‹ Les dysenteries, le choléra asiatique, le typhus exanthématiqueChapitre 7 sur 36 · Tetramitus Mesnili · texte numérisé non relu

Tetramitus Mesnili

[Muratet del.]

LES DYSEXTEIVES.

préférable de désigner l’amibe spéciiiqlie de la dysenlei ic sous le nom de Amœhci coli dysenteriæ ou sous celui de Entamœba (hjsenteriæ, ce dernier proposé par Councilman et Lafleur. E. histolytica et E. tetragena sont considérées, actuellemenl, conjme des phases d'E. dysenteriæ (Job et Hirtzmann, C. Matins et L. Mercier, etc.), non comme des espèces distinctes.

Au Maroc, Job et Hirtzmann ont trouvé plus fréquemment le type tetragena au moment de la crise dysentérique. C’est également ce même type, longtemps considéré comme plus spécial au.K régions africaines, qui a été signalé en France par Ravaut et Krolunitsky.

Le type histolytica est caractérisé par ses mouvements extrêmement actifs, au point qu’on n’en peut dessiner les contours à la chambre claire. Elle émet des pseudopodes assez nombreux qui, rapidement, s’allongent et se retirent.

L’endoplasme, jaune verdâtre, est bourré de débris cellulaires et alimentaires, surtout de globules rouges.

11 contient également des bactéries et, |)lus rarement, des corps cristallisés.

L’ectoplasme est transparent, réfringent.

L’amibe mobile semble ne pas avoir de noyau, mais quand les mouvements deviennent plus lents ou cessent, le noyau apparaît, rond, pourvu d’un nucléole. L’endoplasme et l’ectoplasme semblent moins différenciés et on reconnaît parfaitement les globules rouges ou leurs débris.

Dans les préparations fixées et colorées E. histolytica apparaît ronde, limitée par un contour net, creusée de nombreuses vacuoles, renfermant des li^maties ; le noyau est rond, exc^îiitrique, avec une croûte de chromatine périphérique et un seul centriole.

E. tetragena se rencontre uniquement dans les selles stercorales (Ravaut et Krolunitsky). Sesmouvements sontheaucoup plus lents que ceux de l’amibe précédente, l’endoplasme et l’ectoplasme moins distincts, les globules rouges inclus moins nombreux, le noyau très apparent.'

A l’état immobile elle nese différencie guère de E. histolytica lorsque celle-ci est devenue également immobile.

A côté de l’amibe pathogène on en rencontre ti’ès fréquemment une autre, E. coli, qui est considérée comme normale

dans le côlon. Ses mouvements sont très lents, l’endoplasme et l’ectoplasme se différencient mal, le noyau est très nettement visible ; elle ne renferme pas de globules rouges.

Dans les préparations fixées et colorées le noyau présente la même structure que chez E. dysenteriæ, mais avec, généralement, plusieurs centrioles.

Les amibes mobiles sont facilement reconnaissables. Il n’en est pas aë“même lorsque, les selles étant examinées quelques heures après leur émission, les amibes sont devenues immobiles. Il est alors plus prudent de pratiquer la recherche des kystes. Alors que les amibes ne se rencontrent à réîâf'moBîIïï —ijug-durant les crises, les kystes sont apparents durant toute la maladie. On les recherche par l’examen direct, entre lame et lamelle, avec ou sans coloration. Pour Langeron l’addition d’un peu de liquide de Lugol à la préparation facilite notablement l’examen. G. Mathis fixe les préparations fraîches, non séchées, par des vapeurs d’acide osmique à I pour 100 pendant trente secondes. 11 colore par l’hématoxyline à 1 pour 200 pendant quelques secondes, recouvre d’une lamelle et lute. L’enveloppe et les noyaux des kystes sont colorés en brun foncé et deviennent ainsi très visibles. v

Pour déterminer les kystes on doit tenir compte de leurs \ dimensions et du nombre de leurs noyaux.

Les kystes d'Entamœba dysenteriæ mesurent de 10 à 14 p. 5 de diamètre au maximum et possèdent de 1 à 4 noyaux, jamais plus (E. Job et L. Hirtzmann). Dans leur protoplasma on voit très souvent des agglomérations d’une substance réfringente, » en gros bâtonnets ou en amas irréguliers, décrite sous le nom de chromidium, qui, pour C. Mathis, serait caractéristique de cette variété de kystes.

Les kystes de E. coli (non pathogène) mesurent de 16 à 25 p, ^ et même davantage ; ils possèdent de 1 à 8 noyaux. Les kystes ^ d’E. dysenteriæ, comme ceux de l’amibe non pathogène, peuvent , ou non contenir des cristalloïdes sidérophiles. /

Pour la diagnose on ne doit tenir compte que des kystes mûrs c’est-à-dire à quatre et à huit noyaux.

Le nombre des kystes est très variable : parfois très abondants dans chaque préparation ils sont au contraire très rares dans d’autres cas. Ravaut et Krolunitsky augmentent leur élimination par la production artificielle d’une poussée passagère

d’entérite soit au moyen d’un purgatif salin, d’un lavement salin ou mieux encore par l’injection intra-veineuse de 1 à 4 centigrammes de cyanure de mercure.

Noc administre dans le même but un lavement évacuateur d'eau bouillie (500 c.c.). Après effet, il pratique un lavage ou une instillation pendant 30 minutes, avec une solution de thymol à 0 gr. 50 pour iOO c.c. d’eau bouillie. A. Mauté donne, le matin, un lavement avec :

Iode.1 gramme.

lodure de potassium.2 grammes.

Eau. 1 litre.

On recherche les amibes et les kystes dans les selles diarrhéiques ou simplement molles, quelquefois même moulées que le ma'lade expulse dans la soirée ou le lendemain matin.

Les kystes restent intacts dans les selles pendant deux jours au moins. Si la recherche doit être faite plus tardivement, l’adjonction de formol les conserve parfaitement.

Mauté attache une très grande importance pratique à la recherche des associations parasitaires, les parasites surajoutés semblant entretenir et augmenter la résistance de l’amibe.

Aussi devra-t-on, d’après lui, rechercher les protozoaires (les trichomonas surtout) et les vers intestinaux (ascaris, trichocéphales, etc).

La disparition définitive des kystes dans les selles est le seul critérium que nous possédions actuellement de la guérison de la dysenterie amibienne.

Le diagnostic bactériologique de la dysenterie bacillaire, nécessite la culture et l’isolement du bacille, ainsi que son identification.

1“ Culture. Isolement. — On prélève un flocon muqueux ou muco-purulent ; on le lave à plusieurs reprises dans du bouillon ou du sérum physiologique stériles pour le débarrasser des grosses impuretés.

On l’ensemence ensuite sur plusieurs boîtes de Pétri où l’on a coulé de la gélose lactosée tournesolée de Wurtz et de la gélose d’Endo. L’ensemencement se fait en étalant et en promenant légèrement le mucus sur la gélose au moyen d’un fil de platine ou d’une baguette de verre coudée. Après séjour de 24 heures

Principaux caraclèïes dilférentlels des quatre types de bacilles dysentériques.

à l’étuve à 37“ on examine les milieux ensemencés. Sur gélose tourriesolée on trouve des colonies rouges et d’autres bleues, sur gélose d’Endo on distingue des colonies rouges et d’autres incolores. Les colonies rouges sont éliminées (coli-bacille) ; c est dans les colonies bleues et les colonies incolores que se trouve le bacille dysentérique.

2“ Identification. — Le bacille dysentérique est un bâtonnet court, arrondi à ses extrémités, se colorant aisément par toutes les couleurs d’aniline, ne prenant pas le Gram. Il ne forme pas de spores, mais présente des granulations polaires. Ses mouvements sont faibles, réduits le plus souvent à des oscillations limitées analogues à celles qu’effectue l’aiguille d’une boussole quand elle s’oriente. Cette mobilité, observée par Flexner sur son bacille, est déjà très faible pour la culture récente provenant directement des selles et diminue progressivement pour disparaître enfin en sous-cultures.

D après Patrick Manson, le bacille de Shiga présenterait deux à six flagelles terminaux assez courts et épais ; ceux du bacille de Flexner seraient plus longs.

Le bacille dysentérique ne coagule pas le lait; sur gélatine les cultures isolées sont minces, translucides, leurs bords sont découpés ; elles sont traversées par des sillons qui lui donnent un aspect en feuille de vigne.

Il existe des races de bacille dysentérique comme il existe des races de bacille typhique et de vibrion ,cholérique. Ces races dysentériques comprennent des types de' plus en plus nombreux. A l’heure actuelle il en est quatre seulement qui présentent des caractères suffisamment tranchés pour que, toutes les fois qu’on isole un germe, on s’en rapporte à eux pour son identification. Entre ces quatre bacilles types il existe un grand nombre de variétés plus ou moins bien différenciées.

A côté d’eux on rencontre également un certain nombre de bacilles dits pseudo-dysentériques qui par leurs caractères biologiques et leurs réactions se différencient plus ou moins des bacilles dysentériques vrais.

Le tableau, que l’on trouvera page 25, résume les caractères essentiels des quatre types principaux.

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