‹ Les dysenteries, le choléra asiatique, le typhus exanthématiqueChapitre 5 sur 36 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

Il importe, en premier lieu, de faire le diagnostic du syndrome dysentérique. Le caractère des selles, leur fréquence, les coliques, les tranchées, les épreintes et le ténesme sont par eux-mêmes, quand ils sont réunis, des symptômes assez caractéristiques pour rendre le diagnostic facile. II ne faut pas oublier, cependant, qu’il existe des cas de dysenteries larvées, à peine ébauchées, dont la « diarrhée des tranchées » est parfois une des formes, au cours desquelles le syndrome n’est représenté que par un ou deux symptômes, non toujours pathognomoniques. L’évolution de ces cas, les complications qui les accompagnent et, notamment les abcès du foie, permettent d’établir un diagnostic rétrospectif.

On se souviendra que le polype rectal chez les enfants, les hémorrdides chez l’adulte, les néoplasmes chez les vieillards, peuvent provoquer des selles sanguinolentes, du ténesme et l’expulsion de mucosités.

Les rétro-flexions et les phlegmons rétro-utérins peuvent, par leurs symptômes concomitants, simuler les attaques de dysenterie, de même les affections de la vessie, principalement la lithiase vésicale.

L’accès pernicieux dysentériforme, dont l’existence est contestée par certains auteurs, présente une grande analogie avec la dysenterie. Les selles peuvent être mélangées de sang et de mucus. Il y a des épreintes, des coliques, du ténesme, mais aussi de la température parfois très élevée. Le traitement par la quinine et l’opium remplace le flux intestinal par des sueurs abondantes, détermine la fin de l’accès et établit le diagnostic. Il est possible que les symptômes observés soient dus à une association de la dysenterie et du paludisme. L’examen du sang et des selles donnera des indications précieuses.

La diarrhée chronique des pays chauds (synonymes : diarrliée de Cochinchine, diarrhée tropicale, sprue, spruw, pilosis linguæ, diarrhée blanche, aphtes des tropiques, mal huccal de Geylan), présente parfois certains des caractères de la dysenterie chronique. D’après Patrick Manson, elle peut être primitive ou secondaire à d’autres infections, notamment à la dysenterie. Elle est caractérisée par des alternances irrégulières d exacerbation et de quiescence relative des symptômes ; par des lésions inflammatoires érosives de la langue, de là bouche, du pharynx, érosions très douloureuses, déterminant une salivation abondante; par une dyspepsie généralement très marquée, s’accompagnant de tympanisme abdominal, de borborygmes, de vomissements avec ou sans nausées; par 1 évacuation de selles décolorées, extraordinairement abondantes, spumeuses, fétides, sans ténesme, sans mucosités ni sang; par un amaigrissement extrême, de l’anémie et une tendance aux rechutes à l’occasion du moindre incident (effort, refroidissement, écart léger de régime, etc.).

Tous ces symptômes particuliers permettront le plus souvent de faire le diagnostic.

Des associations de dysenterie amibienne avec le choléra (YakimoffetDamidoff), avec la fièvre typhoïde ou le typhus ont été signalées, surtout en temps de guerre. Seules les recherches de laboratoire peuvent permettre le diagnostic.

Les injections sous-cutanées de sels mercuriques, l’ingestion, volontaire ou non, de certaines graines (notamment d’une euphorbiacée, Hura crepitans), peut déterminer un syndrome dysentériforme (Pierre).

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