‹ Les dysenteries, le choléra asiatique, le typhus exanthématiqueChapitre 28 sur 36 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

TRAITEMENT

Le malade atteint de typhus confirmé ou simplement soupçonné doit être immédiatement isolé dans une pièce vaste et aérée. On veillera soigneusement à la propreté de son corps, L’alimentation sera surtout liquide: lait, bouillon, limonade vineuse, tisanes diurétiques en assez grande abondance. Les boissons et les préparations alcooliques seront réservées aux malades dont le cœur est défaillant. Les traitements systématiques fort nombreux qui ont été préconisés n’ont pas toujours donné les excellents résultats qu’on attendait d’eux. Parmi ceux-ci nous nous contenterons de citer la saignée (Clutterbruck et Armstrong), les stimulants (Alison, Graves, Stockes), l’hydrothérapie (Currie), la quinine (Dundas), l’émétique (Rasori), etc.

Le traitement doit être surtout symptomatique. Les températures élevées, les phénomènes cérébraux intenses, seront heureusement influencés par les lotions (Petrowski), les bains chauds ou plutôt froids (Combemale).

La céphalalgie si pénible des premiers jours pourra être combattue par les préparations opiacées, par l’aspirine, parla cryogénine, Celle-ci, pour Marini (d’Alep) aurait en outre l’avantage, au cours du typhus, d’abaisser la température, de régulariser le pouls, de procurer au malade une sorte d’euphorie, La constipation, si elle existe, sera traitée par les lavements émollients ou légèrement purgatifs, par des laxatifs. On ne cherchera pas à établir la diarrhée. L’appareil respiratoire, le cœur, la sécrétion urinaire seront étroitement surveillés et les accidents traités par les moyens usuels. Contre le collapsus cardiaque au cours du typhus, Jeanneret-Minkine préconise les injections massives d’huile éthéro-camphrée.

Bouygues dit avoir obtenu de bons résultats par les injections intra-veineuses d’électrargol et de collobiase d’or. Ce dernier ' médicament éveille des réactions fortes et ne doit pas être

TRAITEMENT

employé quand il existe de l’affaiblissement des bruits du cœur avec myocardite.

Gaston a signalé les bons effets des injections intra-veineuses de sérum citraté et de sérum iodé.

Legrain, Raynaud (d’Alger) ont traité des sujets atteints de typhus par l’injection sous-cutanée de sérum de convalescents. Très rapidement la température s’est abaissée et s’est maintenue basse durant 50 à 35 heures, le pouls s’est relevé, l’état général s’est amélioré et les malades ont guéri.

Au cours de cette guerre, Escluse et Liber ont essayé de traiter le typhus exanthématique par les injections intraveineuses de sang de convalescent retardé dans sa coagulation par le citrate de soude. Ils auraient par ce procédé obtenu des guérisons dans des cas désespérés. Les injections doivent être faites du 4' au 10= jour au plus tard. Le sang doit être prélevé sur un convalescent robuste, en défervescence depuis huit à dix jours seulement. On peut injecter impunément 30 c.c. en trois séances dans les 24 heures. La guérison du malade peut dépendre de la persévérance même dans le traitement.

Enfin Charles Nicolle et Ludovic Blaizot ont pu réaliser l’hyperimmunisation chez l’âne et chez le cheval en leur faisant des inoculations répétées d’émulsions de rate ou de capsules surrénales de cobayes atteints de typhus exanthématique. Le sérum des animaux ainsi immunisés présenterait un pouvoir préventif réel et un pouvoir curatif indiscutable. Non toxique pour l’homme il a été appliqué chez 38 malades et 37. fois avec succès. Les auteurs instituent ainsi leur traitement ;

1° 11 y a grand intérêt à commencer le traitement sérothérapique dès le début de l’affection, aussitôt que le diagnostic est posé ou mênie seulement soupçonné.

2“ On doit.renouveler quotidiennement les inoculations jusqu’à la défervescence ou, tout au moins, jusqu’à amélioration réelle et profonde de l’état général, annonçant une convalescence proche.

3" Les doses utiles de sérum sont de 10 à 20 c. c. par jour administrés par voie hypodermique.

4° Le traitement sérothérapique doit être complété par un traitement médical destiné à favoriser l’élimination des toxines microbiennes et des résidus des réactions de défense de l’orga-

nisme. Ces moyens médicaux consisteront en boissons abondantes et diurétiques, bains tièdes (28“ à 32“), stimulants et toniques cardiaques; parfois enfin, dans les cas graves avec intoxication profonde, il y aura lieu d’injecter 500 à 800 grammes de sérum artificiel.

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