l'année 1177,

• « Uidelicet bastimentum, duos manipulos et vigilias quas calumniabantur. »

* Mém. et Doc. publiés par la Soc. d'hist. et d'aichéologie de Genève, II, a^e partie, pag. 89.

EBAL (l), SEIGNEUR DE MONT. 15

puisque nous apprenons par la charte déjà plusieurs fois citée de l'évêque Arducius qui porte cette date, que le prénommé Ebal avait confirmé, avec ses parents, au château de Mont, la donation des dîmes de Bougel faite en faveur de la maison de Bonmont.

Aux environs de l'année 1210, Ebal de Mont [Hyhlo de Monté) donne à Dieu, à sainte Marie et aux habitants de la maison d'Oujon, tous les droits qu'il a dans leurs limites, en dîmes, pâturages et autres choses. Il confirme en leur faveur toutes les donations que ses prédécesseurs leur ont faites, et il leur concède le pâturage dans sa terre, hors de leurs limites, ainsi qu'ils l'avaient précédemment. De leur côté, les religieux d'Oujon lui concèdent que le payement de 14 livres qu'il leur doit, savoir 11 livres pour son père, 40 sols pour son oncle le sire A(maldric), et 20 sols pour sa mère, ait seulement lieu à sa convenance. Ebal de Mont leur promet une paix durable et une véritable amitié. Il s'engage sur les mains de Rodolphe, abbé de Bonmont, à l'observation perpétuelle de ses engagements envers la maison d'Oujon. Bernard, évêque de Genève, remettra la décision du différend existant entre Ebal de Mont et la dite maison, à l'abbé de Bonmont précité. Le dit Ebal veut que la lettre de sa présente composition avec la maison d'Oujon soit scellée par l'évêque Bernard, le prédit abbé de Bonmont et par lui-même. C'est dans le cloître supérieur d'Oujon que cet accord a lieu, en présence de nombreux témoins ecclésiastiques et laïques (l'abbé de Bonmont, Dalmace, prieur de Bière, Margo, miles de Bière, etc.) •.

Le sujet des contestations qui avaient eu lieu entre Ebal

• Cartulaire d'Oujon, N" 7.

de Mont et la chartreuse d'Oujon, dont ce document nous révèle l'existence, n'est pas indiqué.

Le IQe juin de l'année 1211, Ebal de Mont répéta, à Mont, sur les mains du prieur Gaucher, la concession qu'il avait faite à la maison d'Oujon, et cela en termes encore plus explicites*, et il confirma, de plus, la donation que son frère Guy (seigneur de Genollier) avait faite en faveur de cette maison d'une terre dont les limites sont indiquées et qui paraît avoir été considérable. La concession d'Ebal de Mont eut lieu en présence du sire Louis, abbé du Lac de Joux, son frère, ainsi que des milites et des clients du dit Ebal et sous les sceaux de l'abbé précité, de Bernard, évêque de Genève et du sien propre. Dans les nombreux témoins de cette donation se remarquent : Hugues et Vivenz, prêtres de Mont, Etienne, Aymon et Margo de Bière, frères, Uhlric de Saint-Oyeù et Pierre de Bursinel, tous chevaliers-. Ceux-ci étaient les vassaux d'Ebal de Mont.

Guy, seigneur de Genollier, ayant fait, dans l'année 1220 de l'Incarnation, des dons à la chartreuse d'Oujon et à diverses autres églises, lesquels auraient seulement leur effet après le décès du donateur, son frère Ebal (Iblo) les approuva^.

Ebal s'intitule sire de Mont [dominusde Monz), lorsque le 9 novembre de l'année 1235, il est présent, ainsi que le sire Jacques d'Aubonne, à la cession faite en faveur de la maison d'Oujon, par Cuénon, seigneur de Genollier,

* Dans cette circonstance, Ebal de Mont donna à perpétuité à la maison d'Oujon tous les droits qu'il avait dans les limites de celle-ci, en dîmes, pâturages, bois, prés, vignes, cours d'eaux et terres cultivées et incultes.

* Cartulaire d'Oujon, N" 5.

» Ibidem, n, N" IS.

EBAL (l), SEIGNEUR DE MONT. 17

doDzel (son neveu), de ses droits sur un moulin construit sur le cours de la rivière, vulgairement dite une eau. Lui et Jacques d'Aubonne apposent leurs sceauxà la charte de cette concession'.

Le titre de sire de Mont, pris par Ebal de Mont dans cette circonstance et porté dès lors par lui et par ses successeurs, n'avait pas pour cause une augmentation de ses droits de jurisdiction dans la terre d'après laquelle il se nommait, mais en le prenant, Ebal de Mont se conformait à l'usage qui s'était introduit chez les dynastes dès le siècle précédent, afin de marquer que, n'étant pas des vassaux d'arrière-fief et ayant eux-mêmes des milites, ils possédaient les droits de haute et totale jurisdiction dans les terres dont ils s'intitulaient les seigneurs-.

Au mois de novembre de l'année 1237, Humbert, abbé du Lac de Joux et Ebal, sire de Mont, notifient la donation faite, à titre d'aumône, par Huges, miles d'Arnex et sa femme Alays, en faveur du couvent de Romainmotier, de la dîme de la vigne de Boiigers (Bqugel), vigne aussi appelée par plusieurs: c^06; de Bougers, et qui appartient au dit couvent. Le prénommé Ebal, sa femme Béatrice et

' Cartulaire d'Oujon, No 11.

* Voici quelques exemples à cet égard, comme points de comparaison : Pierre de Cossonay, soit de Prangins, est désigné de aeigneur {dominns) du château de Prangins en 1154. 11 s'intitule sei(]neur de Prangins en 116i. Son iils Jean prend le titre de seigneur de Cossonay en 1202 et de seigneur de Prangins vers la même époque. Barthélémy, Gaucher, Conon et Guillaume de Grandson sont collectivement désignés de seigneurs du lieu de ce nom en 115*. Ebal (IV) de La-Sarra est titré de seigneur de Grandson en 1186, et il prend le même titre en 1200. Humbert est désigné de seigneur d'Aubonne en 1159 et 1172. Son fils Nantelme(ll) apparaît comme se/V/»e«;' d'Aubonne en 1204. Ce titre est donné à Guerric, fils du dit Nantelme, dans la même année.

ses fils Henri, chevalier, et Ebal, écuyer [armiger), approuvent ce don, la dîme donnée relevant du fief du dit Ebal, qui la tient lui-même en fief d'un autre seigneur, contre lequel il promet de garantir le couvent de Romainmotier *.

Cet autre seigneur était sans doute Ebal (IV), sire de La-Sarra et de Grandson, s'il vivait encore à cette époque, ou bien Henri, sire de Champvent, le second des fils de ce seigneur. (Voir plus loin, à l'article de Jean I, seigneur des Monts.) On se rappelle que la donation des dîmes des vignes de Bougel, faite en faveur de la maison de Bonmont, par Louis de Mont, avait été approuvée par Ebal (lll) de Grandson et son frère Jordan. Lorsque, dans l'année 1222, Richard, sire de Belmont, fils du prénommé Jordan de Grandson, s'était reconnu vassal de Girard, sire de La-Sarra, chef de la maison de Grandson, pour sa seigneurie de Belmont et les fiefs que tenaient de lui divers seigneurs et gentilshommes à raison de celte seigneurie, Ebal, sire de Mont, avait été l'un des témoins de cette reconnaissance d'hommage (il est nommé le troisième parmi ces témoins, après Ebal (IV), seigneur de Grandson, père du dit Girard et Henri, seigneur de Champvent, frère de ce dernier)-.

Le 30 janvier de l'année 1237 de l'Incarnation (1238 n. style), Ebal(^^^, sire de Mont{de Monz), se trouvant dans le cloître d'Oujon, fait une donation à titre d'aumône, en faveur de la dite chartreuse, sur les mains du prieur Jordan et en présence de tout le couvent, et cela du consentement tant de son épouse Béatrice que de ses fils

* Pièces justificatives, N» 1.

* Archives du château de La-Sarra.

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Henri el Ebal. Destinée à un repas annuel des religieux, elle consiste en 6 coupes de IVoment, à la mesure d'Aubonne, assignées sur son terrage de Moniiun ', et en 24 coupes de vin, assignées sur son clos de Sous-Mont, desquelles 12 sont destinées pour la sacristie et les autres pour le prédit repas '. Le sire de Mont ajoute à ce don celui de 5 sols annuels pour 'pitance et de deux coupes (annuelles) de châtaignes dues à Tartegnins".

Au mois de mars de la même année 1237 de l'Incarnation (1238 nouv. style, si cette date est antérieure au 25 mars), Ebal, sire de Mont, notifie et confirme dans son château de Mont la donation de 8 coupes annuelles de froment, faite par son neveu Goénet, seigneur de Genollier, en faveur de la chartreuse d'Oujon, en réparation de ses loris envers elle. Le sire de Mont déclare, dans cette circonstance, que ses prédécesseurs, fondateurs de la dite chartreuse, ne s'étaient réservé aucun droit temporel d'avouerie à son égard. La confirmation du sire Ebal eut pour témoins: le sire Henri de Ghanvent, frère d'Aymon, évêque de Genève, le sire Guerric d'Aubonne, el Henri, fils du dit sire Ebal*.

L'abbaye de Bonmont eut aussi part aux largesses du sire Ebal de Mont. Au mois de janvier de l'année 1244 (v. st.), avec l'approbation de ses fils, savoir : Henri, chevalier, Rodolphe, clerc, et Ebal, chevalier, il lui donna, à

* De Montion, suivant la confirmation de cette donation faite par les fils du donateur.

* Selon la confirmation mentionnée dans la note précédente, les douze coupes de vin destinées à la sacristie se prendraient sur le clos du donateur, à Perniy, et les autres sur son clos de Sous-Mont.

' Carlulaire d'Oujon, N» 13.

* Ibidem, N" 20.

titre de dédommagement, d'abord, puisa litre d'aumône perpétuelle, pour le remède de son âme et de celles de ses fils et de ses prédécesseurs, une coupe annuelle d'huile, à la mesure d'Aubonne, due sur le tenement d'Amaldric du Four, de Hautecour', et de ses fils. Le donateur apposa son sceau à la lettre de sa donation*.

Lorsque celle-ci eut lieu, le sire Ebal de Mont était bien près de se retirer dans l'abbaye de Bonmont, où il devint moine, puisqu'il apparaît en cette qualité-ci, avec son fils Henri, parmi les témoins de la notification, faite la veill3 de l'Annonciation dominicale de la même année 1244 (v. st.), par Jean, évêque de Lausanne, de la paix nouvellement faite entre la chartreuse d'Oujon etCuénet, seigneur de Genollier'\

Nous trouverons Ebal (I), précédemment sire de Mont, mais devenu moine dans le couvent de Bonmont, encore vivant à la date du 15 juillet 1254. Au mois de janvier 1246 (v. st.), ses fils Henri et Ebal, seigneurs de Mont, confirmèrent, sans aucune réserve, sur les mains de Pierre, prieur d'Oujon, la donation que leur père Ebal avait faite (en l'année 1237), en faveur de la chartreuse d'Oujon, pour un repas annuel ^

* Un quartier du village de Mont porte encorede nos Jours le nom de Hautecour. C'est celui qui est le plus rapproché du hameau de Germagny.

- Méin. et Doc, publiés par la Société d'histoire et d'archéol. de Genève, XV, a™'' partie, pag. 12, N» 14. L'original de cette charte, qui se trouve dans nos archives cantonales, est muni du sceau, très bien conservé, d'Ebal de Mont, représentant un demi-cheval effaré.

^«Actum... in presentia Jo., abbatis Bonimontis et Yblonis, monacUi sui, quondam domini de Montz, et Henrici, filii ejusdem, domini de Montz. >- (Cartulaire d'Oujon, N» 115.)

* Cartulaire d'Oujon, K° 83.

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Nous avons appris que l'épouse de ce seigneur se nommait Béatrice. Cette dame n'étant pas nommée dans la charte par laquelle son mari, du consentement de ses fils, fait une donation en faveur du couvent de Bonmont au mois de janvier 12M (v. st.), nous en inférons qu'elle ne vivait plus à cette époque.

Nous avons encore appris qu'Ebal (I) de Mont avait trois fils, nommés Henri, Ebal (II) et Rodolphe.

Le premier succéda à son père comme seigneur de Mont.

Ebal (II), écuyer {armiger) en novembre 1237, était devenu chevalier en janvier ISM (v. st.). Il fut coseigneur de Mont. Nous venons de le voir confirmer, avec son frère Henri, la donation faite par leur père en faveur de la maison d'Oujon, et s'intituler, dans cette circonstance, seigneur de Mont, avec son dit frère.

Le 15 juillet 1254, Henri, sire de Mont, et ses frères Ebal, chevalier, et Rodolphe, chanoine de Lausanne, font donation, en faveur du couvent de Bonmont, d'une vigne, située à Bougez (Bougel), ainsi que leur père Ebal, moine dans le dit couvent, le leur avait demandé. (Voir plus loin.) Ebal de Mont passa en Angleterre; il est probable que, comme d'autres nobles vaudois, il y accompagna le prince Pierre de Savoie. Le 12 mai 1259, à Londres, Ebal des Monts {de Montibus) et Pierre de Chanvenz (de Champvent), chevaliers, furent les témoins du testament d'Ebal de Genève, fils du défunt comte Humbert de Genève, fait en faveur de Pierre de Savoie*. Ebal des Monts est aussi nommé dans le nombre des témoins d'un testament du

• Wurstemberger, Peter der Zweite, Graf von Savoyen, etc., IV, probationes, No^SO? et 507 a.

comte Pierre de Savoie, fait au mois de septembre de l'année 1264, sans indication de lieu '. Ce testament pourrait avoir été fait en Angleterre, où le comte Pierre de Savoie séjournait souvent, et le témoin Ebal des Monts nous paraîtrait avoir été plutôt le frère du sire Henri, que le fils de celui-ci, nommé aussi Ebal. On n'apprend pas qu'Ebal (II), coseigneur de Mont, chevalier, ait été marié et on ne lui connaît pas de postérité. Il sera encore parlé de lui plus loin.

Rodolphe pourrait avoir été le second des fils d'Ebal (ï), sire de Mont, puisque, dans la donation faite par son père en faveur de l'abbaye de Bonmont, au mois de janvier de l'année 1244 (v. st.), d'une coupe annuelle d'huile (voyez ci-dessus), il est nommé après son frère Henri et avant son frère Ebal. On se rappelle qu'il est qualifié de clerc dans cette circonstance. Il était déjà alors chanoine de Lausanne, qualité sous laquelle il apparaît dans l'année 1237'-. On le trouve qualifié, en 1249 et 1250, de doyen d'Avenches''.

Par son testament, daté de la quatrième férié après la fête de la Trinité de l'année 1269, Rodolphe des Monts, chanoine de Lausanne, élit sa sépulture dans l'église cathédrale ; il lègue 20 sols à l'évêque (de Lausanne), 10 livres au chapitre pour l'augmentation de son anniversaire, avec sa vigne d'EchandensS puis 20 livres pour la cons-

« Wurstemberger, Peter der Zweite, Graf von Saimjen, etc., IV, probationes, N" 657.

- Cartulaire du chapitre de N. D. de Lausanne, pag. 217.

- Cartulaire d'Oujon, Nos 65 et 72.

* L'anniversaire du chanoine Rodolphe des Monts devait valoir un muid de froment, 18 setiers de vin et 20 sols censuels.

EBAL (l), SEIGNEUR DE MONT. 23

truclion du cloître. Il fait des legs aux marguillers de la cathédrale, aux prêtres de la Trinité, à ses deux clercs (40 sols à chacun d'eux), aux églises paroissiales de Lausanne, aux lépreux d'Epesses, aux chanoines et aux prêtres qui assisteront à son enterrement, aux Frères Prêcheurs et aux Frères Mineurs (de Lausanne), aux clercs du chœur de la cathédrale. Enfin il lègue 100 sols à son neveu Jacques d'Ecublens, 40 sols à son bâtard et autant à chacune de ses deux bâtardes {duohus garcionibus meis, dit-il). Le testateur rappelle les biens meubles et immeubles qu'il possède dans l'évêché de Lausanne et dans le royaume d'Angleterre, sur lesquels il assigne les legs qu'il fait par son testament, à l'exception de celui fait par lui au chapitre de Lausanne, qu'il assigne, à l'égard du vin et des deniers, dans l'évêché de Genève. Quelle pouvait être la source des biens que le chanoine Rodolphe des Monts avait en Angleterre ? Le testateur désigne pour exécuteurs testamentaires : B. Mastini et Jean des Monts, son neveu, chanoines de Lausanne, et le sire Guillaume, sénéchal de Lausanne, son neveu. L'évêque et le chapitre de Lausanne apposèrent leurs sceaux à la lettre de ce testament*.

La mention faite par le chanoine Rodolphe des Monts, dans son testament, de ses neveux Jacques d'Ecublens et messire Guillaume, sénéchal de Lausanne, doit faire supposer que les mères de ceux-ci étaient des filles ou une fille d'Ebal (I), sire de Mont.

On peut présumer que ce dernier seigneur eut aussi une fille nommée A/aî/z (Alix, Alice, Alexie). Dans l'année 1249,

< Pièces justificatives, N» 7. Ce testament ne contient point d'institution d'héritiers.

Alayz de Mont {de Monte), veuve de Raimond de Montricher, donzel, fait donation en faveur de l'abbaye du Lac de Jûux, du consentement de ses fils Jacques et Rodolphe deMontricher, et avec l'approbation d'Awide, mère du prénommé Raimond, en réparation des dommages que celuici a faits à ce couvent et à titre d'aumône tant pour lui que pour sa dite mère Awide, de tout ce que son défunt mari avait possédé, en terres et prés, avec censés et usages, dans le lieu dit Mtireta, situé entre le village de Yens et la grange de Bussy. Les témoins de cette donation sont le chevalier Guillaume d'Ecublens, dit Grand (magnus), et les chevaliers Aymon et Guillaume de Yufflens, dits Gras*.

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