PROPHYLAXIE DU TYPHUS
Bien que le typhus exanthématique n’ait pas été observé, jusqu a présent, parmi les armées française et anglaise et quoique la population civile en soit exempte, on peut considérer ({w cette maladie infectieuse qui sévit dans les armées de l’est et du sud-est de l’Europe, est toujours menaçante pour nos armees en raison du mode d’existence des hommes dans les tranchées et les cantonnements de l’avant, de la multinlicité ÎîdT^^rr fréquence des ectoparasites qui affligeant les
soldats. Il importe, en conséquence, de bien connaître les mesures prophylactiques à lui opposer.
prophylactique le
plus profitable et celui qu on doit recommander le plus impérieusement. Ce point sera traité spécialement plus loin.
Dans tous les milieux où le typhus exanthématique s’est manifeste, on doit faire la déclaration précoce de chaque cas, Le malade est rigoureusement isolé en salle spéciale, en hiver sous une baraque ou en été sous une tente
et ‘«"dre ses cheveux, raser ses poils,
et brûler ceux-ci, lui donner un bain de sublimé, le laver lé savonner le brosser, détruire tous ses parasites. Les vêtements SnM A "" du malade à
hÎuüknte.^ aussitôt dans la lessive
été en contact avec le typhique, surtout celles qui ont des poux, seront placées en survSllauce pendant une période de 15 jours. Cette précaution s’applique
ateïerr T™’ militaires, aux
ateliers, aux douars arabes, aux prisons, etc. On profite de cet isolement pour soumettre chaque sujet suspect à une « désinsection » minutieuse, avec bains antiseptiques, savonnages, etc.
La barbe et les cheveux sont coupés ras, en même temps
PROPHYLAXIE
qu’on stérilise son linge et ses vêtements, sa coiffure, ses chaussures, ou qu’on les détruit par le feu.
Les locaux, le linge, les matelas, les draps, les objets de literie ayant appartenu aux typhiques, doivent être soumis à la désinfection : mise en sacs spéciaux du linge et des objets devant être envoyés à l’étuve; emploi de l’anhydride sulfureux pour les locaux; destruction par le feu des objets sans valeur, détritus, vêtements usagés, nattes, tapis, etc. ; lavage du parquet avec la solution bouillante de soude à 1 pour 100. Les désinfecteurs porteront une tenue spéciale et des gants de caoutchouc.
Dans les navires, on prendra les mêmes précautions en même temps qu’on soumettra les marins et passagers à une surveillance sanitaire de 15 jours. Cette surveillance sera remplacée par une mise en observation de la même durée si les sujets sont porteurs de vermine.
A l’hôpital, Igs infirmiers seront choisis parmi un personnel jeune, ayant déjà eu, s’il s’en trouve, le typhus. Ils porteront une tenue spéciale, des blouses fermant bien au niveau des poignets et du cou, des gants de caoutchouc, des pantalons serrés aux chevilles avec chaussures bien lacées, un « calot » en toile. Dans les hôpitaux anglais de Serbie, le personnel portait un vêtement d’une seule pièce, sorte de « combinaison » serrée au cou, boutonnée aux épaules, le bas des pantalons emprisonnant les pieds; ceux-ci étaient chaussés de sandales. On recommandera à ces infirmiers de ne pas se relâcher dans leurs précautions, l’expérience ayant fréquemment montré qu’après quelque temps, ils ont tendance à les oublier et contractent alors le typhus.
Us quitteront leurs blouses, leurs tabliers, leur coiffure, lorsqu’ils sortiront de la salle ou iront prendre leurs repas. Ils changeront de vêtement après chaque admission d’un nouveau malade.
On les instruira sur les modes de transmission du typhus et sur l’influence des poux dans cette contagion. On leur rappellera la difficulté de se protéger contre leur piqûre et l’ensemble des précautions à prendre pour les éviter, en particulier à l’arrivée des malades non encore désinfectés. Ils doivent prendre chaque jour un bain antiseptique (crésol, sublimé).
Il n’existe pas encore de prophylaxie-spécifique.
D"' VwCEKT. 12
TYPHUS EXANTHÉMATIQUE.
Cependant Anderson a suggéré que les personnes exposées au typhus agiraient sagement en se faisant inoculer le typhus atténué {BriU’s disease).
D’autre part, Ch. Nicolle a essayé d’immuniser contre le typhus, 20 soldats serbes et 18 personnes en leur injectant, à neuf jours d’intervalle, un demi puis un centimètre cube de sérum de cobaye infecté. 11 a obtenu des résultats satisfaisants qui doivent inciter à renouveler ces essais.