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liypoclilorhyJrique les microbes vivent et se développent bien. De ces faits on a rapidement conclu que les fermentations gastriques sont rapides et abondantes dans les estomacs dont la sécrétion acide est insulTisante, et qu'au contraire les sucs byperchlorliydriques s'opposaient à ces fermentations. L'observation des faits a montré précisément le contraire : '< la llore bactérienne est remarquable par sa pauvreté chez les hypopeptiques et les apeptiques » (1). Dans l'hyperpepsie et l'hyperchlorhydrie les résultats de Lesage ont été tout autres. Malgré l'élévation do l'acidité les microbes sont nombreux et variés.
Ces constatations bactériologiques sont d'accord avec ce que MM. Mathieu et Rémond, et nous-môme avons souvent constaté chez les hypersécréteurs chlorhydriques ayant des estomacs dilatés dans lesquels les aliments séjournent longtemps. Les acides de fermentation sont abondants dans le suc gastrique de tels malades, et l'analyse quantitative de ces acides donne des chiffres égaux et même parfois supérieurs à ceux que l'on obtient par l'analyse du contenu stomacal des malades atteints de cancer du pylore.
Les fermentations sont dojic fréquentes dans toutes les variétés du chimisme gastrique. Mais elles sont encore à peine étudiées et toutes les théories édifiées sur la toxicité des substances ainsi produites n'ont reçu aucune confirmation expérimentale. Nous avons à plusieurs reprises injecté, dans le péritoine de cobayes, des doses notables de contenu gastrique avec fermentations abondantes (ce liquide avait été filtré sur bougie Chamberland). Jamais nous n'avons obtenu d'effet toxique. Quoi qu'il en soit, l'étude des fermentations gastriques mérite d'être approfondie, car il importe que nous soyons enfin fixé sur la théorie des auto-intoxications d'origine stomacale.
Pour interpréter les troubles de la santé générale des dyspeptiques nous pensons qu'il y a lieu de tenir grand compte, à côté des altérations du chimisme gastrique et des auto-intoxications, de 1 "iniluence de l'alimentation. Les dyspeptiques sont souvent des mangeurs médiocres. Tant qu'ils s'alimentent suOisamment, qu'ils absorbent et qu'ils conservent une quantité suffisante d'aliments, ils ne dépérissent pas et se maintiennent longtemps en bonne santé. Les bons effets de la suralimentation viennent encore plaider en faveur de cette manière
(1) Lesage et Hayem. Traité de thérapeutique, 1893.
de voir. Mais si les malades, pris de dégoût ou craignant les souffrances qu'amène l'ingestion des aliments, se mettent à un régime soidisant hygiénique, et approprie à leur élat, alors on voit survenir l'amaigrissement, l'alTaiblissement et la dénutrition,
Altérations quantitatives de la sécrétion. — Les altérations qualitatives du suc gastrique ne sont pas les seules qu'il soit donné d'observer dans les gastropathies. Dans quelques cas, il y a déviation quantitative, c'est-à-dire, que le suc gastrique est produit en trop grande quantité et d'une façon continue. Il y a gastro-succorrhée ou hypersécrétion.
M. Ilayem fait remarquer que déjà dans la grande majorité des cas d'hyperchlorhydrie simple, la sécrétion gastrique se prolonge au delà du temps normal. 11 en conclut que le processus digestif est ralenti. Nous croyons plutôt que, dans ces cas, la sécrétion est plus abondante qu'à l'état normal, et qu'on se trouve en présence d'une hypersécrétion encore à peine ébauchée. Et de fait, la quantité de liquide retiré au bout d'une heure chez les hyperclilorhydriques est souvent excessive
L'hypersécrétion continue est caractérisée par ce fait que si l'on sonde l'estomac à jeun, en dehors des périodes digestives et après avoir eu soin de vider complètement l'organe quelques heures auparavant, on trouve toujours un suc gastrique parfaitement actif. Il y a donc sécrétion continue de suc gastrique, indépendamment de l'excitation alimentaire.
C'est Reichmann (1) qui, en 1882, signala ce fait intéressant et tout à fait nouveau dans l'histoire des dyspepsies.
Les travaux de Riegel (2), de Von der Velden (3), de Sticker (4), de Gluzinski et Jaworski (5) en Allemagne; M. G. Sée (6) le premier en France puis et surtout M. Mathieu (7) et MM. Bouveret et Devic (8), ont bien fait connaître ces faits, et ont puissamment contribué à leur étude.
(1) llEiCHMANN. Jicrliner Idinische Wochcmtchrift.
(2) Riegel. ZntscJnift fur Minitche Mcdicin, ISSO.
(3) Von dek Velden. Volkmann'x iSammlung, 188G.
(4) Sticker. MHiigIi. meilic Wochcmchrift, 1886.
(5) Gluzinski et Jaworski. Wiener med. Press., 1886.
(6) G. SÉE. Académie de médecine, 1888.
(7) Mathieu. Gazette des hôjiitaux, 1892.
(8) BouvEEET et Devic. La dysjfejjsie 2'a>' hyjiersccrétioti gastrique, 1892.