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LES MODES DE PROPAGATION DU VIBRION CHOLÉRIQUE

Issu du malade atteint de choléra, ou du sujet porteur de germes, le vibrion cholérique contenu dans les déjections vient contaminer le linge, les vases, les latrines, le sol, les eaux, etc. Il peut être transmis par le malade ou le bacillifère aux personnes qui le soignent, à celles qui l’entourent ; la contagion est directe. Il peut être propagé par l’un des intermédiaires signalés ci-dessus : la contagion est indirecte.

Des exemples sans nombre témoignent de la propagation d’homme à homme du bacille du choléra. Des exemples de propagation directe du vibrion par les porteurs de germes ont été également publiés. Dans les familles, dans les collectivités, les personnes préposées à la préparation des aliments (cuisiniers ou cuisinières, etc.), lorsqu'elles sont porteuses de germes, sont particulièrement dangereuses. Lors de l’épidémie de Pétrograd, une cuisinière d’une maison de retraite, porteuse de bacilles, et qui avait préparé un plat avec de la gélatine, contamina ainsi 47 personnes. Kulescha a rapporté l’exemple d’une vieille dame qui, ayant une peur horrible du choléra, faisait bouillir sa vaisselle, stériliser ses aliments, se désinfectait les mains fréquemment et n’employait que de l’eau bouillie pour son bain. Elle n’en prit pas moins le choléra, dont elle mourut. L’enquête établit qu’elle avait été contaminée par sa cuisinière bacillifère, qui habitait dans une maison voisine et avait été en contact avec des cholériques.

W. Griegg signale qu’une épidémie ayant sévi à la prison de Puri, dans l’Inde, en 1912, reconnaissait comme cause l’mfection par un vagabond ayant eu précédemment le choléra. Mis en prison le 23 juillet, ce dernier détermina quelques jours après 17 cas chez les autres détenus et chez les gardiens.

ÉTIOLOGIE.

11 y eût 5 décès. Ses déjections contenaient de nombreux vibrions.

Il y a donc un rapprochement utile à établir entre les modes de transmission du choléra et ceux de la fièvre typhoïde et des fièvres paratyphoïdes. Les cas de contact sont, en réalité, des cas d’infection par les mains sales, appartenant à celui qui transmet le germe, et contamine les autres, ou à celui qui est infecté, et se contamine lui-même pour avoir négligé de se laver les mains.

11 est facile de comprendre que la contagion directe s’exerce avec facilité dans les milieux ouvriers, dans les campagnes, chez les indigènes dans les pays extra-européens, parce que les conditions générales d’hygiène et de propreté y sont plus méconnues.

Le point de départ de la contagion étant dans les matières fécales, il y a lieu de se demander ce que devient le vibrion et pendant combien de temps il peut y survivre, c’est-à-dire rester contagieux. On sait que, d’après R. Koch et quelques autres, le vibrion ne persisterait pas au delà de 24 heures dans les déjections. Mais des recherches dues à Mattéi et Canalis ont démontré que, dans les déjections putréfiées et par conséquent alcalines, le bacille peut se conserver pendant deux ou trois mois. Filoff le constate également pendant 18 à 101 jours, Rabescha, pendant 9 mois. C’est dans les matières à l’abri de l’air et de la lumière que le vibrion persiste le plus longtemps (Zlatogorofî). Job ayant additionné, pendant l’hiver, des matières fécales de vibrion cholérique et ayant ensemencé tous les 3 jours en eau peptonée, en pepto-gélo-sel, etc., a pu observer la conservation des bacilles pendant 4 à 53 jours.

On a étudié la durée de la persistance du vibrion dans du sable mouillé (7 jours), dans la terre de jardin humide (35 à 68 jours), dans la poussière humide (4 mois), à la surface des aliments les plus variés, pain de seigle (1 à 3 jours), pain ordinaire enveloppé (7 jours), hareng fumé (4 jours), viande (8 jours), fruits, salade (2 jours), pomme fraîche, coupée (4 jours), etc. En réalité la nature du substratum importe moins que les conditions de sécheresse ou d’humidité, l’action de la lumière et de l’oxygène de l’air, le degré d’acidité du milieu, qui influent sur la vitalité des bacilles. Dans le stage plus ou moins long que fait le vibrion dans le milieu exté-

rieur, étant incorporé aux matières fécales, le microbe se trouve, en général, mal défendu. 11 est, en réalité, peu résistant. La dessiccation le tue en 3 ou 4 jours, 13 à 38 jours au plus (Kitasato). Les antiseptiques le tuent rapidement, les acides aussi.

On peut conclure, en conséquence, 1“ qu’à côté de la transmission immédiate ou directe, le vibrion cholérique reconnaît des facteurs de transmission indirecte ou médiate, par tous les intermédiaires très variés sur lesquels peuvent être déposées les matières alvines des malades ou les déjections des porteurs ;

2“ que sa conservation sera d'autant plus aisée que le milieu récepteur sera plus humide et mieux protégé contre l’action microbicide de la lumière et de l’oxygène de l’air ;

3“ que la dessiccation ayant pour effet de tuer le bacille, sa propagation par les poussières est peu vraisemblable, tout au moins, très restreinte ;

4" que les aliments souillés, solides et surtout liquides, sont des facteurs de contagion de premier ordre.

Les intermédiaires pouvant servir à la propagation du vibrion cholérique sont, les uns, vivants ou animés, les autres inertes. Les uns et les autres ont un rôle plus important que la contagion directe dans tous les milieux où une hygiène individuelle bien faite intervient. C’est ce qui a pu faire dire que l’infection directe ou par contact « ne joue qu’un rôle insignifiant dans les hôpitaux de Pétrograd », les cholériques n’étant cependant que très insuffisamment séparés des autres malades. 11 faut donc accorder une place importante à la contagion indirecte.

Elle se fait très communément par les mouches. Pendant la saison chaude, à l’époque de leur pullulation, leur rôle est considérable. Le vibrion vit dans leur tube digestif. Maddox l’a constaté chez Calliphora vomitoria et Eristalis tenax. Savtchenko, ayant nourri des mouches avec des cultures de vibrion cholérique, retrouve le vibrion en culture pure dans leur intestin. Canon a constaté, de même, leur existence 20 heures après un repas infectant. D’après Passek, le vibrion y vit 72 heures.

Tizzoni et Cattani isolent le bacille dans des mouches capturées dans des chambres de cholériques. Tiskoff, Tsukuki également.

ÉTIOLOGIE.

Les mouches se déposent sur les déjections et les vomissements des cholériques, se chargent ainsi de vibrions qu elles absorbent, ou dont elles souillent aussi leurs pattes. Jilles défèquent très souvent et apportent la souillure spécifique sur les aliments les plus variés, sur les fruits, les sucreries, les gâteaux, les crèmes, la charcuterie, etc. Enfin elles contagionnent le visage et les mains des enfants endormis et des adultes. Le bacille se conserve pendant plusieurs jours à la surface de la plupart des aliments.

Le vibrion ne vit pas longtemps sur les fruits coupés, à suc acide. 11 se conserve davantage sur les fruits très mûrs, sur le melon, sur la peau du raisin (5 à 4 jours), les dattes. La putréfaction, les moisissures n’ont que peu d’influence sur sa vitalité.

Assez souvent, les mouches meurent en quelques jours. Leurs cadavres tombent sur les aliments et les contaminent. C’est pourquoi le voisinage des cuisines, des salles à manger, des garde-mangers, des abattoirs, des charcuteries, boucheries, pâtisseries, etc., près des latrines, des écuries, des accumulations de fumiers, des déchets organiques, et près des hôpitaux, peut comporter en temps d’épidémie les plus graves dangers.

Les mouches peuvent, au surplus, parcourir de longs trajets, étant transportées par les voitures, les chemins de fer, les bateaux.

La souillure des aliments par les mouches peut être faite, ainsi qu’il a été dit, par les malades et par les porteurs de germes, par la terre et l’eau (légumes crus).

On a signalé des cas de contagion par les vêtements contaminés, surtout par le linge (chemises, draps). La profession de blanchisseuse expose plus spécialement à la contagion par les vibrions. Duflocq a publié des exemples de ces divers modes de contagion. Le bacille du choléra se multiplie sur un linge souillé plié en quatre. La vitalité est de huit à douze jours sur les étoffes humides, et d’un à quatre jours sur les étoffes sèches. Dans la toile humide, à l’abri de l’air et de la lumière, il peut vivre pendant cinq semaines (Gamaleia).

La contagion par les chaussures peut être rapprochée de la précédente, qu’elle se fasse sur le sol ayant reçu des déjections, dans les jardins ou dans les latrines mal tenues. Le germe pé-

nètre ainsi dans l’habitation avec les chaussures, les sabots voire même avec les pieds nus dans les campagnes. Il se dépose ainsi sur les mains, sur le plancher où il est récolté par les mouches, par les enfants qui jouent.

C’est là un des modes d’introduction du microbe du choléra II faut nécessairement que celui-ci arrive jusqu’à la bouche. Les moyens en sont, d’ailleurs, fort variés.

L’mfection du sol peut encore être produite par les cadavres de cholériques qui apportent avec eux une quantité énorme de germes pathogènes. Le bacille peut y vivre pendant 28 jours Dans l’Inde, la pratique religieuse des habitants qui déposent’ sur la rive du Gange, les cadavres des cholériques, favorise l’infectioii des eaux du fleuve.

Le même microbe qui, mélangé aux déjections des malades et des porteurs de germes, vient souiller la surface du sol, peut ainsi .contaminer les légumes, les fruits tombés des arbres D après Remhnger et Nouri, les poissons vivant dans une eau contaminée peuvent conserver le vibrion. Celui-ci pourrait vivre ainsi deux à quatre jours (Gran et Shor).

L’infection hydrique tient la première place dans la propagation du choléra, comme dans celle de la fièvre typhoïde. ' Le vibrion du choléra conserve longtemps sa vitalité dans les eaux (Aicati et Rietsch, Straus et Dubarry). Les recherches entreprises pour éclairer ce point ont donné des résultats non absolument concordants, puisque pour les uns, le microbe peut vivre de 30 a 80 jours dans l’eau de puits ou de rivière, pour les autres 7 jours seulement (Santi Sirena, Dunham, etc.). Il est possible que le vibrion cholérique non seulement se cou serve, mais encore se multiplie dans les eaux calmes, lorsqu il est à 1 abri de la lumière et que la température extérieure est suffisamment élevée.

Hankin a cependant fait remarquer que i’cau du Gange et celle de la Jumna, son affluent, possèdent des propriétés bactéricides pour le vibrion cholérique. Une eau filtrée additionnée «ooo* ^ l’ensemencement, donnant au début

7000 à 8000 colonies, reste stérile au bout de trois heures. Cette propriété disparaît par l’ébullition. Elle semble, à vrai dire, exceptionnelle.

L’influence de la lumière solaire, même diffuse, dans les eaux a, par contre, un effet bactéricide puissant. Une eau claire

ÉTIOLOGIE.

tenant en suspension du vibrion cholérique et exposée aux rayons solaires, est stérilisée en trois ou quatre heures. Dans les régions chaudes, ce sont donc les eaux à l’abri des rayons solaires, celles des étangs, des tanks de l'Inde, qui sont particulièrement dangereuses. Le renouvellement de la souillure par l’apport des déjections, le lavage des linges de cholériques ou de bacillifères, l'arrivée d’affluents ou de ruisseaux contaminés dans une rivière, sont autant de causes d’entretien du germe infectieux.

Les causes de souillure des eaux par le bacille du choléra sont, en effet, fort nombreuses. Les pluies favorisent encore l’écoulement direct des déjections, des liquides putrides, des purins souillés, dans les rivières ou dans les eaux. La nappe phréatique est exposée à la même infection par les infdtrations qui s’effectuent et proviennent soit de la surface (dépôt des matières fécales), soit de la profondeur (fosses d’aisance).

Incessamment déversé, en temps d’épidémie, par le lavage du linge, les eaux de pluie, les eaux d’égout, etc., le bacille entretient par conséquent la nocuité des eaux. Celles du Gange ellesmêmes, ne tuent pas immédiatement le bacille. Les pratiques religieuses des Hindous qui prescrivent les bains et les ablutions dans le fleuve sacré, l’ingestion de l’eau où sont projetés les cadavres, favorisent au plus haut point l’infection.

Du reste, la constatation directe du bacille du choléra a été faite, depuis longtemps, dans un grand nombre d’eaux suspectes. Mcati et Rietsch l’ont isolé plusieurs fois dans l’eau du Vieux Port. Sanarelli, Metschnikoflf, Netter, Vincent, etc., ont fait la même observation dans diverses eaux. Lors de l’épidémie qui a régné, en 1908, à Petrograd, 1010 échantillons d’eau de la Néva ont donné 193 fois le vibrion. Dans la même eau filtrée, qui sert pour la boisson, le bacille fut également isolé dans 13 pour 100 des analyses; la glace, dans 6,1 pour 100. Les examens pratiqués par Zabolotny et ses collaborateurs leur ont permis d’isoler S49 fois le vibrion sur 3505 échantillons d’eau.

Huylov a isolé le vibrion de l’eau du Volga; ce vibrion s’y conserva pendant 508 jours, ce qui ne peut s’expliquer que par une véritable multiplication. La vase est un réceptacle favorable à la conservation du microbe et l’on a incriminé l’agitation de la vase comme cause de la souillure des eaux de rivières.

Le fond vaseux des puits aurait la même propriété. Defressine

et Cazeneuve ont isolé le vibrion de la boue d'une rivière.

Pareilles constatations ont été faites dans tous les pays, notamment en Italie. On peut penser que la souillure spécifique des eaux, surtout de celle des rivières, est entretenue par les déjections des porteurs de germes.

L’épidémiologie est, d’ailleurs, venue confirmer de tous points le rôle étiologique des eaux potables dans la propagation du choléra. Ce rôle est considérable. Lors de l’épidémie qui a régné en France, en 1884, Marey a, dans un rapport célèbre à l’Académie de Médecine, démontré avec une rigueur remarquable l’influence de ce facteur, décrivant les épidémies de quartiers, de villages, justiciables de l’absorption de l’eau contaminée, les cas se propageant sur les divers villages échelonnés le long d’un même ruisseau. Au hameau du Val, canton de Vignolles, un malade apporte le germe. Son linge est lavé dans un lavoir dont l’eau se jette dans une petite rivière passant à Montfort. Cette dernière localité a un cas de choléra foudroyant.

A Barrême la contamination est due aux vêtements d’un ouvrier cholérique jetés dans la rivière d’Asse. Tous les villages en aval ont des cas de choléra. A Gap, à Brades, à Cerbère, à Perpignan, Nantes, etc., même démonstration.

L’épidémie de Hambourg débuta le 18 août 1892. Le 29, il y avait déjà 5400 cas et 1100 décès, dus à l’eau de l’Elbe non filtrée et seule utilisée. La ville d’Altona, qui est limitrophe, fut très peu atteinte. Dans ces deux agglomérations, il est arrivé qu’un côté de la rue appartenant à Hambourg était infecté, l’autre, dépendant d’Altona, restait indemne. En 1915, et à certains jours, le nombre des cas s’élevait à plus de 1000 par jour. Altona consommait de l’eau de l’Elbe filtrée, et n’eut que des cas sporadiques.

L’épidémie de Petrogi’ad, en 1908, était due à l’eau de boisson. On compta jusqu’à 400 cas par jour (Gamaleia).

L’épidémie qui a sévi en 1892 dans la banlieue de Paris a également apporté la démonstration de l’influence de l’eau potable. Neuilly, Suresnes, Saint-Denis, qui recevaient l’eau prise en aval de Paris, furent très éprouvées. A Saint-Denis, les habitants qui consommaient les eaux d’un puits artésien restèrent indemnes (Netter).

La contamination des eaux fluviales et des lacs se fait certainement par les égouts et le lavage du linge. Mais les bateliers

ÉTIOLOGIE.

jouent un rôle très important dans cette infection parce que, buvant celte eau, ils sont fréquemment contagionnés et déversent ainsi eux-mêmes une grande quantité de germes, soit lorsqu’ils sont malades, soit lorsqu’ils sont bacillifères.

La présence d’une certaine quantité de sel marin ne nuit nullement à la conservation du vibrion dans les eaux. Bien au contraire, le sel favorise sa multiplication, ce qui offre un réel intérêt et explique la persistance du bacille à l’embouchure des fleuves. A Arkhangel, l’eau de la Dwina a été trouvée ainsi contaminée. On sait d’autre part que le milieu pepto-gélo-sel est un milieu d’élection pour l’isolement du vibrion. D’après Parrini, l’eau de mer peut entretenir le microbe. Cet auteur cite le cas de deux hommes qui, en dehors de toute épidémie, eurent le choléra à la suite d’une chute dans l’eau souillée d’un port, avec absorption d’une certaine quantité d’eau. Sanarelli, Carapelli à Palerme, etc., ont insisté sur la fréquence assez commune de vibrions semblables au vibrion cholérique, dans les eaux de rivière, et en dehors de l’existence de cas de choléra. L’origine humaine ou animale de ces microbes n’est pas douteuse. 11 est néanmoins singulier que l’existence de ces microbes ne s’accompagne point parallèlement d infection cholérique. Zlatogoroff a signalé le cas d’une étudiante russe qui, ayant absorbé accidentellement un bacille isolé de la Néva, eut une infection cholériforme. Mais inversement, Edm. Sergent et L. Nègre ont noté l’immunité d’une ville dont les eaux fluviales renfermaient un vibrion paraissant autlientique. Il y a donc encore quelques inconnues.

Gosio a émis l’opinion que les vers de terre, qui sont coprophages, pourraient contribuer à l’entretien du vibrion cholérique. Il a trouvé le vibrion dans leur tube digestif. Ces vibrions provenaient d’un lac où Carapelle avait isolé le microbe du choléra. Un mois plus tard, il existait encore dans 1 intestin de jeunes vers. D’après Venuti, les vers et les mollusques conservent le vibrion dans leur tube digestif, mais le microbe s atténue.

Le danger des huîtres et des coquillages consommés crus résulte de ce que ces mollusques ont vécu dans des eaux contaminées par le vibrion cholérique, lorsqu’ils sont conservés dans les ports et à l’entrée des égouts. Les huîtres se nourrissent des particules contenues dans l’eau. Elles en retiennent ainsi

les impuretés; elles jouent le rôle d'une sorte de fdtre et conservent le vibrion pendant douze à seize jours (Pinzani). On a d’ailleurs publié des cas de contagion avérée par les huîtres (Geddins, Calmette, Roucliette, Poitevin, etc.), en Italie et en France (Marseille).

Les poissons vivant dans l’eau souillée peuvent apporter le bacille s’ils sont consommés crus, comme au Japon, ou insuffisamment cuits.

On a attribué aux eaux des cales des navires, renfermant en elles le microbe du choléra, le transport de ce microbe. Il a été clit que l’eau de mer n’est nullement hostile au vibrion. Nicati et Rietsch, ayant mélangé du vibrion à l’eau stérilisée du Vieux Port de Marseille, ont constaté la survie du microbe pendant 81 jours. D’autres observateurs signalent sa persistance deux ou trois semaines, et jusqu’à quatre mois (Piccinini). Du reste, le bacille a été isolé en 1909, à Gand, dans l’eau très salée de bateaux venant de Petrograd et de Riga. Employée comme lest, l’eau peut également contenir le même microbe (Jacobsen, de Copenhague)

D’après Remlinger, les embruns d’eau de mer contaminée peuvent projeter ou apporter le vibrion cholérique.

Il va sans dire que si l’eau de boisson conservée à bord des navires recèle le bacille du choléra, elle peut devenir le point de départ d’une épidémie chez les matelots et dans les ports de débarquement ou dans les localités situées sur le cours des rivières. L’épidémie qui a sévi en 1911 à Toulon, parmi les équipages de la flotte, a été attribuée à cette cause (Defressine et Cazeneuve).

Exception faite pour le lait, le rôle des autres boissons : vin cidre, bière, est assez limité. Le vibrion cholérique est fragile et est facilement tué en milieu acide, ce qui est le cas du vin. Sa vitalité n’excèderait pas cinq minutes dans le vin rouge ou blanc, étendu d’un volume égal d’eau. Dans la bière, il ne peut vivre au delà de quelques heures. Le vinaigre, le jus de citron, le détruisent très rapidement. D’après Metin, les infusions de thé peuvent, si elles sont contaminées, transmettre le vibrion.

Le lait a été incriminé assez souvent. Sa souillure peut résulter soit de son mouillage avec une eau malsaine, soit de la contamination par une fermière malade ou porteuse de germes, soit par des vases malpropres, soit enfin par des mouches

prophylaxie.

vivantes ou mortes. On a, du reste, observé cette infection du lait par des mouches. . .,, .

Le Dantec a rapporté une observation épidémique dans laquelle 9 matelots sur 10 prirent le choléra après avoir bu du lait mouillé avec une eau d’étang où l’on avait jeté des matières de cholériques.

Le vibrion se multiplie, en effet, dans le lait, surtout bouilli. La fermentation lactique du lait lui est nuisible et le tue. Il vit très bien à la surface du beurre, dans la crème fraîche et sur le fromage-

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