CARRE LEE
En outre on a décrit un certain nombre d’autres dysenteries, dont la symptomatologie est mal définie et dont l’agent causal est un parasite habituel ou rare du tube digestif. Ce sont les dysenteries à spirilles, à Balantidium coli, à Lamblia, à Chilomastix Mesnili, à Trichomonas, à Chilodron, etc.
En parlant de la variété des agents pathogènes de la dysenterie Muller dit: «Pour la dysenterie bacillaire les races des bacilles dysentériques et pseudodysentériques se sont multipliées. On peut dire qu'une simple variation du pouvoir fermentatif a permis à chaque auteur d'isoler une race spéciale de bacilles dysentériques. Actuellement la multiplication de ces bacilles complique le diagnostic de la maladie et ne rend guère de services dans l’application du traitement ».
Il existe même des cas où le diagnostic bactériologique est négatif, c’est-à-dire où, à l'examen des selles par les moyens dont nous disposons, on ne trouve aucun agent spécifique. Souvent ces recherches restent négatives même en multipliant les examens diretts et les cultures. Huyer insiste particulièrement sur les cas où les examens bactériologiques sont restés négatifs ; d’autres, comme lui, ont éprouvé des échecs analogues.
Une statistique d'Huyer, que nous avons extraite de ses travaux, nous prouve pleinement combien sont fréquents les dysenteries pour lesquelles l’examen bactériologique ne révèle aucun agent spécifique. L'auteur y résume une partie de ses observations en indiquant l'agent pathogène qu’il y trouva :
Dysenteries amibiennes : 49 cas ;
Dysenteries bacillaires: 82 cas;
Dysenteries associées amibiennes et bacillaires: 8 cas;
Dysenteries non-étiquetées : 134 cas.
Sur 273 cas de dysenterie, 134 n’ont donc pas pu être classés dans les rubriques générales ; c’est-à-dire le 49%. Jusqu'à ce jour, nous pouvons donc dire que dans la moitié environ des cas de dysenterie on ne trouve pas d’agent spécifique.
Aussi, d’après Ascoli, la fréquence des résultats négatifs a-t-elle déterminé le bureau d’hygiène allemand à décréter que les mesures d'hygiène ne devaient plus dépendre du résultat de l’examen bactériologique. Beaucoup d'auteurs sont de l’avis que ces incertitudes de diagnostic bactériologique tiennent à une insuffisance de notre technique et à des recherches bactériologiques incomplètes. C’est l’avis de Levi delle Vida, de Friedmann et de Schweriner. Ils prétendent que, si fréquemment on ne trouve pas l’agent spécifique, ce n’est pas que le bacille soit absent, mais c’est parce que la technique qu’on emploie est défectueuse.
Il en est à peu près de même pour les dysenteries amibiennes, et il arrive souvent qu'on ne peut pas trouver les amibes dans les selles des malades. Ces cas sont encore compliqués par la difficulté qu’on a à différencier les amibes pathogènes des amibes non pathogènes.
Et pourtant, il est indispensable, en vue du traitement, de savoir s’il s’agit d’une dysenterie amibienne ou d’une dysenterie bacillaire. Il y a quelques années (1019) Marshall Findlay a cru trouver une méthode pour faire cette différenciation. Il pensait pouvoir résoudre la question en examinant le sang des malades.
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Dans la dysenterie amibienne, il constata la réaction iodée des polynucléaires ; dans la dysenterie bacillaire, il trouva dans les polynucléaires des pseudopodes nucléaires. À
Mais l’auteur lui-même fait des réserves sur la valeur diagnostique générale de ces deux constatations.
Il ressort de tout cela que la fréquence des résultats doutéux ou nuls, que donne le laboratoire bactériologique, ne doit pas nous surprendre.
3° L’Anatomie Pathologique.
L’anatomie pathologique de la dysenterie amibienne et de la dysenterie bacillaire est très bien connue. Ces affections se caractérisent par des ulcérations qui siègent toujours dans le gros intestin. On peut dire que la dysenterie est généralement «une colite ulcéreuse ».
Dans la dysenterie amibienne, les lésions se trouvent surtout à la partie inférieure, recto-sigmoïdienne, du gros intestin, tandis que dans la dysenterie bacillaire elles se trouvent disséminées dans tout le côlon.
D'après une statistique de Huyer qui comprend 49 autopsies, il n’a jamais trouvé d’ulcérations dysentériques dans l'intestin grêle. Dans certains cas le caecum était tapissé d’ulcérations, mais la valvule iléo-caecale formait une barrière infranchissable entre l'intestin sain et le côlon malade.
4° Les Complications.
La dysenterie est une maladie assez dangereuse qui, par son évolution seule, peut entraîner dans bien des cas la mort du malade. Mais elle est encore fortement aggravée par ses complications.