‹ Les dysenteries chroniques et leur traitement par l'exclusion du côlonChapitre 5 sur 31 · M AR RS · texte numérisé non relu

M AR RS

a) L’hémorragie. — La complication la plus dangereuse est l'hémorragie intestinale. Elle se manifeste de deux manières différentes.

Dans la première on observe de petites hémorragies continuelles qui amènent rapidement le malade à l’anémie et de là, si le mal n’est pas enrayé, à la mort. Ces hémorragies s'expliquent facilement par les ulcérations abondantes, qui se trouvent dans le gros intestin, et qui en s'étendant amènent l’arrosion de petits vaisseaux sanguins.

La seconde sorte c’est l’hémorragie abondante et foudroyante qui peut entraîner la mort du malade en très peu de temps. Cette complication est due à la rupture d’un gros vaisseau sanguin qui a été atteint par les ulcérations.

b) La perforation. — La perforation intestinale à été assez souvent observée chez les dysentériques. Huyer en à vu huit cas; 4 perforations étaient localisées au caecum, 2 sur l’appendice et 2 sur L'S iliaque. Dans un des cas, il existait 3 perforations simultanées. Ces perforations se forment par l’évolution progressive des

. ulcérations.

Les perforations peuvent se manifester de différentes manières ; elles produisent soit une péritonite diffuse, soit une péritonite localisée avec tous les signes classiques.

Mais dans certains cas la perforation ne se fait pas remarquer parce que le péritoine ne réagit plus, tant est atteint l’état général. Dans ces cas, la perforation est une trouvaille d’autopsie.

c) L'appendicite. — L'appendicite se trouve fréquemment dans les observations de dysenterie. Les agents pathogènes, qui pullulent dans le caecum,

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peuvent facilement pénétrer dans l’appendice, lorsqu'il est perméable. Ils y provoquent des ulcérations analogues à celles du côlon.

Ces lésions sont très graves, car elles aboutissent fréquemment à la perforation. Chaque fois que dans le cours d’une dysenterie on peut observer des phéno-

mènes appendiculaires, on est autorisé à intervenir d'urgence.

d) Le prolapsus. — Une complication moins grave, mais très fréquente, est le prolapsus rectal. Les malades ayant constamment des ténesmes et des épreintes provoquent à force de pousser un prolapsus de la muqueuse rectale.

e) L'abcès du foie. — La complication la plus grave de la dysenterie amibienne est l’abcès du foie. Huyer en a observé 5 cas sur 250 dysentériques. La gravité de cette affection est telle qu’elle demande le plus souvent l'intervention chirurgicale.

f) La parotidite. — Une complication qui ne se produit que dans les cas de dysenterie grave est la parotidite suppurée. Elle a été signalée plusieurs fois par Huyer et Muller. Cette affection prouve en général l’évolution fatale de la maladie.

g) Complications variées. — Outre les complications mentionnées ci-dessus, Huyer en signale quelques autres qui sont rares, il est vrai, mais intéressantes à connaître. Il s’agit de l’arthrite dysentérique, de la polysérosite, de la phlébite des membres inférieurs, de l’artérite du membre inférieur avec plaques de sphacèle des orteils et enfin des ulcérations buccales qui résistent à tout traitement habituel. Cette dernière affection est très grave et a causé la mort de 3 malades

sur 5 observations.

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