HISTORIQUE
Pendant la guerre balkanique, la troisième armée bulgare, arrêtée devant les tranchées de Tchataldja, était très éprouvée. Au 18 novembre, elle comptait 17000 cas et 900 morts; au 30 novembre, ces chiffres s’élevaient respectivement à 29 626 et 1849. Le nombre des cas augmenta surtout après que les hommes burent de l’eau du fleuve, charriant des cadavres de soldats turcs. La population civile fut également atteinte.
Dans l’armée turque, pendant la même période, le choléra apparut avec d’autant plus de .facilité qu’il régnait avant la mobilisation, dans la population civile, à Constantinople et dans la région, en Syrie, etc.
Pendant la grande guerre actuelle, les armées française et anglaise n’ont offert (jusqu’ici) aucun cas de choléra. Il y a eu des formes très graves et très brèves de gastro-entérite aigüe, parfois mortelles, mais elles étaient dues à l’infection paratyphique.
Par contre, l’armée autrichienne et la population civile ont été éprouvées sérieusement. Du 25 septembre 1914 au 5 décembre de la même année, on a signalé officiellement, en Autriche, 3468 cas et 898 décès. A Tienne, il y a eu, pendant la même période, 586 cas et 39 décès.
La Carinthie, la Carniole et surtout la Galicie, ont offert de nombreuses atteintes. En septembre-octobre et partie de novembre 1914, la Galicie a compté 5059 cas de choléra avec 1164 décès. En Hongrie, pendant la même période, il y a eu 3605 cas.
On a relevé quelques cas, dans la population civile et chez les prisonniers, en Silésie (277 cas, 35 décès du 23 septembre au 7 novembre 1914). La Bulgarie, la Grèce ont été atteintes.
En Turquie, 32 cas et 17 décès sont relevés pendant les premiers mois de 1914 à Constantinople; àAndrinople, 110cas et 94 décès, parmi les troupes, du 28 février au 19 mai. De même, la garnison de Rodosto a offert 15 cas; celle de Trébizonde, 14 cas et 12 décès en janvier 1914.
On voit, en conséquence, que l’importation du choléra reste possible parmi les nations belligérantes jusqu’ici respectées.